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Il retire 50 €, mais le distributeur ne lui remet que 10 € : une erreur technique touche une trentaine de clients

Publié par Killian Ravon le 28 Jan 2026 à 13:41

Un retrait d’espèces est censé être une routine. Pourtant, à Bertamiráns, en Galice, un distributeur de billets a déclenché une série de plaintes et une intervention policière.

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Un client constate l’écart entre le montant demandé au distributeur et le billet reçu, après un retrait d’espèces.
Distributeur de billets : un client tient un billet de 10 € et un reçu après avoir demandé 50 €.

Derrière ce qui ressemble d’abord à une mauvaise blague, une vraie question se pose : comment prouver ce qui s’est passé et récupérer son argent ?

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Bertamiráns, près de Saint-Jacques-de-Compostelle, où l’incident a été signalé. Crédit : Luis Miguel Bugallo Sánchez (Lmbuga).
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Quand le “simple retrait” se transforme en mauvais scénario

On pense connaître le geste par cœur. Carte, code, montant, puis ce bruit sec des billets qui sortent. En quelques secondes, l’affaire est réglée. C’est précisément cette banalité qui rend le moindre incident si déstabilisant.

Car au distributeur, tout va vite. Beaucoup de gens comptent leurs billets en marchant. Certains rangent le ticket sans le regarder. D’autres n’en prennent pas. Et quand on s’aperçoit d’un problème, il est souvent trop tard : la machine a déjà enregistré l’opération, et l’utilisateur n’a, en apparence, que sa parole.

Ces dernières années, la baisse de l’usage du cash n’a pas fait disparaître ce réflexe. Au contraire, les espèces restent une solution de secours. Et dans de nombreuses communes, c’est même parfois le moyen le plus simple pour payer un petit service, un marché, ou gérer un budget au jour le jour. Selon la Banque de France, les Français continuent d’apprécier les espèces, même si leur usage recule face aux paiements électroniques.

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Dans ce contexte, un distributeur qui “se trompe” n’est pas qu’un détail. C’est un incident concret, avec un impact immédiat sur le porte-monnaie.

Les distributeurs automatiques peuvent connaître des pannes… ou des erreurs de chargement. Crédit : Panoramio contributor.

Bertamiráns, aux portes de Saint-Jacques-de-Compostelle

Bertamiráns se situe dans la commune d’Ames, près de Saint-Jacques-de-Compostelle. La zone est vivante, avec des commerces, une activité locale, et un flux régulier de passants. C’est typiquement l’endroit où un distributeur est utilisé toute la journée, par des habitants comme par des personnes de passage.

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Et c’est aussi le genre de lieu où un problème se propage très vite. Un voisin en parle à l’autre. Un commerçant prévient sa clientèle. Et en quelques heures, ce qui n’était qu’un retrait “bizarre” devient un sujet partagé dans tout le quartier.

C’est exactement ce qui s’est produit quand les premiers signalements ont commencé à remonter, entraînant une alerte locale et des démarches auprès des autorités.

La vie locale à Bertamiráns, commune d’Ames, en Galice. Crédit : L.Miguel Bugallo Sánchez (Lmbuga).
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Pourquoi l’incident tombe au pire moment

Le fait peut sembler anecdotique, mais il arrive dans une période où l’accès au cash devient un sujet sensible. Dans la zone euro, les habitudes changent. L’étude SPACE de la Banque centrale européenne montre que l’usage du cash recule, même s’il reste très présent selon les pays et les profils.

En parallèle, plusieurs États et banques réorganisent les réseaux de distributeurs, pour des raisons de coûts, de sécurité et de fréquentation. En France, par exemple, la question du maillage et de la mutualisation des DAB est devenue un vrai sujet public.

Résultat : quand un distributeur dysfonctionne, il ne s’agit pas seulement d’un bug. Cela renvoie à une inquiétude plus large : dépendre d’une machine, dans un système où les guichets se raréfient et où les paiements deviennent de plus en plus numériques.

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C’est là que l’histoire de Bertamiráns prend une autre dimension.

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Le “cajero ladrón” : ce que les plaignants ont raconté

Pendant plusieurs jours, des utilisateurs ont affirmé avoir reçu moins d’argent que la somme demandée. Au total, 34 plaintes ont été enregistrées, selon les informations rapportées par Informativos Telecinco et reprises localement.

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Le distributeur concerné se trouvait sur l’Avenida da Mahía, un axe important de la commune. Les autorités locales ont relayé l’alerte, et la police a fini par sceller l’appareil pour éviter d’autres retraits à problème.

À ce stade, beaucoup ont d’abord pensé à une arnaque. Parce que dans l’imaginaire collectif, un distributeur qui “vole” de l’argent, ça existe. On entend parler de skimming, de pièges sur la fente, de systèmes pour bloquer les billets. Sauf qu’ici, les témoignages pointaient tous vers le même type d’écart, comme si la machine distribuait “la bonne quantité”… dans la mauvaise valeur.

