Tarn-et-Garonne : une fillette de 7 ans à vélo blessée par un tir de carabine — le voisin évoque un accident

Un samedi après-midi dans un village paisible du Tarn-et-Garonne. Une fillette de 7 ans fait du vélo devant chez elle. Quelques heures plus tôt, les chiens d’un voisin l’ont mordue. Et puis un tir de carabine à plomb l’atteint à la cuisse. Le projectile ne ressort pas. L’enfant hurle de douleur. Ce qui s’est passé à Belbèze-en-Lomagne le 2 mai dernier donne froid dans le dos — et soulève beaucoup de questions.
Une matinée déjà marquée par une agression canine

Tout commence dans la matinée du samedi 2 mai. Selon les informations rapportées par La Dépêche du Midi, la fillette est d’abord agressée par les deux chiens d’un voisin immédiat, un homme de 52 ans. Les animaux la mordent. Un premier incident qui aurait pu, à lui seul, justifier un signalement. Mais la journée est loin d’être terminée.

Dans les cas d’attaques de chiens sur de jeunes enfants, les conséquences peuvent être dramatiques. Ici, la morsure n’est que le premier chapitre d’une séquence bien plus grave. Ce qui va suivre quelques heures plus tard, personne ne l’a vu venir.
Un projectile en plomb logé dans la cuisse
L’après-midi, la petite fille enfourche de nouveau son vélo et pédale près de son domicile. C’est à ce moment qu’elle est atteinte par un tir de carabine à air comprimé. Le projectile en plomb la touche à la cuisse et s’y loge sans ressortir. L’enfant crie. Ses parents réagissent immédiatement et la conduisent aux urgences de l’hôpital de Montauban.
Les examens révèlent la présence du plomb incrusté dans la chair. La gravité de la blessure impose un transfert au CHU de Toulouse-Purpan, où la fillette est opérée dès le lendemain, dimanche. On lui délivre une incapacité totale de travail (ITT) de dix jours. Dix jours pour une gamine de 7 ans qui faisait du vélo dans sa rue. Le genre de fait divers qui rappelle d’autres drames impliquant des enfants et des armes à feu.

Le même voisin, les mêmes chiens, la même journée
Les enquêteurs de la communauté de brigades de Beaumont-de-Lomagne ne mettent pas longtemps à remonter la piste. Le suspect désigné est le voisin immédiat de la famille — le même homme de 52 ans dont les chiens avaient mordu la fillette quelques heures plus tôt. Coïncidence troublante ou enchaînement logique, les gendarmes se rendent à son domicile.
Sur place, ils découvrent une carabine à air comprimé. L’arme est saisie. L’homme est placé en garde à vue pendant 48 heures. Le lien entre les deux événements — la morsure du matin et le tir de l’après-midi — ne peut évidemment pas être ignoré par les enquêteurs. L’affaire rappelle aussi un contexte plus large : le fichier des détenteurs d’armes à feu en France recense des centaines de milliers d’armes en circulation, y compris des carabines à air comprimé dont la détention n’est pas toujours encadrée de la même manière.
Mais ce que le suspect va déclarer aux enquêteurs a de quoi laisser sceptique.
« Un tir accidentel pendant le nettoyage »
Au terme de ses 48 heures de garde à vue, l’homme de 52 ans finit par parler. Sa version : il s’agirait d’un tir accidentel. Selon lui, le coup serait parti pendant qu’il nettoyait son arme. Il nie formellement avoir visé délibérément l’enfant. Un scénario que les enquêteurs devront vérifier minutieusement — car la chronologie des événements laisse planer un doute épais.
Le matin, ses chiens mordent une fillette de 7 ans. L’après-midi, un tir de carabine provenant de son voisinage immédiat atteint la même fillette. Et sa défense repose sur un accident de nettoyage. Les coïncidences, quand elles s’additionnent, ont tendance à perdre leur innocence. Des affaires impliquant des tirs accidentels sur des enfants rappellent à quel point la frontière entre négligence et intention est scrutée de près par la justice.
Contrôle judiciaire et procès en octobre
La famille de la fillette a déposé plainte. Le suspect a été placé sous contrôle judiciaire, ce qui signifie qu’il est libre mais soumis à des obligations strictes en attendant son procès. Il comparaîtra le 27 octobre prochain devant le tribunal correctionnel de Montauban pour violences.
Le chef d’accusation retenu — violences et non tentative d’homicide — sera peut-être débattu d’ici là. La qualification pénale dépendra des éléments que l’enquête aura pu rassembler : trajectoire du projectile, position du tireur, état de l’arme, témoignages éventuels. Pour l’heure, la petite fille se remet de son opération. Ses parents, eux, vivent à quelques mètres de l’homme qui a été interpellé.
Dans les villages de petites communes rurales, les conflits de voisinage prennent parfois des proportions inimaginables. Belbèze-en-Lomagne compte à peine quelques centaines d’habitants. Tout le monde se connaît. Et après le 2 mai, plus personne ne regarde le voisin de la même façon.
Ce que dit la loi sur les carabines à air comprimé
Contrairement à ce que beaucoup pensent, une carabine à air comprimé n’est pas un jouet. Selon la puissance du modèle, elle peut être classée en catégorie C (soumise à déclaration) ou en catégorie D (acquisition libre mais encadrée). Un projectile en plomb tiré à courte distance peut pénétrer la chair, fracturer un os ou endommager un organe. Chez un enfant de 7 ans, les conséquences peuvent être catastrophiques.
La législation française impose à tout détenteur de ne jamais utiliser une arme — même à air comprimé — en dehors des conditions prévues (stand de tir, terrain adapté, etc.). Tirer dans un périmètre habité, même « accidentellement », constitue une infraction. Et quand le projectile finit dans la cuisse d’une enfant, la justice ne se contente pas d’un rappel à l’ordre.
Le procès de Montauban, le 27 octobre, devra trancher : accident de nettoyage ou geste délibéré ? La réponse pèsera lourd — pour le suspect comme pour une famille qui n’oubliera jamais ce samedi de mai à Belbèze-en-Lomagne.
- 05/05/2026 à 08:29Un accident de nettoyage ? Ouarf... Pour qu'un plomb parte il faut que la carabine soit alimentée en gaz (soit compression par cassage du canon puis fermeture soit présence d'une réserve d'air comprimé), qu'un plomb soit chargé et, sur quelques carabines, que la sécurité soit enlevée. Lors du nettoyage, la bonbonne d'air est enlevée (normalement) et la carabine à compression est forcément cassée en deux pour accéder au mécanisme et au canon, donc l'air est certes comprimé mais pas en face du plomb pour le propulser. Et, en théorie, on ne conserve pas une arme chargée en permanence...Donc soit il fait son nettoyage dans son jardin et ne connait rien à l'usage d'une carabine, soit sa fenêtre était étonnement alignée avec la fillette...
- 04/05/2026 à 20:05Bonjour, Pauvre gamine ! Ce genre de personnage devrait finir ses jours en prison, pour une double tentative d'assassinat !
2 commentaires