Patrick Bruel accusé de viol : ce qu’il a déclaré aux enquêteurs change tout
Patrick Bruel fait face à des accusations gravissimes. Viol et agression sexuelle : voilà ce que lui reproche une jeune femme qui assure avoir été agressée dans sa propriété de l’Isle-sur-la-Sorgue en 2015. Le chanteur a toujours nié. Mais entre sa première audition en décembre 2021 et la confrontation d’août 2022, sa version a sensiblement évolué. Et c’est justement cette évolution qui intrigue, alors que le parquet de Nanterre vient de rouvrir l’enquête.

Décembre 2021 au Bastion : Patrick Bruel dit ne se souvenir de presque rien
Tout commence dans les locaux de la police judiciaire parisienne, dans le 17e arrondissement. En audition libre, accompagné de son avocat Me Christophe Ingrain, le chanteur est interrogé sur la plainte d’Ophélie Fajfer. Sa réponse est laconique : « Son nom me dit quelque chose. Je ne me souviens pas avoir échangé des choses avec elle. » Il ne se rappelle ni l’avoir embrassée, ni aucun contact physique.
Les enquêteurs insistent. Ils lui font lire les accusations détaillées de la jeune femme, soulignent qu’elle fournit « des détails assez précis ». Des échanges écrits prouvent qu’ils se connaissaient. Le chanteur reconnaît alors qu’elle est venue chez lui, mais maintient n’avoir aucun souvenir d’un quelconque rapprochement charnel. « Je n’ai pas besoin de ça », lâche-t-il. « Ce n’est pas dans ma nature. » Une phrase qui résonne aujourd’hui d’une façon particulière, alors que la question du consentement secoue régulièrement le débat public.
Août 2022 : face à sa plaignante, Bruel modifie sa version des faits
Huit mois plus tard, nouveau rendez-vous au Bastion. Cette fois, il ne s’agit plus d’une simple audition : Patrick Bruel est confronté directement à Ophélie Fajfer. Et d’entrée, il annonce vouloir corriger ses précédentes déclarations. « Devant vous, j’étais abasourdi. Après, j’ai refait le film », explique-t-il aux enquêteurs.
Il admet désormais un baiser dans la piscine, qu’il qualifie de « tout à fait consenti ». Puis décrit un geste de rejet de la jeune femme — mains sur sa poitrine — après lequel il affirme que tout s’est arrêté. De son côté, Ophélie Fajfer livre un récit bien plus grave. Elle décrit un baiser forcé, une colère du chanteur quand elle refuse ses avances, puis une agression sexuelle et un viol survenus dans la piscine alors qu’elle avait 19 ans et n’avait jamais eu de relation intime. Les deux versions sont frontalement opposées, et c’est précisément ce fossé qui alimente la polémique.
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Classée sans suite en 2022, l’enquête du parquet de Nanterre rebondit en 2025
Quand une affaire semble enterrée, elle peut ressurgir au moment où personne ne s’y attend. Le 15 novembre 2022, le parquet de Nanterre classe la procédure sans suite. La formule est sèche : « Infraction insuffisamment caractérisée. » Le procureur écrit à la plaignante que le mis en cause n’a pas reconnu les faits et qu’aucun « élément objectif » ne permet de combattre ses dénégations.
Mais la plaignante, elle aussi, a fait évoluer ses déclarations entre sa plainte initiale du 14 septembre 2021 — où elle disait ne pas avoir été pénétrée — et une audition du 21 octobre suivant, où elle détaille une pénétration digitale. Et voilà qu’en 2025, ce même parquet décide de rouvrir l’enquête de sa propre initiative. Les avocats du chanteur, Me Ingrain et Me Céline Lasek, réaffirment son innocence et soulignent la présence de proches dans la propriété ce jour-là, rendant selon eux « parfaitement impossible » le récit de la plaignante.
Parole contre parole. C’est l’éternel vertige de ces affaires où les preuves manquent, mais où les récits portent une charge immense. Cette fois, Ophélie Fajfer sera accompagnée d’une avocate. Le dossier Bruel est loin d’avoir livré son dernier chapitre — et la justice, elle, repart de zéro. Jusqu’où ira cette nouvelle procédure ?