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Elle tombe enceinte de jumeaux identiques : même l’ADN ne peut pas désigner le père

Publié par Mathieu le 04 Avr 2026 à 8:57

L’histoire semble tirée d’un film, et pourtant elle est bien réelle. Au Royaume-Uni, une femme a eu des rapports sexuels avec deux frères jumeaux identiques à quelques jours d’intervalle. Quand elle est tombée enceinte, une question vertigineuse s’est posée : qui est le père ? Spoiler — personne ne peut répondre. Pas même la science.

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Des relations à quatre jours d’écart… et un bébé

Femme enceinte inquiète assise dans un salon

Tout commence par une situation intime que beaucoup jugeraient improbable. Cette femme a eu des relations sexuelles avec deux hommes différents dans un laps de temps très court. Quatre jours, pour être précis. Le détail qui change tout : ces deux hommes sont des jumeaux monozygotes. De vrais jumeaux, issus du même œuf, partageant un ADN quasi identique.

D’après la décision de justice relayée par Sky News, les deux frères ont eu des rapports avec elle « dans les quatre jours l’un de l’autre, le mois où l’enfant a été conçu ». Résultat : chacun des deux avait exactement la même probabilité d’être le père biologique du bébé.

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La situation, déjà complexe sur le plan personnel, allait très vite devenir un véritable casse-tête scientifique et juridique. Car là où un simple test ADN suffit habituellement à trancher, cette affaire a mis en lumière une faille inattendue de la génétique moderne.

Quand les tests ADN deviennent totalement inutiles

Scientifique analysant des résultats ADN en laboratoire

Dans l’immense majorité des litiges de paternité, un test génétique règle la question en quelques jours. On compare l’ADN de l’enfant avec celui du père supposé, et la réponse tombe avec une certitude proche de 100 %. Sauf que cette mécanique bien rodée a un angle mort : les jumeaux identiques.

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Les jumeaux monozygotes partagent un patrimoine génétique quasiment identique. Les tests classiques ne peuvent pas faire la différence entre eux. C’est comme si vous demandiez à un détective de distinguer deux empreintes digitales parfaitement superposées. La science a beau être puissante, elle bute ici contre les lois mêmes de la biologie.

Le tribunal l’a formulé sans détour : « Actuellement, la vérité sur la paternité de l’enfant est que le père est l’un ou l’autre de ces deux jumeaux identiques, mais il n’est pas possible de dire lequel. » Une phrase qui résume, en une ligne, l’impasse totale dans laquelle se trouvent la mère, les deux frères… et la justice. On est loin des affaires classiques de filiation contestée que l’on connaît.

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Une bataille juridique hors norme au Royaume-Uni

Intérieur d'un tribunal britannique avec documents juridiques
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Ce qui aurait pu rester une affaire privée a rapidement pris une tournure judiciaire. L’un des deux jumeaux avait été inscrit comme père sur l’acte de naissance de l’enfant. Mais la mère et l’autre frère ont contesté cette décision devant les tribunaux britanniques.

Au cœur du débat : la responsabilité parentale. Peut-on vraiment attribuer le statut de père à un homme alors qu’il est rigoureusement impossible de prouver qu’il est le géniteur ? Le tribunal a finalement tranché. L’inscription n’était pas valable. Le juge a estimé que cet homme « n’avait pas le droit » d’être enregistré comme père, et toute responsabilité parentale associée a été suspendue.

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Mais attention — le juge a tenu à nuancer son propos avec une précision importante : « Le fait de ne pas prouver un fait signifie que ce fait n’est pas prouvé. Cela ne signifie pas que le contraire est prouvé. » Autrement dit, ce n’est pas parce qu’on ne peut pas identifier le père qu’aucun des deux ne l’est. La vérité existe bel et bien. Elle est simplement hors de portée. Pour l’instant.

Un mystère que seule la science du futur pourrait résoudre

Deux mains identiques avec une main de bébé au centre
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Si cette histoire donne le vertige, elle pose aussi une question fascinante pour la recherche. Pourra-t-on un jour différencier deux jumeaux identiques par leur ADN ? Les scientifiques pensent que oui, mais pas tout de suite.

Des techniques de séquençage ultra-poussées existent déjà en laboratoire. Elles permettent de détecter des micro-mutations apparues après la séparation des embryons jumeaux. Ces variations sont infimes — quelques lettres dans un code génétique de trois milliards — mais elles existent. Le problème, c’est que ces analyses restent extrêmement complexes et coûteuses. Bien trop pour être utilisées dans le cadre d’un procès ordinaire.

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Le jugement lui-même mentionne cette piste : « Il est possible, voire probable, qu’au moment où l’enfant atteint la maturité, la science puisse identifier un père. » Un espoir, donc, mais qui pourrait prendre des années, voire des décennies. En attendant, cet enfant grandit sans que personne ne puisse lui dire avec certitude qui est son père biologique. Une situation que l’on retrouve aussi, sous d’autres formes, dans des histoires incroyables liées aux jumeaux.

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Une affaire qui interroge nos certitudes sur l’ADN

On a tendance à penser que l’ADN est la preuve ultime, la réponse définitive à toutes les questions d’identité. Les séries policières nous ont habitués à croire qu’un cheveu ou une goutte de sang suffit à confondre n’importe qui. Et dans l’écrasante majorité des cas, c’est vrai.

Mais cette affaire britannique rappelle que la science a ses limites. Quand la nature produit deux individus génétiquement identiques, même les outils les plus sophistiqués se retrouvent à court d’arguments. C’est une leçon d’humilité pour la biologie moderne, qui excelle dans tant de domaines mais bute encore sur certains cas exceptionnels. Une problématique qui n’est pas sans rappeler les débats autour de l’identification ADN de Jack l’Éventreur.

Pour la mère et les deux frères, la situation reste en suspens. L’enfant, lui, grandit dans un flou juridique et biologique rarissime. Et tant que la technologie ne progressera pas suffisamment, personne — ni juge, ni généticien, ni parent — ne pourra mettre un nom sur la case « père » de son acte de naissance.

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Une chose est sûre : quand la science finira par rattraper cette affaire, le monde entier aura les yeux rivés sur le résultat. D’ici là, cette histoire reste l’un des cas de paternité les plus extraordinaires jamais portés devant un tribunal. Et une preuve que la réalité dépasse parfois, très largement, la fiction.

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