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Leur voiture est volée : elles inventent l’enlèvement d’une fillette pour accélérer les recherches

Publié par Gabrielle Nourry le 06 Avr 2026 à 14:03

Aux États-Unis, deux femmes se sont fait voler leur véhicule. Plutôt que d’attendre patiemment les résultats de l’enquête, elles ont eu une idée qu’on qualifiera poliment de « très mauvaise » : inventer qu’une fillette de 5 ans se trouvait à bord. Résultat : une alerte enlèvement déclenchée à l’échelle de tout un État, des dizaines de policiers mobilisés… et des poursuites judiciaires à la clé.

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Une voiture volée et un mensonge qui déclenche l’alerte maximale

Parking vide avec voiture de police au crépuscule

Les faits remontent au lundi 30 mars 2026, dans la ville d’Affton, une banlieue de Saint-Louis dans le Missouri. Deux femmes se présentent au commissariat pour signaler le vol de leur véhicule. Jusque-là, rien d’anormal. Sauf qu’elles ajoutent un détail censé tout changer : une fillette de 5 ans se trouvait à l’intérieur au moment du vol.

Face à cette déclaration, les forces de l’ordre n’ont pas le choix. Elles déclenchent immédiatement ce qu’on appelle une « amber alert », l’équivalent américain de notre alerte enlèvement. C’est un dispositif massif, comme l’a rapporté la chaîne ABC. Des dizaines d’agents sont déployés sur le terrain. Des avis de recherche sont diffusés. La machine tourne à plein régime pour retrouver une enfant en danger.

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Aux États-Unis, les vols de voitures sont traités avec sérieux, mais quand un enfant est potentiellement en jeu, c’est une tout autre dimension. La mobilisation est immédiate, massive et sans compromis.

Deux heures de recherches… et aucune trace de l’enfant

Bonne nouvelle : le véhicule est retrouvé en seulement deux heures. Mauvaise nouvelle (pour les deux femmes) : il n’y a strictement aucune trace d’un enfant à l’intérieur. Pas de siège auto, pas de jouet, pas d’empreinte, rien. Les enquêteurs commencent à tiquer sérieusement.

Les policiers demandent alors aux deux Américaines de fournir des éléments concrets : une photo de la fillette, des vêtements lui appartenant, n’importe quoi prouvant son existence. L’une des deux femmes tente de maintenir sa version. Elle affirme que l’enfant est sa nièce et que la mère de la petite serait décédée. Une histoire tragique… sauf qu’elle ne tient pas deux minutes face aux questions des enquêteurs.

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Car ni l’une ni l’autre n’est capable de produire le moindre cliché de cette prétendue fillette. Pas une seule photo sur un téléphone, pas un vêtement, pas un nom vérifiable. Comme dans ces cas où un mensonge s’effondre face à des questions simples mais bien posées, leur récit a volé en éclats.

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Un stratagème pour « accélérer les recherches »

Intérieur vide d'une voiture sans trace d'enfant

Lors d’une conférence de presse, le colonel Jerry Lohr du département de police de Saint-Louis a mis les choses au clair. Selon lui, les deux femmes auraient purement et simplement inventé cette histoire d’enlèvement dans le seul but de pousser la police à retrouver leur voiture plus rapidement.

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On peut comprendre la frustration de se faire voler sa voiture. Mais inventer l’enlèvement d’un enfant, c’est mobiliser des ressources colossales pour rien. Pendant que des dizaines d’agents cherchaient une fillette fantôme, ils n’étaient pas disponibles pour de vraies urgences. Le calcul est aussi cynique qu’irresponsable.

Cette affaire n’est d’ailleurs pas sans rappeler d’autres cas de fausses déclarations qui ont eu des conséquences dramatiques. Les autorités prennent ce type de comportement très au sérieux, et pour cause.

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Jusqu’à six mois de prison et 1 000 dollars d’amende

Le département de police de Saint-Louis a annoncé qu’il allait porter plainte contre les deux femmes pour « fausses déclarations ». Dans le Missouri, cette infraction est passible de six mois d’emprisonnement et d’une amende pouvant atteindre 1 000 dollars. Un prix bien plus élevé que la valeur d’une voiture, quand on ajoute le casier judiciaire qui va avec.

Aux États-Unis comme en France, les fausses déclarations sont un délit pris très au sérieux. Et ce n’est pas qu’une question de principe : chaque fausse alerte mobilise des moyens considérables et érode la confiance du public dans les systèmes d’alerte réels.

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La vieille blague devenue réalité

Commissariat de police américain au coucher du soleil

Sur les réseaux sociaux, l’affaire a immédiatement fait penser à cette blague bien connue. Vous savez, celle où un homme appelle la police parce qu’il a des cambrioleurs chez lui. Personne ne vient. Il rappelle : « Ne venez plus, je les ai tous tués. » Et là, toutes les patrouilles de la ville débarquent en cinq minutes.

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Sauf que cette fois, ce n’est pas une blague. Les deux femmes ont réellement instrumentalisé le système d’alerte enlèvement, un dispositif conçu pour sauver des vies d’enfants. Pour une voiture. On imagine la tête des policiers quand ils ont compris.

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L’affaire rappelle aussi des histoires de vols de véhicules qui tournent mal, mais rarement de cette façon. D’habitude, ce sont les victimes qui se retrouvent dans des situations absurdes. Ici, ce sont elles qui ont créé l’absurdité de A à Z.

Un système d’alerte qu’il ne faut pas banaliser

L’« amber alert » américaine, comme l’alerte enlèvement en France, repose sur un principe simple : quand un enfant disparaît, chaque minute compte. Le système mobilise la police, les médias et même les smartphones de millions de citoyens. C’est un outil d’une efficacité redoutable quand il est utilisé à bon escient.

Mais chaque faux déclenchement affaiblit le système. Si les gens commencent à douter de la véracité des alertes, ils réagiront moins vite le jour où un vrai enfant sera en danger. C’est exactement pour cette raison que les autorités du Missouri ont décidé de ne pas en rester là et de poursuivre les deux femmes en justice.

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On ne sait pas encore si elles feront effectivement de la prison. Mais une chose est sûre : leur voiture, elles l’ont retrouvée. Leur réputation, en revanche, c’est une autre histoire. Et contrairement à un véhicule, ça ne se récupère pas en deux heures avec une simple déclaration.

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