Val-d’Oise : une femme de 68 ans étranglée, retrouvée au bord d’une route à l’aube

Un chauffeur de bus. Une route déserte. Un corps abandonné dans la lumière grise du petit matin. Vendredi, à Saint-Prix dans le Val-d’Oise, une femme de 68 ans a été retrouvée morte, des traces de strangulation sur le cou. Quelques heures plus tard, son mari avouait. Ce drame porte à 36 le nombre de féminicides recensés en France depuis janvier — et les associations tirent la sonnette d’alarme.
Un corps découvert à 6 h 30 par un conducteur de bus à Saint-Prix
C’est un matin comme les autres qui bascule. Aux alentours de 6 h 30, un conducteur de bus aperçoit une silhouette inerte en bordure de chaussée, sur la commune de Saint-Prix. Il alerte immédiatement les secours. Quand les enquêteurs arrivent sur place, le constat est sans appel : la sexagénaire présente des marques évidentes de strangulation. Détail glaçant, le corps semble avoir été déposé là, et non abandonné après une altercation sur les lieux.
Très vite, les investigations s’orientent vers l’entourage proche de la victime. Saint-Prix, petite commune de la vallée de Montmorency, n’est pas habituée à ce type de drames. La scène a choqué les riverains, réveillés par le ballet des véhicules de police. Dans ce département, un autre fait divers glaçant avait déjà secoué l’opinion quelques jours plus tôt. Mais ce vendredi, c’est un mot qui revient en boucle : féminicide.
Le mari interpellé à Taverny : « Il reconnaît les faits »
L’enquête n’a pas traîné. Dans l’après-midi, les policiers se présentent au domicile du couple, situé à Taverny, commune limitrophe de Saint-Prix. L’homme, âgé de 63 ans, est interpellé sans incident. Et la phrase qui tombe, rapportée par une source policière, glace le sang : « Le mari reconnaît les faits. » Trois mots, laconiques, terribles.
Le parquet de Pontoise, sollicité, n’a pas communiqué dans l’immédiat sur les suites judiciaires. On ignore encore les circonstances exactes du passage à l’acte, l’heure précise du décès ou le mobile invoqué par le suspect. Ce que l’on sait, c’est qu’une femme a été tuée par la personne qui partageait sa vie. Un schéma d’une banalité insoutenable. Dimanche précédent, toujours dans le Val-d’Oise, un drame familial d’une violence extrême impliquant un policier municipal avait déjà endeuillé Villers-en-Arthies. Le département encaisse, coup après coup.

36 féminicides en 2026 : les associations exigent des actes, pas des mots
Face à l’urgence, les chiffres parlent plus fort que les discours. Depuis janvier 2026, 36 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France. Les associations féministes ont alerté lundi : six de ces meurtres ont eu lieu en seulement neuf jours. Six vies fauchées en un peu plus d’une semaine.
En octobre dernier, les données officielles révélaient déjà une hausse de 11 % des féminicides conjugaux entre 2023 et 2024, avec 107 femmes assassinées. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait qualifié la situation d’« insupportable » et promis une mobilisation « totale » des forces de l’ordre. Pourtant, les victimes continuent de s’accumuler. Bracelets anti-rapprochement, téléphones grave danger, ordonnances de protection : les dispositifs existent, mais leur déploiement reste trop lent, trop inégal sur le territoire.
Une femme de 68 ans, étranglée, déposée au bord d’une route comme un objet dont on se débarrasse. Voilà ce que produit un système qui arrive toujours après. Combien de noms faudra-t-il encore ajouter à la liste pour que le compteur cesse enfin de tourner ?