« C’est le record ! » : une Malienne détrône Octomom avec neuf bébés nés en une seule fois
Pendant seize ans, une Américaine détenait le titre de la femme ayant donné naissance au plus grand nombre d’enfants survivants en une seule fois. Mais une jeune mère malienne vient de lui ravir cette place avec un bébé de plus — et une histoire qui a mobilisé deux pays entiers pour un accouchement hors norme.
Octomom : le record qu’on croyait intouchable
Natalie Denise Doud-Suleman, surnommée « Octomom », avait marqué l’histoire de l’obstétrique le 26 janvier 2009. Cette Américaine avait alors mis au monde huit bébés d’un coup, tous conçus par fécondation in vitro. Ses octuplés étaient la deuxième fratrie de ce type née aux États-Unis, mais avec une particularité décisive : les huit nourrissons avaient tous survécu plus d’une semaine après l’accouchement.

Ce critère de survie est fondamental. Le Guinness des records ne se contente pas de compter les naissances : il exige que les enfants restent en vie pour valider un titre. C’est précisément cette règle qui avait permis à Octomom de décrocher son record, face à d’autres grossesses multiples dont l’issue avait été tragique. Ses huit enfants ont aujourd’hui 17 ans et se portent bien.
Mais l’histoire avait déjà montré que la barre pouvait être placée plus haut — à condition que la médecine suive. Et c’est exactement ce qui s’est produit à des milliers de kilomètres de la Californie.
Les nonuplés fantômes de l’histoire
Avant Halima Cissé, deux femmes avaient déjà donné naissance à neuf enfants en même temps. En 1971, en Australie, une mère avait accouché de nonuplés. Puis en 1999, un cas similaire avait été documenté en Malaisie. Dans les deux situations, aucun des bébés n’avait survécu au-delà de quelques jours. Ces drames illustrent la dangerosité extrême de ce type de grossesse : chaque fœtus supplémentaire réduit drastiquement les chances de survie pour l’ensemble de la fratrie.
Les naissances prématurées, quasi inévitables dans ces cas, exposent les nourrissons à des infections sévères et à une immaturité pulmonaire souvent fatale. Sans infrastructure médicale de pointe, le pronostic est sombre. C’est d’ailleurs ce qui a failli compromettre l’accouchement de la jeune Malienne — avant qu’une décision diplomatique ne change la donne. Si les chiffres du corps humain réservent souvent des surprises, celui-ci défie l’entendement médical.
Un transfert d’urgence entre deux pays
Halima Cissé avait 25 ans en 2021 quand les médecins maliens ont réalisé l’ampleur de sa grossesse. Les échographies laissaient entrevoir sept fœtus — un chiffre déjà extraordinaire. Mais les équipements disponibles au Mali ne suffisaient pas à gérer une telle situation. Le gouvernement malien, par l’intermédiaire du ministre de la Santé Fanta Siby, a alors pris une décision rare : organiser le transfert de la jeune femme vers une clinique spécialisée au Maroc.

Selon les informations de la BBC, c’est dans cet établissement marocain que la surprise est tombée. Ce n’étaient pas sept bébés qui attendaient de naître, mais bien neuf. L’écart entre le diagnostic initial et la réalité donne la mesure de la complexité de cette grossesse. Chaque naissance multiple au-delà de six enfants est considérée comme un événement médical exceptionnel, comparable à certains records de naissance qui défient l’imagination.
Ce déploiement international n’était pas un simple geste symbolique. Il a probablement sauvé dix vies.
Cinq filles, quatre garçons — tous en vie
L’accouchement a donné naissance à cinq filles et quatre garçons, tous en parfaite santé selon les premières observations médicales. Le ministre malien de la Santé a publiquement félicité les équipes des deux pays, saluant une coordination exemplaire entre les praticiens maliens et marocains. Cette coopération médicale internationale reste à ce jour l’un des aspects les plus remarquables de l’histoire.
Contrairement aux octuplés d’Octomom, conçus par fécondation in vitro, la grossesse de Halima Cissé soulève des questions différentes. En Afrique, l’usage de traitements de fertilité peut favoriser des ovulations multiples, mais ce type de grossesse survient aussi naturellement, bien que de manière extrêmement rare. Les spécialistes rappellent que ces situations présentent des risques considérables tant pour la mère que pour les enfants. Les nonuplés de Halima Cissé ont depuis bien grandi, et leur évolution fascine le monde entier.
La réaction du père des neuf enfants a ajouté une touche d’émotion brute à cette histoire déjà hors du commun.
« Je suis très heureux »
Dans un entretien accordé à la BBC, le père des nonuplés n’a pas cherché les formules compliquées. « Je suis très heureux », a-t-il simplement déclaré, confirmant que son épouse et les neuf bébés se portaient bien. Derrière cette phrase sobre se cache une réalité vertigineuse : élever neuf enfants nés le même jour, dans un pays où le revenu moyen mensuel dépasse à peine 70 euros.

La question des charges liées aux familles très nombreuses se pose évidemment avec une acuité particulière. Au Mali, il n’existe pas de système d’allocations comparable à celui des pays européens. La solidarité familiale et communautaire joue un rôle central, mais l’ampleur de cette fratrie dépasse tous les cadres habituels.
Pourquoi ce record est différent de tous les autres
Le Guinness des records a officiellement validé le titre de Halima Cissé comme la femme ayant donné naissance au plus grand nombre d’enfants survivants en une seule grossesse. Ce qui distingue fondamentalement ce record des précédentes tentatives, c’est le critère de viabilité. En 1971 comme en 1999, des nonuplés étaient nés — mais aucun n’avait tenu. Les octuplés d’Octomom avaient tous survécu, ce qui constituait déjà un exploit. Avec neuf bébés vivants, Halima Cissé repousse une limite que beaucoup de médecins jugeaient infranchissable.
Ce type de naissance reste statistiquement improbable. Les chances de concevoir naturellement des nonuplés sont estimées à une sur plusieurs milliards. Même avec des traitements de fertilité, atteindre ce chiffre relève de l’anomalie médicale. La survie des neuf nourrissons ajoute une couche d’improbabilité supplémentaire, faisant de cette naissance un événement littéralement unique dans l’histoire documentée de l’humanité.
Et pendant que certains pays cherchent des méthodes originales pour relancer la natalité, une jeune femme de 25 ans a réglé la question à elle seule — neuf fois d’un coup.