Vous le jetez sûrement : le marc de café peut vous rendre de grands services
Le marc de café finit souvent à la poubelle alors qu’il peut rendre service partout, du compost à l’évier. Encore faut-il l’utiliser au bon endroit, au bon dosage, et connaître les “fausses bonnes idées”. Tour d’horizon de 10 usages simples, avec les précautions qui évitent les mauvaises surprises.
Chaque jour, on en produit sans y penser : une poignée après l’espresso, une autre après la cafetière. À l’échelle d’un foyer, ça fait vite un petit “gisement” brun qui s’accumule dans un bol, sur le plan de travail. Et c’est précisément là que le marc devient intéressant, parce qu’il est organique, riche en matière et facile à réutiliser.
Avant de foncer, un point calme mais utile : contrairement à une idée tenace, le marc n’est pas forcément “très acide”. Selon l’Oregon State University Extension, une fois infusé, il est plutôt proche du neutre (autour de pH 6,5 à 6,8) et l’effet sur le pH du sol reste limité et temporaire. D’autres services agronomiques rappellent aussi que le pH peut varier, ce qui renforce une règle simple : on évite les grosses couches et on privilégie le mélange.
Marc de café au jardin : le réflexe le plus sûr, c’est le compost
Dans le jardin, le marc donne le meilleur de lui-même quand il rejoint le compost. Il apporte de l’azote et nourrit l’activité microbienne, ce qui aide la décomposition, à condition de l’équilibrer avec des matières “brunes” (feuilles mortes, carton non imprimé, paille). L’Oregon State University recommande de ne pas dépasser environ 20% de marc dans le volume total, sinon l’excès peut devenir contre-productif pour les plantes.
L’astuce, c’est d’y aller par petites quantités, en couches fines, et de mélanger. Si vous compostez surtout des épluchures et des déchets humides, le marc peut aider, mais il ne remplace pas l’aération et le bon ratio global. Un compost qui “respire” reste la meilleure assurance pour éviter les odeurs et les amas qui fermentent.
1) Équilibrer le compost sans se compliquer la vie
Plutôt que de verser un bol entier d’un coup, mieux vaut étaler le marc comme une fine pluie, puis le recouvrir de matière sèche, comme les feuilles que l’on ramasse en hiver. De cette façon, il ne forme pas une croûte compacte, et il se répartit mieux. Les filtres papier peuvent aussi aller au compost si vous les utilisez.
2) Amender le sol… mais en mode “micro-dose”
Au potager, le marc peut servir d’amendement léger, surtout s’il est déjà un peu composté. Mélangé à la terre, il favorise l’activité biologique et la structure du sol, mais les apports doivent rester modestes. Les fiches d’universités agricoles insistent sur un point : l’acidité n’est pas une raison de l’utiliser pour sa pelouse ou pour les plantes de terre de bruyère, et une grosse quantité d’un seul coup n’a rien d’un super-engrais.
Dans la pratique, on pense “pincée” plutôt que “couche”. Une fine incorporation au griffage, ou un ajout au pied des plantations en mélange avec du compost mûr, fonctionne mieux qu’un tapis de marc pur. Et si vous faites des semis, prudence : trop de marc peut freiner les jeunes plants, ce qui pousse à privilégier un compost bien stabilisé plutôt qu’un marc frais.
3) Faire une barrière contre certains nuisibles, sans attendre un miracle
On lit souvent que le marc “repousse tout”, des limaces aux fourmis en passant par les chats. La réalité est plus nuancée, mais il y a un fond sérieux : la caféine a été étudiée comme répulsif/toxique pour limaces et escargots, notamment dans des travaux relayés par l’USDA et publiés dans la littérature scientifique. En revanche, la quantité de caféine présente dans du marc “de cuisine” n’est pas une formule magique, donc on reste sur une aide ponctuelle, pas une protection totale. Ne jetez surtout pas vos feuilles mortes à la poubelle verte, elles complètent bien cette action.
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Si vous voulez tester, misez sur une couronne très fine autour d’une zone à protéger, et renouvelez après pluie. Évitez les couches épaisses : elles peuvent sécher, se compacter et même repousser l’eau, ce qui n’aide ni les plantes ni le sol. En complément, les méthodes classiques (paillage adapté, pièges, arrosage le matin, ramassage) restent souvent plus efficaces.
À la maison : nettoyer et désodoriser, oui… à condition de ne pas boucher l’évier
Côté ménage, le marc est surtout intéressant pour son côté légèrement abrasif. Sur certaines surfaces comme votre terrasse très encrassée, il aide à décoller sans produits agressifs, mais il peut rayer les revêtements fragiles. L’idée est donc d’utiliser une éponge douce, de frotter sans insister, et de réserver l’astuce aux matériaux robustes.
