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Cuise-la-Motte : une septuagénaire traînée sous un poids lourd sur un passage piéton, le chauffeur en garde à vue

Publié par Cassandre le 07 Mai 2026 à 8:03

Ce mardi 6 mai, une femme de 77 ans a perdu la vie dans des circonstances effroyables à Cuise-la-Motte, dans l’Oise. Happée dans l’angle mort d’un semi-remorque alors qu’elle traversait la RN31, la septuagénaire a été traînée sous les roues du camion avant d’être écrasée. Le conducteur, un routier serbe en état de choc, a été placé en garde à vue. Une enquête pour homicide routier est ouverte.

Un feu tricolore, des camions au pas et une traversée fatale

Il était environ 9h30 quand le drame s’est produit. Sur la RN31, à hauteur du bar Le Memeneto, le trafic routier avançait lentement. Un feu tricolore situé à une centaine de mètres ralentit régulièrement la circulation dans ce bourg de 2 000 habitants. Les poids lourds roulaient « à petits pas », comme l’a expliqué le maire Renaud Bourgeois au Parisien.

Route nationale traversant le bourg de Cuise-la-Motte avec poids lourds

C’est dans ce contexte que la victime, résidente de la commune voisine de Trosly-Breuil, s’est engagée entre plusieurs camions pour traverser la chaussée. Selon les premiers éléments recueillis par le parquet de Compiègne, elle se serait avancée « devant le camion qui était en mouvement ». Un geste qui, en quelques secondes, a tourné au cauchemar.

La question de la sécurité des piétons sur les routes nationales traversant des bourgs se pose une nouvelle fois. Et les éléments fournis par la vidéosurveillance pourraient changer la compréhension de ce drame.

L’angle mort du semi-remorque, un piège mortel

Le chauffeur du poids lourd n’aurait tout simplement pas vu la piétonne. Selon le maire de Cuise-la-Motte, la septuagénaire se trouvait dans l’angle mort du camion au moment de l’impact. Une zone aveugle que les conducteurs de semi-remorques connaissent bien, mais qui reste un danger permanent pour les usagers vulnérables de la route.

Angle mort d'un semi-remorque sur une route de village

« Elle a été traînée sous les roues puis écrasée par le véhicule », a décrit l’édile, rapportant les premiers constats sur place. Un pompier, présent au moment des faits, a immédiatement tenté un massage cardiaque. Malgré cette intervention rapide, la victime est décédée sur les lieux de l’accident. Ses blessures étaient trop graves. Ce type d’accident impliquant un poids lourd laisse malheureusement très peu de chances de survie aux piétons et cyclistes.

Le parquet de Compiègne a ouvert une enquête pour homicide routier. Les gendarmes ont pris le contrôle de la scène et des investigations minutieuses ont débuté dès les premières heures.

Un routier serbe en état de choc, incapable de s’exprimer

De l’autre côté du drame, le conducteur du semi-remorque. Un routier de nationalité serbe qui, selon plusieurs témoignages, n’a réalisé ce qui s’était passé qu’après coup. Quand il a compris, l’homme « tremblait de peur », selon les mots du maire.

Les pompiers l’ont d’abord pris en charge pour un examen médical. Un chauffeur routier peut parfois rouler de longues heures sans pause, mais ici, c’est le choc psychologique qui inquiétait les secours. Le routier a ensuite été placé en garde à vue par les gendarmes.

Problème supplémentaire : l’homme ne parle pas français. Les enquêteurs ont dû attendre les services d’un interprète avant de pouvoir commencer l’audition. Son véhicule a été saisi dans la foulée, comme le veut la procédure dans ce type d’affaire. Chaque détail compte, et les responsabilités restent entièrement à déterminer.

La vidéosurveillance a tout filmé

Dans ce genre de drame, la parole des uns et des autres ne suffit pas toujours à reconstituer la vérité. Mais cette fois, un élément pourrait tout changer. Selon la mairie de Cuise-la-Motte, l’accident a été « parfaitement bien filmé » par les caméras de vidéosurveillance installées à proximité.

Caméra de vidéosurveillance dans une commune de l'Oise

Ces images seront cruciales pour l’enquête. Elles permettront de déterminer avec précision la vitesse du camion au moment de l’impact, la position exacte de la piétonne sur la chaussée, et si le conducteur avait ou non une possibilité de la voir à temps. Les recommandations en matière de sécurité routière insistent régulièrement sur la vigilance accrue nécessaire dans les zones où piétons et poids lourds cohabitent.

Par ailleurs, les gendarmes devaient revenir sur les lieux de l’accident dans la nuit de mardi à mercredi pour effectuer des relevés topographiques. L’objectif : cartographier précisément la scène, mesurer les distances, analyser les trajectoires. Autant d’éléments techniques qui viendront compléter les images vidéo.

Un axe routier déjà dans le viseur des habitants

Pour les résidents de Cuise-la-Motte, ce drame n’est pas une surprise totale. La RN31 qui traverse le bourg est un axe très fréquenté par les poids lourds. Le feu tricolore situé à l’intersection crée régulièrement des ralentissements, et les piétons doivent composer avec un trafic dense pour traverser.

La question du stationnement autour des passages piétons et de l’aménagement des traversées dans les bourgs ruraux traversés par des routes nationales revient régulièrement sur la table. Quand des camions de plusieurs tonnes circulent à quelques mètres des terrasses de café, la cohabitation avec les piétons est un exercice périlleux au quotidien.

Ce qui s’est passé à Cuise-la-Motte rappelle tristement d’autres accidents mortels impliquant des piétons sur des axes routiers où la vitesse et le gabarit des véhicules laissent peu de marge d’erreur. Une piétonne percutée sur une voie rapide près de Perpignan avait déjà suscité l’émotion il y a quelques mois.

L’enquête devra trancher sur les responsabilités

Le ministère public l’a précisé : l’enquête ouverte pour homicide routier devra déterminer les responsabilités exactes et préciser toutes les circonstances de cet accident. Plusieurs questions restent en suspens. Le feu était-il vert pour le camion ? La victime a-t-elle traversé en dehors du passage piéton ? Le chauffeur roulait-il à une vitesse adaptée à la configuration des lieux ?

Les dispositifs d’alerte pour piétons équipent de plus en plus de véhicules neufs, mais les semi-remorques anciens en sont rarement dotés. L’angle mort reste le talon d’Achille de ces mastodontes de la route. Et quand un piéton s’y retrouve piégé, les conséquences sont presque toujours irréversibles.

La garde à vue du routier serbe permettra, avec l’aide de l’interprète, de recueillir sa version des faits. Les résultats des analyses toxicologiques éventuelles, combinés aux images de vidéosurveillance et aux relevés topographiques, dessineront progressivement le tableau complet de ce drame. En attendant, une femme de 77 ans ne rentrera plus chez elle à Trosly-Breuil. Et tout un bourg de l’Oise est sous le choc.

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