Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Automobile

Elle roule sur une Lamborghini Huracán avec son pickup Chevrolet sans même s’en rendre compte

Publié par Elsa Lepic le 27 Avr 2026 à 7:38

La scène ressemble à un cascadeur raté de Fast & Furious. Sur un parking de Floride, une conductrice au volant d’un énorme pickup Chevrolet surélevé a grimpé sur une Lamborghini Huracán comme s’il s’agissait d’un simple ralentisseur. Le plus sidérant : elle n’a rien remarqué. La vidéo, publiée par le propriétaire de la supercar, fait le tour du web.

Pickup surélevé perché sur une Lamborghini Huracán écrasée

Un parking banal, puis tout dérape en trois secondes

Lamborghini Huracán endommagée après l'accident sur le parking

Le décor n’a rien d’exceptionnel. Un parking comme il en existe des milliers en Floride, entre centres commerciaux et restaurants. La Lamborghini Huracán avance lentement, probablement en quête d’une place. C’est le genre de manœuvre qu’on fait cinquante fois par semaine sans y penser.

Mais derrière elle arrive un monstre. Un pickup Chevrolet surélevé, équipé de pneus surdimensionnés et d’une garde au sol qui dépasse largement celle d’un SUV classique. Le véhicule roule à une allure visiblement inadaptée pour un parking. En quelques secondes, l’inévitable se produit : le pickup percute l’arrière de la Huracán.

Ce qui suit dépasse le simple accrochage de tôle. Le pickup ne freine pas. Il ne dévie pas. Il monte. Les roues avant grimpent sur le capot arrière de la Lamborghini, puis le véhicule continue sa course, écrasant la supercar sous son poids. Ce n’est qu’une fois le pickup totalement immobilisé, perché sur la voiture italienne, que la conductrice semble enfin réaliser que quelque chose ne tourne pas rond.

Difficile de croire qu’un tel choc puisse passer inaperçu. Et pourtant, un détail technique explique en grande partie cette scène surréaliste.

Vue depuis le siège d'un pickup surélevé montrant les angles morts

Pourquoi elle n’a littéralement rien vu

Pour comprendre cet accident, il faut visualiser les proportions. Une Lamborghini Huracán culmine à 1,16 mètre de hauteur. C’est à peine plus haut qu’une table basse. En face, un pickup Chevrolet surélevé dépasse facilement les 2 mètres, avec un capot situé à hauteur de poitrine d’un adulte.

Depuis le siège conducteur d’un tel engin, le champ de vision vers le bas et vers l’avant immédiat est quasiment nul. Les angles morts sont colossaux. Une voiture de sport aussi basse que la Huracán disparaît tout simplement du champ visuel. C’est comme chercher un chat sous votre pare-chocs depuis le haut d’un camion : vous ne le verrez pas.

Ce problème porte un nom dans l’industrie automobile : la compatibilité des collisions. Les véhicules qui circulent sur les mêmes routes n’évoluent plus dans les mêmes dimensions. D’un côté, des supercars conçues pour coller au bitume avec un profil aérodynamique rasant. De l’autre, des pickups et SUV toujours plus hauts, plus lourds, plus imposants. Les deux mondes cohabitent sur le même asphalte, mais ne se « voient » littéralement plus.

Aux États-Unis, ce décalage est devenu un véritable sujet de sécurité routière, bien au-delà des supercars de luxe.

Un problème qui dépasse largement les Lamborghini

Si la vidéo fait sourire — ou grincer des dents — à cause du prix de la voiture écrasée (une Huracán vaut entre 200 000 et 300 000 euros selon les versions), le phénomène des angles morts sur les véhicules surélevés concerne surtout des victimes bien plus vulnérables. Aux États-Unis, plusieurs études ont montré que les piétons heurtés par des pickups et SUV de grande taille ont un taux de mortalité nettement supérieur à ceux percutés par des berlines classiques.

Voir cette publication sur Instagram

Le problème est double. D’abord, la hauteur du capot fait que l’impact touche le torse ou la tête plutôt que les jambes. Ensuite, le conducteur, perché en hauteur, détecte les obstacles bas avec un retard critique. Un enfant, un cycliste, un animal domestique : tout ce qui mesure moins d’un mètre peut devenir invisible. Dans le cas de cette Lamborghini, c’est une voiture à 250 000 euros qui a joué le rôle du « piéton invisible ».

À lire aussi

La tendance au surélèvement des pickups, populaire en Floride et dans le sud des États-Unis, aggrave encore la situation. Ces modifications, parfois réalisées en aftermarket, augmentent la garde au sol bien au-delà des spécifications du constructeur. Les systèmes d’aide à la conduite — caméras de recul, capteurs de proximité — ne sont pas toujours recalibrés pour compenser. Le résultat : des véhicules encore plus aveugles qu’à leur sortie d’usine.

Pourtant, malgré les dégâts spectaculaires, cette histoire a connu une issue plutôt surprenante.

Le propriétaire de la Lamborghini a réagi avec un calme déconcertant

Pas de cris, pas de confrontation filmée, pas de scène de rage virale. Ramon Ferrer, le propriétaire de la Huracán, a récupéré les images de surveillance et les a publiées lui-même sur son compte Instagram, avec un ton étonnamment posé. La vidéo cumule des millions de vues et des milliers de commentaires incrédules.

Dans les commentaires, les internautes oscillent entre stupéfaction et humour noir. Beaucoup pointent l’absurdité de la scène : une supercar italienne transformée en « dos-d’âne de luxe » par un pickup qui ne s’est même pas arrêté. D’autres s’interrogent sur le montant de la facture — une Huracán dont le capot, le toit et le châssis ont été comprimés sous plusieurs tonnes n’est probablement plus réparable.

Côté assurance, l’affaire promet d’être complexe. Qui est responsable quand un véhicule en écrase littéralement un autre sans même freiner ? La question de la responsabilité dans les accidents impliquant des véhicules aux gabarits radicalement différents revient régulièrement devant les tribunaux américains.

Pour Lamborghini, ce type de mésaventure n’est malheureusement pas isolé. La marque au taureau voit régulièrement ses modèles impliqués dans des situations cocasses ou dramatiques, du simple propriétaire qui perd des dizaines de milliers de dollars en préparation ratée aux excès de vitesse spectaculaires.

Parking américain illustrant la différence de taille entre véhicules

Une vidéo qui relance un vieux débat américain

Ce genre d’images tombe à point nommé dans un débat qui agite les États-Unis depuis plusieurs années. Faut-il réglementer plus strictement la hauteur des véhicules ? Imposer des systèmes de détection d’obstacles bas sur les pickups surélevés ? Certains États ont commencé à légiférer sur les modifications aftermarket qui augmentent excessivement la garde au sol, mais la résistance de la culture pickup reste forte dans le sud du pays.

En France, le phénomène est moins extrême, mais la tendance aux SUV toujours plus imposants pose des questions similaires. Les voitures neuves sont en moyenne 10 centimètres plus hautes qu’il y a vingt ans. Et si les supercars restent rares sur nos routes, les piétons et cyclistes, eux, sont bien là.

En attendant, la Huracán de Ramon Ferrer a probablement terminé sa carrière sur ce parking de Floride. Une fin peu glorieuse pour une machine capable de dépasser les 325 km/h — immobilisée et aplatie par un pickup dont la conductrice cherchait peut-être juste une place de parking. La morale de l’histoire tient en une phrase : sur la route, ce n’est pas toujours la voiture la plus rapide qui s’en sort le mieux. C’est la plus haute.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *