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« Le diable est en moi, j’ai mangé maman » : ce que le fils de 26 ans a avoué à son père ce matin-là

Publié par Elsa Fanjul le 12 Avr 2026 à 7:09

Le 23 juillet 2020, Andrew Jordahl rentre du travail à 9 heures du matin dans sa maison du comté de Sherburne, Minnesota. Dans le garage, son fils de 26 ans l’attend, couvert de sang de la tête aux pieds. La phrase qu’il prononce alors va transformer cette matinée ordinaire en cauchemar absolu. Cinq ans plus tard, le verdict est tombé — mais la question qui hante encore les jurés n’est pas celle qu’on croit.

Une nuit de juillet qui a basculé pour une phrase anodine

Rosalie « Rose » Johnson, 62 ans, n’était pas une inconnue dans sa communauté. Membre du conseil municipal de Big Lake depuis janvier 2019, elle siégeait aussi au sein de la Big Lake Community Lake Association et du conseil consultatif de l’éducation communautaire du district scolaire local. Une femme engagée, appréciée, dont le Minnesota Star Tribune a retracé le parcours.

Maison résidentielle de Big Lake dans le Minnesota

Ce soir-là, la scène qui déclenche le drame est d’une banalité terrifiante. Rose demande simplement à son fils Eric de se coucher. Une phrase que des millions de parents prononcent chaque soir sans y penser. Sauf que cette nuit-là, Eric Leif Jordahl bascule dans une violence que même les enquêteurs chevronnés qualifieront d’inédite.

Ce qui s’est passé dans les heures suivantes dépasse ce que la plupart des affaires criminelles américaines ont documenté. Et le premier à en découvrir l’horreur ne sera ni un policier, ni un voisin alerté par des cris — mais un père rentrant de son service de nuit.

Ce que le père a trouvé en poussant la porte du garage

Andrew Jordahl ne s’attendait évidemment à rien de particulier ce matin du 23 juillet. Mais la scène qui l’accueille dans le garage restera gravée dans les archives judiciaires du comté. Son fils se tient là, trempé de sang, et lâche une confession spontanée dont chaque mot sera consigné dans la plainte pénale.

« Le diable existe, il est en moi, et j’ai mangé maman. » Cette phrase, rapportée par la plainte criminelle consultée par le Star Tribune, résume à elle seule l’horreur de ce qui s’est déroulé pendant la nuit. Certains crimes perpétrés sous l’emprise de « voix » ont déjà sidéré la justice, mais le degré de violence de cette affaire se situe à un autre niveau.

Les policiers dépêchés sur place découvrent alors l’étendue du carnage. Des morceaux de tissu corporel et un couteau de boucher reposent sur la table de la cuisine, comme l’a rapporté le Daily Mail. Des restes humains sont retrouvés dans plusieurs pièces de la maison. Sur les vêtements d’Eric Jordahl, les enquêteurs identifient des cheveux et des fragments de peau appartenant à sa mère.

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Un déchaînement que les enquêteurs peinent à reconstituer

Le corps de Rose Johnson est découvert dans sa chambre à coucher. Les rapports d’autopsie révèlent des blessures gravissimes au visage et à la tête. L’attaque a été d’une brutalité extrême : coups de poing, coups de couteau, morsures. Un enchaînement frénétique qui, selon les enquêteurs, s’est produit en pleine nuit, vraisemblablement peu après que Rose a demandé à son fils d’aller se coucher.

Couteau de boucher posé sur une table de cuisine

Ce type de violence intrafamiliale où l’acte dépasse le meurtre pour basculer dans la mutilation et l’anthropophagie reste extrêmement rare dans les annales criminelles américaines. Des affaires comme celle d’une mère invoquant le diable pour justifier le meurtre de ses enfants montrent que cette rhétorique démoniaque revient régulièrement dans les dossiers les plus sombres.

La question que se posent désormais les observateurs du procès n’est pas de savoir s’il a commis les faits — les preuves sont accablantes. C’est la raison invoquée qui divise : possession démoniaque réelle dans l’esprit du meurtrier, ou alibi commode pour échapper à la perpétuité ?

Le verdict est tombé, mais le procès n’est pas terminé

Jeudi dernier, le jury du comté de Sherburne a reconnu Eric Jordahl coupable de meurtre au premier degré. Dans le Minnesota, cette qualification entraîne automatiquement une peine de réclusion à perpétuité. Pour la justice, les faits sont limpides : un homme a tué sa propre mère dans des circonstances d’une sauvagerie inouïe, puis a partiellement dévoré son corps.

Mais les avocats de la défense ne comptent pas en rester là. Dès le lundi suivant le verdict, ils devaient plaider devant le tribunal pour demander un acquittement pour cause de maladie mentale. L’argument central : Eric Jordahl n’était pas en mesure de comprendre la nature de ses actes au moment des faits. Une stratégie qui rappelle d’autres affaires où la frontière entre folie et préméditation a fait l’objet de débats acharnés.

Si le tribunal accepte cette qualification, Jordahl pourrait être transféré dans un établissement psychiatrique plutôt qu’en prison. Un scénario qui divise profondément la communauté de Big Lake, encore marquée par la perte de l’une de ses élues les plus investies.

Big Lake n’a pas oublié Rose Johnson

Trois mois après le meurtre, les proches de Rose Johnson et ses collègues du conseil municipal ont fait installer un banc commémoratif dans le Lakeside Park de Big Lake. Un hommage discret, à l’image de celle qu’il honore. Scott Zettervall, membre du conseil municipal aux côtés de Rose, a résumé le choix de ce lieu : « C’est le mémorial parfait. Un endroit pour converser, réfléchir et se reposer. »

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Banc commémoratif dans le parc de Big Lake au coucher du soleil

Rose Johnson avait été nommée au conseil municipal en janvier 2019, selon le Monticello Times. Au-delà de la politique locale, elle s’investissait dans la vie associative et éducative de cette petite ville du Minnesota. Le genre de personne dont on ne mesure l’importance que lorsqu’elle disparaît — et dont la disparition laisse un vide que les hommages, aussi sincères soient-ils, ne comblent jamais tout à fait.

Dans les annales judiciaires américaines, le nom de Rose Johnson rejoint désormais la longue liste de victimes tuées par un membre de leur propre famille. Des drames qui interrogent, à chaque fois, sur les signes avant-coureurs que personne n’a vus — ou que personne n’a voulu voir.

La question que personne n’ose poser à voix haute

Eric Jordahl avait 26 ans au moment des faits. Il vivait encore chez ses parents. Les documents judiciaires ne mentionnent pas d’antécédents psychiatriques connus avant cette nuit-là, ce qui rend la thèse de la « possession » d’autant plus troublante. Était-ce un épisode psychotique soudain ? Une pathologie latente jamais diagnostiquée ? Ou la construction délibérée d’une défense juridique ?

Les experts psychiatriques mandatés par la défense devront convaincre le tribunal que Jordahl souffrait d’un trouble mental suffisamment grave pour annuler sa responsabilité pénale. Un seuil extrêmement élevé dans le droit pénal du Minnesota, où la frontière entre responsabilité et irresponsabilité fait l’objet de critères stricts.

Pour la famille de Rose Johnson, pour ses anciens collègues du conseil municipal et pour les habitants de Big Lake, la réponse à cette question n’est pas qu’un enjeu juridique. C’est la différence entre un fils malade qui a besoin de soins et un monstre qui mérite de finir ses jours derrière les barreaux. Le tribunal tranchera — mais la communauté, elle, a déjà fait son choix.

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