Le piège le plus courant arrive juste après : rincer le marc à grande eau dans l’évier. Plusieurs médias grand public citant des pros de la plomberie rappellent que le marc ne se dissout pas, s’agglomère et peut former un “sludge” avec le gras et les résidus de savon, jusqu’au bouchon. Autrement dit, on jette à la poubelle ou au compost, mais on évite le siphon.
4) Récurer une poêle ou une grille très sale (sans abîmer le bon matériel)
Sur une casserole brûlée, une grille de barbecue ou une poêle en inox, une petite noisette de marc humide peut aider à décoller. On peut aussi s’en servir pour nettoyer les joints. Des pros du nettoyage cités par Homes & Gardens conseillent toutefois de ne pas l’utiliser sur le antiadhésif ou l’émail, trop sensibles aux micro-rayures. Une fois le récurage terminé, on essuie le marc, puis on rince normalement.
5) Neutraliser des odeurs dans le frigo, un placard ou des chaussures
Le marc sec peut servir de “capteur” d’odeurs, surtout parce qu’il absorbe un peu d’humidité et diffuse une odeur de café qui masque certains relents. Ce n’est pas toujours une suppression de la cause, mais c’est utile en dépannage, à condition de le faire sécher pour éviter moisissures et odeurs inverses. Une coupelle au frigo ou un petit sachet en tissu dans une chaussure font le job si vous remplacez régulièrement.
6) Dire adieu aux odeurs sur les mains après l’ail, l’oignon ou le poisson
Après avoir coupé de l’ail, l’odeur vient notamment de composés soufrés qui s’accrochent à la peau. Southern Living cite le marc parmi les méthodes possibles : on frotte doucement avec un peu d’eau, puis on rince et on lave au savon. Le geste est simple, et il fonctionne surtout parce que le marc joue à la fois le rôle de gommage et de “désodorisation” locale.
7) Atténuer des micro-rayures sur un bois foncé
Sur un meuble brun, le marc peut servir de retouche visuelle. L’idée consiste à appliquer un peu de marc très légèrement humide dans la rayure, puis à essuyer, afin de déposer des pigments qui foncent la zone. Testez toujours sur un endroit discret, car selon le vernis et la teinte, le résultat varie.
8) Raviver une teinte de textile en coton avec une teinture “express”
Pour un t-shirt en coton un peu passé, une décoction de café très fort peut redonner une nuance plus homogène. Des guides DIY expliquent qu’un trempage plus ou moins long joue sur l’intensité, puis qu’un rinçage dans de l’eau vinaigrée aide à “fixer” un minimum. En revanche, il faut le dire clairement : ce n’est pas une teinture industrielle, donc la tenue dans le temps dépend du lavage et de l’exposition au soleil.
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Salle de bain : le marc peut servir à la peau, mais pas n’importe comment
La tentation est grande de transformer le marc en gommage, parce que la texture semble parfaite. Or, sur le visage, les grains peuvent être trop irréguliers et irriter, surtout si on frotte fort. Des dermatologues interrogés par Byrdie rappellent que les gommages au café peuvent convenir à certains, à condition de rester très doux, peu fréquents, et d’éviter les peaux fragiles ou inflammatoires.
9) Un exfoliant corps “maison” à utiliser avec douceur
Pour le corps, mélangez le marc à une huile végétale ou à un gel douche, puis massez sans appuyer. Une fois par semaine suffit largement pour beaucoup de personnes, et il vaut mieux hydrater après. Si vous avez de l’eczéma, du psoriasis, ou une peau très réactive, mieux vaut éviter.
Bonus : transformer le marc en allume-feu, plutôt que de l’acheter
Dernière piste, plus “bricolage” : le marc séché peut entrer dans des allume-feux, notamment mélangé à de la cire. Des travaux sur des briquettes d’allumage à base de marc et de cires végétales existent, preuve que l’idée tient techniquement, à condition de bien sécher la matière. À la maison, on reste prudent : on sèche parfaitement, on ventile, et on respecte les règles habituelles d’allumage.
10) Fabriquer des petits palets d’allumage (simple, mais à faire proprement)
Commencez par étaler le marc pour le faire sécher complètement, afin d’éviter moisissures et mauvaise combustion. Faites fondre un peu de cire (type cire végétale ou cire d’abeille), mélangez avec le marc, puis coulez dans un petit moule et laissez durcir. Des médias bricolage décrivent ce principe de “palets” qui évite l’allume-feu pétrolier, à condition de stocker au sec.
Une bonne matière pour le compost
Le marc n’est pas un déchet honteux : c’est une matière utile, surtout quand on l’intègre au compost et qu’on évite les excès. À l’intérieur, il dépanne en nettoyage et en désodorisation, mais il ne doit pas finir dans l’évier, sous peine de boucher les canalisations. En gardant ces deux règles, vous pouvez lui donner une vraie seconde vie, sans folklore ni fausse promesse.
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