Nouvelle affaire Pelicot : 105 hommes prêts à avoir des rapports avec une femme inconsciente
Dans le film documentaire Prêts à coucher avec une femme endormie, le journaliste Hugo Meunier et la réalisatrice Cloé Giroux arrivent à d’effrayantes conclusions.
Le consentement : une notion qui s’est ancrée dans les mentalités ?
Une perception floue du consentement sexuel malgré l’affaire Mazan. Les actes de Dominique Pelicot et ses complices ont saisi d’effroi l’opinion publique. Si bien que l’affaire a dépassé les frontières françaises et européennes pour être évoquée dans les médias aux quatre coins du monde. Face à un tel retentissement, certains espéraient un changement, ne serait-ce qu’infime, dans les mentalités et une perception plus précise du consentement. Or, il semble que la médiatisation de l’affaire, les témoignages de victimes et les prises de paroles d’experts n’ont rien changé.
C’est en tout cas la conclusion à laquelle arrivent le journaliste québécois Hugo Meunier et la réalisatrice Cloé Giroux. Curieux de savoir comment se porte le consentement dans une ère post-Mazan, ils se livrent à une étude pas comme les autres.
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Pour ce faire, ils créent un profil et publient une annonce sur le site Jalf, plateforme qui se présente comme un espace pour « jouer avec le fantasme ». Comme dans l’affaire Pelicot, le message propose à des hommes d’avoir des rapports sexuels avec une femme endormie (représentée sur deux images générées à l’aide de l’intelligence artificielle). Ils espèrent ainsi mesurer les réactions masculines face à une situation explicitement problématique, un processus que documente leur film Prêts à coucher avec une femme endormie.
105 hommes prêts à tenter l’expérience
Sans surprise, les réponses affluent presque immédiatement. Dans les dix premières minutes, plusieurs hommes se sont déjà manifestés. En 48 heures, ils sont 105 à se presser dans les messages privés du détenteur du compte à l’origine de l’annonce.
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Toujours dans le cadre de l’enquête journalistique, Hugo Meunier pousse l’expérience plus loin et détaille les conditions de la rencontre. Là encore, elles sont similaires à celles imposées par Dominique Pelicot dans l’affaire Mazan. L’occasion de déterminer si ce précédent judiciaire a eu ou non un impact sur le comportement des hommes en ligne.
Dans la grande majorité des échanges, les intéressés ne font pas machine arrière. Seules trois personnes évoquent la nécessité du consentement de l’épouse et une seule mentionne le risque pénal en parlant de viol dans le cas d’un rapport non consenti. Face à l’ampleur des réactions et aux demandes de plus en plus pressantes, le journaliste s’est finalement résolu à supprimer l’annonce deux semaines après sa mise en ligne, ainsi que le profil.