Et c’est précisément ce détail qui a permis de comprendre la mécanique.

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Second serie 5, 10, 20, 50 Euro banknotes

Ce qui s’est vraiment passé dans le distributeur de billets

Selon la société en charge et les éléments rapportés par Telecinco, le problème ne venait pas d’un piratage, mais d’une erreur de chargement : une “incorrecte manipulation des cassettes” du distributeur. En clair, les compartiments destinés à certaines coupures n’étaient pas placés comme prévu.

Résultat : au lieu de délivrer des billets de 50 euros, l’appareil distribuait des billets de 10 euros à la place. Les personnes repartaient donc avec une somme bien inférieure, tout en ayant validé un retrait “normal” à l’écran.

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Un élu local, interrogé par COPE, a illustré l’impact avec un exemple parlant : un retrait demandé à 250 euros aurait abouti à la remise de cinq billets de 10 euros, au lieu de cinq billets de 50.

Du côté de l’entreprise, NCR a reconnu l’erreur et évoqué une procédure de remboursement via la banque du client. Telecinco cite notamment le mécanisme de “chargeback”, avec vérification de la réclamation avant recrédit.

En parallèle, la police locale a encouragé les personnes concernées à se manifester pour constituer une liste de victimes et traiter le dossier plus efficacement.

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50 euro banknotes 20190226

Erreur technique ou fraude : pourquoi il faut vérifier les deux pistes

Même quand une explication technique existe, l’utilisateur a intérêt à rester prudent. Parce qu’au distributeur, plusieurs scénarios peuvent se superposer.

Il y a d’abord l’incident matériel. Un billet peut rester coincé. Les billets peuvent être “ravalés” si l’on tarde trop. Ou la machine peut être à court de certaines coupures. TF1 Info rappelle par exemple le principe de billets récupérés automatiquement après quelques secondes, selon les banques.

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Il y a ensuite la fraude. Certaines méthodes consistent à bloquer la sortie des billets, pour que l’argent soit capturé puis récupéré après le départ de la victime. C’est ce qu’on appelle souvent le “cash trapping” dans les alertes de prévention en Espagne.

Et puis il y a le cas, plus rare mais redoutable, où tout semble cohérent sur le moment… sauf la valeur des billets. C’est exactement ce qu’a vécu Bertamiráns, avec une erreur de cassettes qui a imité, aux yeux de certains, le scénario d’une arnaque.

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Dans tous les cas, une règle s’impose : agir vite, et laisser des traces.

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Distributeur de billets : les réflexes qui protègent votre remboursement

Le premier réflexe est simple : compter les billets immédiatement, face au distributeur. Ce n’est pas une manie. C’est une preuve potentielle, car la zone est presque toujours sous caméra. Ensuite, il faut garder tout ce qui peut documenter l’opération : ticket si disponible, heure précise, adresse du distributeur, et montant affiché.

Si l’agence est ouverte, entrer tout de suite pour signaler le problème. Si elle est fermée, noter les informations et appeler dès que possible. BNP Paribas conseille par exemple de contacter rapidement l’agence à laquelle appartient le distributeur pour comprendre ce qui s’est passé et enclencher la démarche.

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Côté démarches officielles, Service-Public insiste sur la réclamation écrite si l’agence n’est pas accessible, avec les éléments de preuve disponibles, comme le relevé de compte et le ticket de retrait. Le remboursement peut ensuite intervenir après vérification.

Et si la réponse tarde ou si un désaccord apparaît, il existe des recours. En France, le médiateur bancaire peut être saisi en cas de litige persistant, ce que plusieurs guides grand public rappellent régulièrement.

À Bertamiráns, la consigne était similaire : passer par sa banque, qui transmet ensuite la demande à l’opérateur du distributeur, afin de confirmer l’écart et procéder au recrédit.

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Ce que cette histoire dit de notre dépendance aux machines

L’épisode a fait sourire, parce qu’il a été surnommé “cajero ladrón”, le “distributeur voleur”. Mais il rappelle surtout une réalité : l’argent liquide reste une infrastructure. Quand elle se grippe, ce sont des vies ordinaires qui se compliquent, immédiatement.

Et il y a un dernier enseignement, presque paradoxal. Dans une époque où le cash circule moins, chaque retrait compte davantage. On le remarque plus. On le discute plus. Et on attend, logiquement, une fiabilité totale.

À Bertamiráns, l’affaire devrait se résoudre par des remboursements. Mais pour les 34 personnes concernées, le souvenir restera le même : ce moment où la machine a rendu des billets “corrects”… sans être les bons.

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