« J’ai senti la lame pénétrer en lui » : il poignarde un étudiant et se vante du meurtre une heure plus tard

Un étudiant en comptabilité de 21 ans tué à coups de couteau sur le quai d’une gare londonienne. Et son meurtrier présumé, filmé à peine une heure après, souriant et riant dans un bus de nuit en se vantant de ce qu’il venait de faire. L’affaire, jugée au célèbre tribunal de l’Old Bailey, vient de se conclure par un verdict unanime. Le profil du condamné et les circonstances du drame glacent.
Un règlement de comptes sur un quai de gare pour 50 livres
Tout commence dans la nuit du 8 janvier 2024, à la station Strawberry Hill, une petite gare ferroviaire du sud-ouest de Londres. Deux groupes d’hommes se croisent sur le quai. L’ambiance bascule très vite. Selon les éléments du dossier relayés par la BBC, l’altercation porte sur une transaction de MDMA et une somme dérisoire : environ 50 livres sterling, soit une soixantaine d’euros.
Parmi les protagonistes, Dino Donaldson, 21 ans, et Anojan Gnaneswaran, lui aussi âgé de 21 ans, étudiant en comptabilité. Ce qui aurait pu rester une dispute verbale liée à un trafic de drogue prend une tournure fatale en quelques secondes.
Donaldson sort un couteau. Il frappe Gnaneswaran à plusieurs reprises : à la poitrine, à l’abdomen, à la cuisse. Les coups sont portés avec une violence telle que la victime n’a aucune chance. Anojan Gnaneswaran est déclaré mort sur place par les secours, sur ce quai de gare qu’il n’aurait jamais dû quitter ainsi.
Mais le plus glaçant dans cette affaire n’est pas l’acte lui-même. C’est ce qui s’est passé juste après.
Sourires et aveux filmés dans un bus de nuit

Moins d’une heure après avoir tué un homme, Dino Donaldson monte dans un bus de nuit londonien. Il ne fuit pas dans la panique. Il ne tremble pas. Sur les images de vidéosurveillance, on le voit sourire, rire, parfaitement détendu. Comme si rien ne s’était passé.
Pire encore : il se vante ouvertement du meurtre auprès de l’un de ses associés. Les caméras du bus captent la scène. Sa phrase, citée lors du procès, résume à elle seule le personnage : « Je l’ai poignardé dans le dos, frère, je l’ai complètement poignardé. J’ai senti la lame pénétrer en lui. »
Ces images ont été diffusées lors du procès et ont largement circulé, notamment sur les réseaux sociaux. Elles montrent un individu que rien ne semble atteindre, ni remords, ni peur d’être arrêté. Un comportement qui rappelle d’autres affaires où la froideur des suspects a marqué l’opinion publique.
Trois jours plus tard, les enquêteurs frappent à sa porte. Mais Donaldson n’est pas du genre à ouvrir.
Caché dans un placard au milieu du crack et de l’héroïne
Le 11 janvier 2024, les forces de l’ordre se rendent au domicile de Dino Donaldson, dans l’ouest de Londres. Quand ils entrent, pas de trace du suspect dans les pièces principales. Ils finissent par le retrouver caché dans un placard. Le jeune homme de 21 ans, qui riait dans un bus trois jours plus tôt, se terre désormais comme un fugitif dans sa propre chambre.
Et ce n’est pas tout. En fouillant les lieux, les policiers découvrent 74 sachets de crack et d’héroïne, pour une valeur estimée à plus de 1 000 livres sterling à la revente. Un arsenal de dealer qui confirme ce que l’enquête pointait déjà : Donaldson n’était pas un simple passant impliqué dans une bagarre. Il baignait dans le trafic de stupéfiants, et c’est précisément ce milieu qui a coûté la vie à Anojan Gnaneswaran.
Le profil du meurtrier, entre violence impulsive et économie souterraine, rappelle d’autres faits divers londoniens où la criminalité ordinaire dégénère en drame irréparable. Restait à savoir si la justice allait trancher aussi nettement que les preuves le suggéraient.
Un verdict unanime à l’Old Bailey

Le procès s’est tenu au tribunal de l’Old Bailey, la cour pénale la plus célèbre d’Angleterre, celle où sont jugées les affaires les plus graves du pays. Face aux preuves accumulées — les images de vidéosurveillance, les aveux filmés dans le bus, la drogue retrouvée à son domicile — Dino Donaldson a choisi une ligne de défense simple : nier.
Tout au long du procès, il a refusé d’assumer la responsabilité de ses actes et de reconnaître son crime. Une stratégie qui n’a convaincu personne. Le jury l’a déclaré coupable de meurtre à l’unanimité. Il a été immédiatement placé en détention provisoire dans l’attente de sa condamnation, prévue pour le 19 juin prochain.
Après le verdict, le détective inspecteur en chef Paul Attwell, de la British Transport Police (BTP), n’a pas mâché ses mots : « Ce qui avait commencé comme une dispute au sujet d’un trafic de drogue s’est terminé par la vie d’un jeune homme brutalement interrompue par un voyou sans remords. »
L’enquêteur a également pointé la lâcheté du condamné : « Donaldson a révélé sa vraie nature en s’armant d’un couteau cette nuit-là. Sa lâcheté s’est poursuivie en refusant constamment d’assumer la responsabilité de ses actes. Heureusement, le jury a percé à jour ses mensonges. »
Un étudiant fauché par la violence du trafic de drogue
Anojan Gnaneswaran avait 21 ans. Il étudiait la comptabilité. Sa vie a basculé à cause d’une dispute liée à une transaction de MDMA sur un quai de gare, en pleine nuit. La somme en jeu ? Environ 50 livres, le prix d’un dîner pour deux dans un restaurant londonien.
Son histoire illustre un phénomène qui préoccupe les autorités britanniques depuis des années : la violence liée aux couteaux dans les rues de Londres. En 2024, la capitale anglaise a encore enregistré des centaines d’agressions à l’arme blanche, et les jeunes restent les premières victimes. Le ciblage des jeunes dans ces violences est un schéma récurrent qui ne faiblit pas.
Pour la famille de la victime, le verdict unanime apporte une forme de justice. Mais rien ne ramènera Anojan. Quant à Donaldson, sa peine sera prononcée dans quelques semaines. Au vu de la gravité des faits et de l’absence totale de remords, les observateurs s’attendent à une condamnation exemplaire.
Une chose est certaine : les images de ce jeune homme souriant dans un bus de nuit, une heure après avoir ôté la vie à un autre, resteront gravées dans les mémoires bien au-delà du verdict. Parfois, c’est l’absence d’émotion qui dit tout d’un portrait de meurtrier.