Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Météo

Tempête de sable : un nouvel épisode venu du Sahara menace l’Europe

Publié par Killian Ravon le 23 Fév 2026 à 13:00

Le mot revient dans les bulletins météo, et il n’a rien d’exotique : tempête de sable du Sahara. Depuis mi-février, un panache dense de poussières sahariennes s’étire au-dessus de l’Atlantique, déjà signalé vers le Cap-Vert, les Canaries et Madère. Les modèles de surveillance atmosphérique européens envisagent désormais une progression vers l’Espagne, puis la France dans les prochains jours.

La suite après cette publicité
Tempête de sable du Sahara : ciel orangé et brume de poussières sur la Promenade des Anglais à Nice.
Sous un voile de poussières sahariennes, le soleil apparaît filtré au-dessus de Nice, tandis que les voitures se couvrent d’une fine pellicule de sable.

Derrière ces images spectaculaires, une question très concrète se pose : l’air va-t-il se dégrader partout, et à quel point ? Les spécialistes rappellent que l’arrivée d’un nuage de poussières ne signifie pas toujours “ciel orange” généralisé, mais peut suffire à faire grimper les particules, surtout si l’air reste sec et stable. C’est une situation qui rappelle la poussières de sable du Sahara parfois composée de résidus anciens.

La vidéo du jour à ne pas manquer
Une image Sentinel-3 montre un vaste nuage de poussières sahariennes s’étirant vers l’Europe occidentale. Crédit : European Union, Copernicus Sentinel-3 imagery.
La suite après cette publicité

Un panache déjà massif au-dessus de l’Atlantique

À l’origine de l’alerte, on retrouve des produits de suivi comme ceux du Copernicus Atmosphere Monitoring Service (CAMS), qui modélise et prévoit la dispersion des aérosols, dont les poussières désertiques. Dans sa “photo du jour”, Copernicus décrit un épisode de calima étendu depuis la mi-février 2026, avec un large panache englobant le Cap-Vert, les Canaries et Madère, et des recommandations locales invitant à limiter les activités en extérieur.

Vu depuis l’espace, l’épisode n’a rien d’anodin. EUMETSAT a aussi mis en avant des images satellitaires montrant des poussières sahariennes dérivant au-dessus de l’Atlantique, rappelant que ces particules peuvent parcourir des milliers de kilomètres et impacter la visibilité, les transports et la qualité de l’air. Ce type de transport longue distance est bien connu : les vents soulèvent des particules au-dessus du Sahara, puis des courants d’altitude les guident vers l’ouest (Atlantique) ou vers le nord (Europe), selon la configuration météo. Quand la circulation bascule, la poussière “change de route” et peut remonter vers la péninsule Ibérique, puis la France.

En période de calima, la poussière saharienne voile l’horizon et réduit la visibilité. Crédit : Olaf brandt.
La suite après cette publicité

France, Espagne : quelles dates sont envisagées ?

Les projections qui circulent ces derniers jours convergent sur une fenêtre courte. D’après les publications de Copernicus/ECMWF autour des prévisions CAMS, le panache intense sur l’Atlantique Nord est “prévu” pour atteindre l’Europe de l’Ouest “dans les prochains jours”.

Dans l’article publié le 22 février, CNEWS évoque une arrivée estimée en Espagne autour du 23 février, puis en France le 24 février. Ce scénario colle avec l’idée d’un panache déjà positionné à l’ouest de l’Afrique, puis repris par un flux plus favorable vers l’Europe. Pour autant, les météorologues insistent sur un point : l’impact au sol dépend de la hauteur du panache, de l’humidité et des précipitations. Une poussière en altitude peut surtout voiler le ciel, tandis qu’un air plus stable et sec favorise une hausse des concentrations près du sol… et donc un vrai enjeu “qualité de l’air”.

Les images satellites permettent de suivre la trajectoire des poussières sahariennes jusqu’à l’Europe. Crédit : MODIS Land Rapid Response Team, NASA GSFC.
La suite après cette publicité

Pourquoi l’incertitude reste forte, même à 48 heures

On a tendance à imaginer un “nuage” uniforme. En pratique, c’est un ensemble de couches plus ou moins denses, parfois fragmentées, qui se superposent aux nuages météo classiques. La présence d’averses change aussi la donne : elles peuvent rabattre les particules et provoquer des dépôts visibles, notamment sur les voitures, les terrasses, ou les vitres.

Même la couleur du ciel varie selon l’épaisseur du panache, l’angle du soleil et la présence de nuages bas. Parfois, l’épisode passe presque inaperçu à l’œil nu… mais se lit sur les capteurs de particules.

