Disparu depuis un mois dans le Morbihan, Norbert Kergal a été retrouvé sans vie
Le 3 mars 2026, Norbert Kergal, 65 ans, retraité de l’enseignement installé depuis peu à Colpo, disparaissait après avoir quitté l’hôpital de Saint-Avé où il était soigné pour une dépression. Pendant plus d’un mois, la gendarmerie du Morbihan a mobilisé d’importants moyens de recherche — y compris aériens — pour tenter de retrouver sa trace. Ce samedi 11 avril, la nouvelle que ses proches redoutaient est tombée.
Un départ discret de l’hôpital, puis le silence
Norbert Kergal avait emménagé à Colpo, commune située près de Locminé, fin janvier 2026. Un nouveau départ pour ce retraité qui avait passé de longues années à Peillac, où il était profondément enraciné dans la vie locale. Mais quelques semaines seulement après son installation, son état de santé l’avait conduit à être hospitalisé à Saint-Avé pour une dépression.
C’est depuis cet établissement qu’il a été vu pour la dernière fois. Le 3 mars, Norbert Kergal quitte l’hôpital sans que personne ne sache précisément dans quelles circonstances. Les heures passent, puis les jours, sans la moindre nouvelle. Dès le lendemain, le 4 mars, la gendarmerie du Morbihan lance un appel à témoins et déploie un dispositif de recherche conséquent.
Parmi les moyens engagés, des survols aériens de la zone ont été réalisés. Un détail allait rapidement orienter les recherches vers un secteur bien précis, à plusieurs dizaines de kilomètres de l’hôpital.
Sa voiture retrouvée sur un site touristique qu’il connaissait bien
Deux jours après la disparition, les enquêteurs font une découverte déterminante. Le véhicule de Norbert Kergal est localisé à l’île aux Pies, un site naturel prisé des promeneurs, situé sur les bords de l’Oust, à proximité de Peillac. Ce lieu n’a rien d’anodin : c’est précisément la commune où il résidait avant son déménagement à Colpo.
Cette localisation a permis de resserrer le périmètre des recherches autour de ce secteur qu’il fréquentait depuis des années. Malgré cela, les semaines se sont écoulées sans résultat. Pour ses anciens voisins et ses compagnons du club de football local, l’attente devenait insoutenable.

En Bretagne, les cas de mobilisation des secours dans des zones naturelles escarpées rappellent la difficulté de certaines opérations de recherche, surtout lorsque le terrain est vaste et boisé. L’île aux Pies et ses alentours ne font pas exception.
C’est son club de football qui a annoncé la nouvelle
Samedi 11 avril 2026, ce n’est pas la gendarmerie qui a officiellement communiqué en premier. C’est la JA de Peillac, le club de football où Norbert Kergal avait été bénévole pendant de nombreuses années, qui a partagé la triste nouvelle sur ses réseaux. Leur ami avait été retrouvé sans vie.
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Pour ce petit club local, la perte est immense. Norbert Kergal n’était pas un simple adhérent : il faisait partie de ces piliers discrets qui font tourner le football amateur en France, consacrant son temps libre à l’organisation et à la vie du club. Le genre de personne dont l’absence se fait sentir bien au-delà du terrain.
Plusieurs membres de la communauté de Peillac ont exprimé leur émotion, décrivant un homme attachant, impliqué et apprécié. La dépression qui l’avait conduit à l’hôpital n’avait visiblement pas alerté tout son entourage, signe de la difficulté à percevoir la détresse derrière les apparences, notamment chez les retraités qui viennent de changer de vie.
Un hommage au crématorium de Plescop
Un dernier hommage sera rendu à Norbert Kergal le jeudi 16 avril 2026 à 15 h 15 au crématorium de Plescop, dans le Morbihan. Ce moment de recueillement permettra à sa famille, ses anciens collègues de l’Éducation nationale et ses nombreux amis du monde associatif de lui dire adieu.

Pour ceux qui l’ont connu à Peillac ou à Colpo, cette cérémonie sera aussi l’occasion de se retrouver après des semaines d’incertitude et d’angoisse. La disparition de Norbert Kergal aura duré trente-neuf jours — trente-neuf jours pendant lesquels ses proches ont espéré un dénouement différent.
La dépression chez les seniors, un enjeu souvent invisible
Cette affaire met en lumière un sujet rarement médiatisé : la dépression chez les personnes de plus de 60 ans, en particulier lors de transitions de vie comme un déménagement ou le passage à la retraite. Selon la Haute Autorité de Santé, près de 15 % des plus de 65 ans présentent des symptômes dépressifs, mais la majorité ne sont pas diagnostiqués.
Le cas de Norbert Kergal — un homme décrit comme sociable et engagé, qui venait pourtant d’être hospitalisé pour dépression — illustre à quel point cette souffrance peut rester invisible pour l’entourage. Les problématiques de santé des seniors ne se limitent pas aux chutes ou aux maladies chroniques : la santé mentale reste un angle mort majeur.
Si vous ou un proche traversez une période difficile, le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. L’écoute y est gratuite et confidentielle.
