Elle traite son patron de « connard » et empoche 17 000 euros au tribunal
Des échanges tendus suivis d’un licenciement poussent la britannique Kerrie Herbert à entamer une action en justice à l’encontre de Main Group Services.
Une salariée angoissée et des patrons désemparés
Un verdict inattendu. Les tensions entre salariés et supérieurs hiérarchiques débouchent généralement sur un licenciement. Un dénouement qui devient inévitable quand les échanges incluent des cris et des insultes. En Angleterre, Kerrie Herbert n’a pas dérogé à la règle. Employée depuis 2018 par Main Group Services, une entreprise d’échafaudages et de maçonnerie, elle travaille aux côtés de sa belle-sœur et son beau-frère qui occupent respectivement les postes de directrice des opérations et directeur général.
Si les premières années se déroulent — presque – sans encombres, la carrière de Kerrie Herbert prend une tournure inattendue quand, dans le cadre de ses fonctions, elle est amenée à fouiller les tiroirs du directeur. C’est alors qu’elle découvre des documents relatifs aux frais liés à son emploi. Une découverte « extrêmement bouleversante » pour l’employée, qui pense alors être en instance de licenciement.
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Dans la foulée, son supérieur la réprimande sur ses performances au détour d’une réunion : il lui fait part de son mécontentement et celui de sa femme concernant sa méthode de travail. Il lui communique ensuite les plaintes des fournisseurs, qui déplorent de ne pas être payés à temps. Autant de remontrances qui la confortent dans ce sentiment de renvoi imminent.
« Ne m’appelez pas connard »
Chamboulée par les réprimandes de ses supérieurs, Kerrie Herbert fond en larmes et rétorque avec violence. « Si quelqu’un d’autre était dans cette situation, il aurait démissionné depuis des années à cause de ce qui se passe au bureau, mais c’est uniquement à cause de vous deux, bande de cons, que je reste », leur lance-t-elle. Ce à quoi l’homme lui aurait répondu : « Ne m’appelez pas ‘connard’, ni ma femme. C’est fini, vous êtes viré. Faites vos bagages et foutez le camp ».
Licenciée dans la foulée, Kerrie ne se laisse pas démonter et entame une procédure à l’encontre de son entreprise. Elle soutient avoir été victime de licenciement abusif et assure qu’elle a traité son supérieur de « connard » pour plaisanter. De son côté, l’entreprise déclare qu’elle l’a licenciée pour mauvaise performance au travail.
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Des arguments qui ne parviennent pas à convaincre la Cour, qui estime que l’entreprise n’a pas « agi raisonnablement dans toutes les circonstances en considérant [sa] conduite comme une raison suffisante pour la licencier ». Elle condamne ainsi Main Group Services à verser 15 000 livres sterling (environ 17 300 euros) d’indemnisation et à débourser 15 000 livres sterling supplémentaires pour l’aider à couvrir ses frais de justice. Une sentence qu’ils n’oublieront pas de sitôt.
Calling Boss a Dickhead Was Not a Sackable Offense, Tribunal Rules https://t.co/1y7rqi2g1K
— Slashdot (@slashdot) September 4, 2025