Disparues de l’Aveyron : il avoue le double meurtre et a forcé son fils de 12 ans à y assister
Une affaire qui glace le sang. Ce qui avait commencé comme un signalement de disparition inquiétante dans un village de l’Aveyron s’est transformé en l’une des affaires criminelles les plus sombres de l’année. Un homme a avoué avoir assassiné deux femmes. Et son fils de 12 ans a tout vu.
Le 28 mars 2026, Cédric Prizzon, 42 ans, a reconnu les faits devant les autorités portugaises. Il a déclaré avoir tué son ex-compagne et sa compagne actuelle, avant de dissimuler leurs corps dans une forêt isolée. Ce qui vient ensuite est encore plus difficile à lire.

Tout commence par une disparition à Vailhourles
Le 20 mars 2026, une alerte est lancée depuis Vailhourles, une commune tranquille située près de Rodez, en Aveyron. Deux femmes ont disparu. Les premiers éléments évoquent un enlèvement, une séquestration.
Le suspect est rapidement identifié : Cédric Prizzon, un homme de 42 ans au profil atypique. Ancien policier. Ancien joueur de rugby professionnel sous les couleurs du Toulouse Olympique. Et déjà connu de la justice pour des actes répétés de violence et de harcèlement envers l’une des victimes.
Dès les premières heures, les enquêteurs comprennent qu’il a pris la fuite. Avec ses deux enfants.
Quatre jours de cavale à travers l’Espagne et le Portugal
Pendant quatre jours, Prizzon traverse l’Espagne et le Portugal à toute vitesse. Une cavale effrénée qui s’achève le 24 mars, lorsque les forces de l’ordre portugaises l’interpellent sur leur territoire.
À ce stade, les deux enfants sont retrouvés avec lui. Un garçon de 12 ans et une petite fille de 18 mois. Physiquement indemnes. Mais ce que le fils aîné a vécu, personne ne l’imaginait encore.
Prizzon donne alors une première version : il aurait laissé les deux femmes en bonne santé en Espagne. Une histoire que son propre fils va démonter en quelques phrases.

Le témoignage glaçant d’un enfant de 12 ans
C’est lui qui a tout changé. Le garçon de 12 ans a pris la parole face aux enquêteurs. Il a catégoriquement contredit la version de son père.
Il a expliqué avoir assisté aux meurtres. Avoir été forcé par son père de monter la garde pendant que les corps étaient dissimulés. Un enfant contraint de participer à l’effacement d’un double homicide.
Ce témoignage a permis aux autorités françaises et portugaises de localiser les corps avec précision. Le 25 mars, deux cadavres sont exhumés dans une zone forestière isolée de la Serra de Nogueira, dans le nord-est du Portugal. Les victimes sont formellement identifiées.
Ce drame rappelle d’autres affaires judiciaires où des enfants se retrouvent au cœur de violences inimaginables, laissant des séquelles profondes.
Deux victimes : Audrey et Angela
Audrey Cavalié avait 40 ans. Elle était l’ancienne compagne de Prizzon. Mère de famille. Celle que la justice connaissait déjà comme victime des violences répétées de cet homme.
Angela Logobien Cadillac avait 26 ans. Elle était sa compagne actuelle. Elle n’avait, selon les premiers éléments, rien demandé de plus que d’être présente ce jour-là. C’est précisément pour cette raison qu’elle a été tuée.
Prizzon l’a assassinée pour éliminer un témoin. Elle avait vu. Elle ne devait pas parler.

Un scénario encore plus sombre qu’il n’y paraît
Les premières investigations révèlent ce que Prizzon avait en tête au départ. Il ne prévoyait pas forcément de tuer. Son plan initial était d’enlever Audrey Cavalié pour l’abandonner de force au Maroc.
Mais une altercation violente a tout précipité. Il l’a étranglée. Puis il a réalisé qu’Angela avait tout vu. Alors il l’a tuée à son tour.
Ce basculement brutal, ce passage de l’enlèvement au double meurtre, illustre une trajectoire criminelle que le système judiciaire aurait pu — aurait dû — anticiper. Les signaux étaient là depuis longtemps. La question de la protection des victimes de violences revient une fois de plus au centre du débat.
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Un profil que la justice connaissait bien
Cédric Prizzon n’était pas un inconnu. Ancien policier, il avait un lourd passif judiciaire en matière de violences intrafamiliales. La presse régionale souligne que des actes répétés de violence et de harcèlement envers Audrey Cavalié avaient déjà été recensés.
Il avait pourtant gardé la garde de son fils. Il voyageait librement. Aucune mesure d’éloignement n’avait suffi à l’empêcher d’approcher ses victimes.
Ces affaires de violences conjugales qui finissent en drame relancent systématiquement le débat sur l’efficacité des outils judiciaires. Et sur ce qu’il faudrait changer.

La requalification en meurtres aggravés
Face aux éléments recueillis, le parquet de Montpellier n’a pas tardé. Dès le 25 mars, l’affaire est requalifiée. On ne parle plus d’enlèvement et séquestration. On parle de meurtres aggravés.
Le 28 mars, Prizzon avoue officiellement. Il reconnaît avoir tué Audrey Cavalié et Angela Logobien Cadillac. Il reconnaît les avoir enterrées.
Selon les informations judiciaires rapportées par TF1 et Info Occitanie, ses déclarations aux enquêteurs sont nettes. Sans ambiguïté. Un aveu complet.
Incarcéré au Portugal, en attente d’extradition
Cédric Prizzon est actuellement détenu au Portugal dans le cadre d’une incarcération provisoire. Une procédure formelle d’extradition a été lancée par la justice française.
Il sera jugé en France sous le chef d’inculpation principal de meurtres aggravés. La peine maximale encourue est la réclusion criminelle à perpétuité pour ce double féminicide.
L’instruction judiciaire, ouverte à Montpellier, se poursuivra sur le territoire national une fois le suspect rapatrié. Le processus pourrait prendre plusieurs semaines. Les affaires criminelles impliquant des fugitifs à l’étranger suivent souvent des procédures longues avant le retour en France.
Les deux enfants rapatriés, le fils en suivi psychologique
Les services consulaires français ont organisé le rapatriement des deux enfants. Le garçon de 12 ans et la petite fille de 18 mois ont été retrouvés physiquement indemnes au moment de l’arrestation de leur père.
Mais pour l’aîné, le choc est d’une nature particulière. Il a vu. Il a été contraint de participer. Cet enfant de 12 ans a besoin d’un accompagnement psychologique hautement spécialisé pour tenter de surmonter ce qu’il a vécu.
Des professionnels ont été mobilisés. Le chemin sera long.

L’Aveyron sous le choc, le débat relancé
À Rodez et dans tout l’Aveyron, la stupeur domine. Une commune tranquille, une disparition signalée un jeudi matin, et huit jours plus tard, un double meurtre avoué avec un enfant comme témoin forcé.
Ce drame relance avec une intensité particulière le débat sur les mesures d’éloignement. Sur la surveillance des individus déjà condamnés pour violences conjugales. Sur ce que la justice peut — et ne peut pas — faire pour protéger les victimes.
Prizzon avait un casier. Il avait été signalé. Il avait continué. Et deux femmes sont mortes.
Des affaires similaires, comme celle de Rome où une femme a été agressée sous les yeux de son fiancé, ou encore des histoires d’injustice systémique, alimentent ce sentiment croissant que les institutions peinent à protéger les plus vulnérables.
La question n’est plus seulement judiciaire. Elle est sociale, politique, humaine. Et elle n’attend pas.