Fianso jugé après avoir été flashé à 180 km/h sans permis et sous stupéfiants
Le rappeur Fianso, de son vrai nom Sofiane Zermani, s’est retrouvé une nouvelle fois face à la justice. Jugé ce jeudi 2 avril 2026 au tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan, il devait répondre d’un excès de vitesse commis sur l’autoroute A63, alors qu’il conduisait sans permis valide et sous l’emprise de stupéfiants. Une récidive qui ne passe plus inaperçue.

180 km/h sur l’A63 : les faits reprochés au rappeur
Les faits remontent au 26 janvier 2025. Ce jour-là, Fianso est intercepté sur l’autoroute A63, à hauteur de la commune de Labouheyre, dans les Landes. Le véhicule qu’il conduit roule à 180 km/h, bien au-delà de la vitesse autorisée sur cette portion. Mais l’excès de vitesse n’est que la partie émergée de l’iceberg.
Lors du contrôle, les forces de l’ordre constatent que le rappeur parisien n’est pas en possession d’un permis de conduire valide. Son permis avait en effet été suspendu, ce qui signifie qu’il n’avait tout simplement pas le droit de prendre le volant. À cela s’ajoute un dépistage positif aux stupéfiants, confirmant qu’il avait fait usage de substances classées avant de se mettre au volant.
Le cumul de ces infractions — vitesse excessive, conduite malgré suspension du permis de conduire et conduite sous stupéfiants — constitue un cocktail particulièrement grave aux yeux de la loi. Un cocktail que Fianso connaît d’ailleurs bien.
Un rappeur habitué des tribunaux pour des faits similaires
Ce passage devant le tribunal de Mont-de-Marsan n’est pas une première pour Sofiane Zermani. Le rappeur, connu pour ses titres à succès et ses rôles au cinéma, a déjà été jugé par le passé pour des faits similaires. Excès de vitesse, conduite sous l’emprise de stupéfiants : le schéma se répète, et la justice commence à le noter sérieusement.

Ce genre de récidive entraîne généralement un durcissement des sanctions. Contrairement à un premier délit routier où le tribunal peut se montrer clément, la multiplication des infractions identiques change la donne. Chaque nouvelle comparution vient alourdir un dossier qui s’épaissit.
D’après les informations rapportées par Sud Ouest, Fianso a été condamné à plusieurs amendes pour l’excès de vitesse. Plus marquant encore, son permis de conduire a été invalidé. Une invalidation, c’est un cran au-dessus de la simple suspension : il ne s’agit plus d’une interdiction temporaire, mais d’une perte totale du permis. Le rappeur devra repasser l’intégralité des épreuves s’il souhaite un jour reconduire légalement.
Conduite sous stupéfiants : ce que dit la loi
En France, conduire sous l’emprise de stupéfiants est un délit passible de deux ans d’emprisonnement et de 4 500 euros d’amende. Lorsque cette infraction est combinée à un excès de vitesse supérieur à 50 km/h, les peines peuvent être encore aggravées. Et quand s’y ajoute une conduite malgré suspension du permis, le tribunal peut prononcer des sanctions cumulatives.
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La conduite malgré suspension ou invalidation du permis est elle-même punie de deux ans de prison et 4 500 euros d’amende. En théorie, Fianso encourait donc des peines bien plus lourdes que de simples amendes. Le fait qu’il ait été condamné à des amendes et à l’invalidation du permis, sans peine de prison ferme, peut paraître relativement mesuré au vu de la gravité du dossier.
Pour rappel, de nouveaux dispositifs de détection font régulièrement leur apparition sur les routes françaises. L’objectif affiché des autorités est clair : réduire le nombre de conducteurs qui prennent le volant sous l’emprise de substances. En 2024, les stupéfiants étaient impliqués dans près d’un accident mortel sur quatre en France, selon les chiffres de la Sécurité routière.
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Fianso, entre carrière artistique et démêlés judiciaires
Sofiane Zermani n’est pas qu’un rappeur. L’artiste parisien a su diversifier sa carrière en se tournant vers le cinéma, enchaînant les rôles dans des productions françaises remarquées. Cette double casquette lui a permis de toucher un public bien au-delà du seul monde du rap.

Mais cette notoriété a un revers : chaque passage devant la justice est scruté, commenté, amplifié. Dans le milieu du rap français, les démêlés judiciaires ne sont malheureusement pas rares. On se souvient récemment de la mise en examen du rappeur Gims pour blanchiment aggravé, ou encore du procès de Booba pour cyberharcèlement.
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Contacté à plusieurs reprises par la presse locale, l’avocat de Fianso, maître Ruben, n’a pas donné suite aux sollicitations. Le rappeur, lui, s’est présenté à la barre en personne, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce type d’affaire. Cette présence peut être interprétée comme un signe de prise de conscience, même si les faits, eux, racontent une tout autre histoire.
Permis invalidé : et maintenant ?
L’invalidation du permis de conduire est la sanction administrative la plus sévère prévue par le Code de la route. Contrairement à une annulation judiciaire, l’invalidation intervient lorsque le solde de points tombe à zéro, ou dans des cas graves comme celui de Fianso. Concrètement, l’intéressé ne peut plus conduire aucun véhicule nécessitant un permis.
Pour retrouver le droit de conduire, il devra attendre un délai minimum — généralement six mois — avant de pouvoir s’inscrire à nouveau en auto-école et repasser le code puis la conduite. Un processus qui peut prendre plusieurs mois, voire plus d’un an. D’autant que la question du permis de conduire à vie fait régulièrement débat en France.
En attendant, toute nouvelle infraction de conduite sans permis serait une récidive sur récidive, avec des conséquences pénales autrement plus lourdes. Le tribunal serait alors beaucoup moins enclin à la clémence, et une peine d’emprisonnement ferme deviendrait envisageable.
Un signal d’alerte pour la sécurité routière
Au-delà du cas individuel de Fianso, cette affaire remet en lumière un problème récurrent sur les routes françaises. Chaque année, des milliers de conducteurs sont contrôlés alors qu’ils roulent sans permis valide, parfois sous l’emprise de substances. Les autoroutes du sud-ouest, comme l’A63 qui traverse les Landes, sont particulièrement surveillées en raison d’un trafic dense et de vitesses élevées.
Le fait qu’une personnalité publique soit impliquée donne une visibilité supplémentaire à ce phénomène. Mais pour les victimes d’accidents causés par des conducteurs sous stupéfiants, la notoriété de l’auteur des faits importe peu. Seules comptent les conséquences, parfois irréversibles, d’un choix irresponsable fait en quelques secondes.
