Coupé en deux par un chariot élévateur, Loren répond à la question que tout le monde lui pose sur son couple

En septembre 2019, Loren Schauers conduisait un chariot élévateur sur un pont du Montana quand l’engin a dévié de sa trajectoire. La chute de plus de 15 mètres a changé sa vie à jamais. Pour le sauver, les médecins ont dû amputer tout ce qui se trouvait en dessous de sa taille, ainsi que son avant-bras droit. Aujourd’hui marié à Sabia, Loren apparaît dans un documentaire TLC — et il répond enfin à la question que des milliers de personnes lui posent.
Une chute de 15 mètres et un choix impossible pour les chirurgiens
Ce jour-là, Loren avait à peine 19 ans. Le chariot élévateur qu’il manœuvrait a quitté le tablier du pont et l’a entraîné dans une chute vertigineuse. L’impact a été si violent que les chirurgiens n’ont eu d’autre option que d’amputer la totalité du bas de son corps. Son avant-bras droit a également été sacrifié pour éviter une infection généralisée.
Là où d’autres auraient sombré, Loren a choisi de documenter sa nouvelle réalité aux côtés de sa compagne Sabia. Le couple publie régulièrement des vidéos de leur quotidien, entre séances de rééducation, moments de tendresse et défis logistiques que personne n’imagine. Leur transparence leur a valu une communauté fidèle — et beaucoup de questions indiscrètes.
C’est justement pour répondre à ces questions que Loren a accepté de participer au programme One Day in My Body, diffusé sur TLC le 15 avril dernier. Une question revient plus souvent que toutes les autres — et elle concerne un sujet très intime.
« On n’est pas différents d’un couple ordinaire »
Interrogé par le New York Post, Loren a abordé frontalement la question de sa vie sexuelle. Sa réponse est d’une simplicité désarmante : « Quand il s’agit d’intimité, on n’est pas différents d’un couple ordinaire. »
Il a précisé : « Je n’ai peut-être pas toutes les parties dont j’aurais besoin, mais ça ne change rien à la façon dont on est intimes, dont on s’aime ou dont on se montre de l’affection. » Pas de pathos, pas de discours inspirationnel formaté. Juste un mec qui explique que l’amour s’adapte, point.
Sabia, de son côté, a tenu à poser une limite. C’est une « question très personnelle », a-t-elle rappelé, ajoutant qu’on « ne demanderait pas à un couple dans la rue comment il fait l’amour ». Difficile de lui donner tort. Mais derrière cette pudeur légitime, le couple a conscience que leur visibilité aide d’autres personnes dans des situations similaires.
La question de l’intimité ne représente pourtant pas le combat le plus douloureux de Loren. Ce qui l’a brisé, c’est un autre verdict médical.
Le rêve d’être père, mis entre parenthèses
De toutes les annonces qu’il a dû encaisser après l’accident, Loren confie que l’une des plus difficiles a été d’apprendre qu’il ne pourrait jamais avoir d’enfants biologiquement. Pour un homme de moins de 25 ans, marié à la femme qu’il aime, le coup est brutal.
Le couple a évoqué des alternatives : l’adoption ou le recours à un donneur. Mais la réalité quotidienne complique sérieusement ce projet. Sabia assume seule le rôle d’aidante auprès de Loren, ce qui représente une charge considérable. Tant qu’ils ne pourront pas financer un auxiliaire de vie pour prendre le relais, fonder une famille reste hors de portée.
Mariés depuis 2021, ils avancent ensemble malgré tout. Loren a expliqué que seule une épargne suffisante pour payer un aidant professionnel leur permettrait d’envisager sérieusement la parentalité. Un obstacle financier qui s’ajoute à une liste déjà longue de défis médicaux.
Car au-delà de la question de la parentalité, le corps de Loren continue de lui envoyer des signaux d’alerte inquiétants.
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Des infections à répétition et une course contre la montre
Pendant le tournage de One Day in My Body, Loren luttait contre une infection rénale. Ce n’est pas un épisode isolé. Son corps, amputé de la majorité de ses organes internes inférieurs, est particulièrement vulnérable aux infections urinaires et rénales chroniques.

Sabia a confié sa plus grande peur : que Loren devienne résistant à tous les antibiotiques et finisse par développer une insuffisance rénale. Quand on sait que la septicémie peut tout emporter en quelques jours, son inquiétude prend une dimension très concrète.
Malgré cette épée de Damoclès, Loren refuse de se projeter dans le pire. Son objectif affiché ? Vivre jusqu’à 80 ans. Ambitieux quand on considère sa condition médicale, mais cohérent avec l’état d’esprit d’un homme qui a déjà survécu à ce que la plupart considèreraient comme un arrêt de mort.
Le couple travaille actuellement sur « plusieurs choses pour améliorer son indépendance », sans donner plus de détails. Chaque petit gain d’autonomie est une victoire — pouvoir se déplacer seul quelques mètres, réduire la dépendance vis-à-vis de Sabia, gagner en dignité quotidienne.
Pourquoi Loren a choisi d’exposer sa vie devant les caméras
On pourrait trouver étrange qu’un homme amputé de la moitié de son corps accepte de passer à la télévision. Loren a une réponse très claire : « J’ai voulu participer à One Day in My Body pour montrer à d’autres personnes dans des situations similaires qu’on peut encore vivre une vie pleine, même après avoir traversé quelque chose de douloureux et terrible. »
Il ajoute un élément important : « Je pense qu’il est essentiel de montrer à la fois le bon et le mauvais de la vie avec un handicap. » Pas de filtre Instagram, pas de récit uniquement positif. Loren montre les infections, la fatigue, les frustrations — autant que les rires et les moments de complicité avec Sabia.
Cette approche tranche avec la tendance habituelle des réseaux sociaux à glamouriser le handicap. Ici, pas de « super-héros en fauteuil » ni de « leçon de vie inspirante ». Juste un couple qui navigue dans un quotidien objectivement compliqué, avec une honnêteté qui force le respect.
Son histoire rappelle celle d’autres jeunes dont la vie a basculé du jour au lendemain. Flavio, 17 ans, a cru à un simple virus avant de se retrouver amputé à cause d’une méningite. Penelope, 10 ans, a perdu ses quatre membres après une simple tache violette sur le genou. Des destins différents, mais un point commun : l’urgence de continuer à vivre malgré l’impensable.
Un couple que rien n’a réussi à briser
Sabia et Loren se sont mariés deux ans après l’accident. Elle avait parfaitement conscience de ce qui l’attendait. Lui savait qu’il lui demandait un sacrifice énorme — devenir à la fois épouse et aidante, sans véritable répit. Leur relation est régulièrement scrutée et commentée sur les réseaux, parfois avec bienveillance, souvent avec une curiosité malsaine.
Pourtant, ce qui frappe dans leurs témoignages, c’est l’absence totale de victimisation. Loren ne demande pas de pitié. Sabia ne joue pas la martyre. Ils parlent de leur quotidien comme n’importe quel couple parlerait du sien — avec des hauts, des bas, et la conviction que ce qu’ils construisent ensemble a de la valeur.
En acceptant de répondre aux questions les plus intimes devant des millions de téléspectateurs, Loren Schauers fait bien plus que du divertissement. Il normalise une réalité que la plupart des gens préfèrent ne pas regarder en face. Et quand on lui demande comment il fait, sa réponse tient en une phrase : on s’adapte, on s’aime, on avance.