Personne ne s’en rend compte : ces 3 lettres n’existent pas sur les plaques d’immatriculation en France
Depuis des années, beaucoup d’automobilistes passent devant des milliers de plaques sans faire attention à un détail pourtant systématique. Certaines lettres n’apparaissent tout simplement jamais. Ce n’est pas une légende urbaine, ni une coïncidence statistique : c’est une règle liée au système d’immatriculation actuel.
Selon plusieurs sources, trois lettres sont volontairement exclues pour éviter des confusions à la lecture. Notamment par les radars et les dispositifs automatiques. Derrière ce choix, il y a une logique de lisibilité. Mais aussi un cadre légal plus large : depuis la mise en place du SIV. Le numéro est attribué automatiquement, dans un format standard, et certaines combinaisons sont écartées d’office.
Le SIV, le système qui a changé la logique des plaques d’immatriculation
Le tournant date de 2009, avec l’arrivée du SIV (Système d’Immatriculation des Véhicules). L’idée, telle qu’elle est présentée sur Service-public.fr, est simple : chaque véhicule reçoit un numéro « à vie », sous une forme standardisée du type AB-123-CD. Dans le texte réglementaire de référence, l’Arrêté du 9 février 2009 (consultable sur Légifrance), l’annexe dédiée à la composition rappelle ce format : deux lettres, trois chiffres, deux lettres, séparés par des tirets.
Cette mécanique a un effet direct : contrairement à une époque où l’on associait plus clairement une plaque à un département, la suite de caractères ne « raconte » plus grand-chose sur votre lieu de vie. En pratique, ce sont surtout des systèmes informatiques qui gèrent l’attribution, dans une logique de séries, et non des choix faits au guichet. C’est d’ailleurs ce système qui permet de simplifier les démarches même quand la carte grise traditionnelle évolue.
Les 3 lettres absentes des plaques d’immatriculation en France
Le détail qui saute aux yeux, une fois qu’on vous le dit : vous ne croiserez jamais les lettres I, O et U sur une plaque française au format SIV. Plusieurs médias et sites spécialisés rappellent ce trio, toujours pour la même raison : elles peuvent être confondues avec d’autres caractères. Vous n’y trouverez pas non plus de plaque noire “DF”, car ces lettres font partie du cycle normal d’attribution.
Le « I » ressemble à un « 1 » sur certaines polices ou à distance. Le « O » se confond facilement avec un « 0 », surtout quand l’éclairage est mauvais ou que la plaque est sale. Quant au « U », il peut être pris pour un « V » selon l’angle de lecture et le contraste. Ce n’est pas un caprice typographique. Plus la lecture doit être rapide (contrôle routier, péage, vidéosurveillance, radars), plus l’ambiguïté devient un problème concret.
Pourquoi cette lisibilité compte encore plus aujourd’hui
Avec la multiplication des contrôles automatisés, la plaque n’est plus seulement l’affaire d’un agent qui la lit à l’œil nu. Les dispositifs de lecture automatisée existent depuis longtemps, et ils reposent sur la reconnaissance optique de caractères (OCR) appliquée à une image. Quand le caractère est ambigu, la machine se trompe plus facilement, surtout si l’image est prise de biais ou à haute vitesse.
Même sans parler de “big brother”, il faut voir la plaque comme un identifiant : plus il est robuste, moins il génère de litiges avec les nouveaux radars. De ce point de vue, retirer trois lettres « problématiques » est une mesure assez pragmatique.
Les combinaisons de lettres que le système évite aussi
Au-delà des trois lettres bannies, certaines associations de lettres sont exclues, là encore de manière automatique. La combinaison la plus souvent citée est « SS », écartée pour des raisons historiques et juridiques. Des services d’aide liés aux démarches d’immatriculation rappellent que le SIV n’autorise pas cette combinaison, en lien avec le Code pénal.
Sur Légifrance, l’article R645-1 du Code pénal encadre en effet le port ou l’exhibition en public d’uniformes, insignes ou emblèmes rappelant ceux d’organisations ou de personnes responsables de crimes contre l’humanité. C’est ce cadre qui explique pourquoi l’administration interdit aussi de coller des autocollants non homologués sur ces caractères sensibles.
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Et les “sigles sensibles” dont on parle parfois ?
On voit régulièrement circuler des exemples très locaux, liés à des traumatismes ou à des événements marquants, avec l’idée que certains groupes de lettres seraient « interdits » dans un département précis. Dans les faits, le cœur des règles nationales documentées tourne surtout autour de la lisibilité (I, O, U) et de la combinaison « SS ». Cela concerne également les plaques WW qui suivent des règles spécifiques d’attribution provisoire.
Le reste relève souvent de cas particuliers, d’usages anciens (avant SIV), ou de décisions ponctuelles qui ne se retrouvent pas forcément dans les mêmes textes nationaux. C’est aussi pour ça que le sujet prête à confusion : on mélange facilement l’ancien système, les souvenirs d’anciennes plaques, et la logique actuelle attribuée par ordinateur.
Ce que ça change pour vous, concrètement
Pour l’automobiliste, la conséquence est surtout… invisible. Vous n’avez pas à faire de démarche, et vous ne pouvez pas « demander » ces lettres de toute façon. Le principe même du SIV est d’attribuer un numéro dans un cadre standard, sans personnalisation du contenu alphanumérique. En revanche, le tarif de votre certificat d’immatriculation, lui, peut varier selon votre région.
Comprendre ces exclusions aide à décrypter certaines situations. Quand vous voyez une plaque “bizarre” dans un film, sur une photo trafiquée, ou sur un véhicule qui semble utiliser une typographie étrange, ce sont parfois ces détails qui mettent la puce à l’oreille. Le système français laisse peu de place au hasard sur les caractères autorisés, justement parce que la plaque est devenue un identifiant lu par des machines autant que par des humains.
Les plaques, un sujet plus encadré qu’il n’y paraît
On l’oublie, mais la plaque obéit à des normes précises (format, caractères, lisibilité), avec une base réglementaire qui décrit la composition des numéros. Même le format des séries (définitif, WW, W garage, etc.) est cadré dans les annexes. Au fond, l’absence de I, O et U raconte une chose : le système est pensé pour limiter l’erreur. Trois lettres en moins, c’est aussi trois sources de confusion en moins, dans un monde où la lecture automatisée est devenue la norme.
Une exigence de lisibilité
La prochaine fois que vous serez à un feu rouge, jetez un œil aux plaques autour de vous : vous verrez des dizaines de combinaisons, mais jamais I, O ou U. Ce choix n’a rien de mystérieux, il répond à une exigence simple de lisibilité, renforcée par l’essor des contrôles automatisés.
Et si vous cherchez “la” combinaison interdite la plus connue, « SS » revient systématiquement, pour des raisons juridiques et mémorielles. Derrière ces règles, une idée domine : éviter qu’un identifiant essentiel devienne une source d’erreurs… ou de polémiques.
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