Ferrari flashée à 188 km/h près de Reims : le conducteur repart à pied

Une départementale tranquille de la Marne, un radar bien placé, et un bolide italien qui déboule à près du double de la vitesse autorisée. La scène a de quoi faire halluciner. Un automobiliste espagnol au volant d’une Ferrari noire a été intercepté à 188 km/h sur une route limitée à 90. Résultat : permis confisqué, voiture en fourrière, et un retour à pied qui illustre la nouvelle sévérité de la loi française face aux grands excès de vitesse.
188 km/h sur la RD951 : le flash qui a tout arrêté
Les faits se sont déroulés sur la RD951, l’axe qui relie Reims à Épernay, entre Villers-Allerand et Champfleury. Un ruban de bitume au pied de la Montagne de Reims, rectiligne et trompeur. Ce jour-là, les gendarmes de la brigade motorisée de Reims avaient installé un contrôle de vitesse sur ce tronçon très fréquenté. Le cinémomètre n’a pas mis longtemps à s’affoler.
Une sportive noire surgit à très vive allure. Affichage brut : 188 km/h. Après application de la marge technique, la vitesse retenue est de 178 km/h, soit un excès de 88 km/h. Le véhicule, immatriculé en Espagne, est piloté par un automobiliste espagnol visiblement très à l’aise avec la pédale de droite. Sauf que sur ce genre de route, la visibilité reste limitée et un tel écart met en danger tous les usagers. Un excès filmé à 315 km/h avait déjà fait parler récemment : la tendance inquiète les autorités.
Permis confisqué, Ferrari en fourrière : une interception sans appel
L’interception a été immédiate. Les militaires ont retenu le permis de conduire du conducteur sur place, sans discussion possible. La Ferrari a été immobilisée, prise en charge par une dépanneuse puis placée en fourrière. L’Espagnol, lui, a terminé son trajet à pied. Loin de chez lui, sans bolide et sans papiers.
La scène peut sembler anecdotique. Elle ne l’est pas. Depuis le 29 décembre 2025, tout dépassement de 50 km/h ou plus au-dessus de la limite constitue un délit en France. Cette requalification, issue de la loi du 9 juillet 2025 créant le délit d’homicide routier, a durci considérablement l’arsenal pénal. Le conducteur n’est plus face à une simple contravention. Il est face à la justice. Et les chiffres montrent que les routes françaises restent un terrain de jeu dangereux pour les chauffards.

Jusqu’à 3 750 € d’amende et 3 mois de prison : ce que risque vraiment le conducteur
Les automobilistes français ne mesurent pas toujours l’ampleur des sanctions. Pour un excès de cette nature, la loi prévoit jusqu’à 3 750 € d’amende, trois mois de prison, un retrait de 6 points, une suspension de permis pouvant atteindre trois ans, un stage de sensibilisation obligatoire et la possible confiscation du véhicule. Une amende forfaitaire délictuelle de 300 € existe aussi, minorée à 250 € ou majorée à 600 €.
Le contexte national rend cette affaire encore plus parlante. En 2024, plus de 63 000 excès de vitesse supérieurs à 50 km/h ont été relevés sur les routes françaises. C’est une hausse d’environ 69 % par rapport à 2017. Face à cette explosion, les contrôles se multiplient, notamment sur des axes comme la RD951 où la ligne droite donne une fausse impression de sécurité.
Une Ferrari à 188 km/h sur une départementale à 90, un permis qui s’envole et un conducteur qui rentre à pied : la scène résume à elle seule le virage pris par la loi française sur les grands excès de vitesse. Reste une question : quand le compteur monte si vite, est-ce vraiment le plaisir de conduire ou juste l’inconscience au volant ?