Un épisode intense peut balayer les Canaries et s’étendre sur l’Atlantique en quelques heures. Crédit : MODIS Land Rapid Response Team, NASA GSFC.
La suite après cette publicité

Ce que ces poussières changent vraiment dans l’air que l’on respire

Le sujet n’est pas seulement esthétique. Les poussières désertiques font partie des particules surveillées, notamment les PM10 (particules de diamètre inférieur à 10 micromètres) et, dans une moindre mesure, les PM2,5. Les organismes de santé publique rappellent que ces particules pénètrent dans l’appareil respiratoire, et que les plus fines peuvent atteindre les zones profondes des voies respiratoires.

En France, des réseaux Atmo soulignent régulièrement que les poussières sahariennes constituent une source “naturelle” de particules, au même titre que certaines érosions ou épisodes de feux. Elles peuvent s’ajouter aux émissions locales (chauffage, trafic, activités industrielles) et pousser un territoire au-dessus des seuils de procédure d’information-recommandation. Il est alors crucial d’aérer votre logement de façon stratégique. L’Agence européenne pour l’environnement (EEA) rappelle, de son côté, que la pollution de l’air reste le plus grand risque environnemental pour la santé en Europe.

La suite après cette publicité

Des seuils et des publics plus vulnérables

Dans les procédures françaises, un repère souvent cité pour les PM10 est le seuil journalier d’information-recommandation (50 µg/m³), et un seuil d’alerte plus élevé. Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) rappelle ce cadre et insiste sur la protection des personnes sensibles lors des pics.

À lire aussi

Concrètement, les autorités locales peuvent recommander de limiter les efforts physiques intenses en extérieur, surtout pour les personnes asthmatiques, âgées, les enfants, ou celles souffrant de maladies cardio-respiratoires. Le réflexe le plus utile reste souvent le même : suivre les indices de qualité de l’air (Atmo) et les messages des agences régionales, car l’intensité varie fortement d’un département à l’autre. Il n’est pas rare de retrouver du sable sur les carrosseries après de tels événements.

La poussière saharienne peut traverser la Méditerranée et voiler le ciel jusqu’en Europe du Sud. Crédit : MODIS Land Rapid Response Team, NASA GSFC.
La suite après cette publicité

“Calima”, dépôts sur les voitures, ciel laiteux : à quoi s’attendre en France ?

Le terme “calima” est surtout employé aux Canaries et, plus largement, dans les zones influencées par un flux de sud-est chargé en poussières. Copernicus l’utilise aussi pour décrire les épisodes sahariens affectant l’Atlantique Est, avec parfois une visibilité réduite et des alertes locales.

En métropole, l’expérience est différente, mais les signes sont connus. Un voile peut blanchir ou jaunir le ciel, des couchers de soleil deviennent plus rouges, et les dépôts apparaissent surtout si une perturbation apporte des pluies. Dans ce cas, la fine pellicule ocre se fixe sur les surfaces, ce qui explique l’impression de “sable tombé du ciel”. C’est aussi ce qui rend l’épisode parfois trompeur : sans pluie, les dépôts sont moins visibles, mais les particules peuvent quand même être présentes. D’où l’intérêt des mesures plutôt que du seul ressenti.

La suite après cette publicité

Un phénomène naturel… avec un rôle utile à l’échelle de la planète

On l’oublie facilement, mais ces poussières participent à un cycle naturel. Copernicus rappelle que le transport de poussières sahariennes fait partie des mécanismes qui déplacent des nutriments, notamment vers l’océan.

Les scientifiques soulignent régulièrement que ces apports peuvent fertiliser certains milieux marins (via le fer et d’autres éléments), alimentant le phytoplancton, base de la chaîne alimentaire océanique. Cela n’annule pas l’impact sanitaire possible en zone habitée, mais replace l’événement dans un système global. Autrement dit, une tempête de sable du Sahara peut être à la fois un sujet de santé publique local et un “transporteur” de nutriments à l’échelle continentale. Tout dépend de l’endroit et du moment où elle se dépose.

Ce qu’il faut surveiller d’ici le 24 février

Les prochains bulletins météo et les mises à jour CAMS seront décisifs pour confirmer la trajectoire et l’intensité au-dessus de la France. Les épisodes les plus marquants se produisent souvent quand trois conditions se combinent : un flux de sud bien établi, un temps plutôt sec et stable, et une arrivée du panache assez basse pour influencer les concentrations au sol.

La suite après cette publicité

Si la poussière reste majoritairement en altitude, l’effet le plus évident sera un ciel voilé. En revanche, si les particules s’ajoutent à la pollution locale ou si l’air stagne, des hausses mesurables de PM10 peuvent déclencher des recommandations, au moins ponctuellement, sur certaines régions.

Un épisode présent dès le 24 février

Un nouveau panache saharien s’approche de l’Europe, et la France pourrait être concernée dès le 24 février selon plusieurs projections relayées ces derniers jours. Le scénario paraît plausible au vu des données Copernicus/CAMS et des signaux satellitaires, mais l’intensité au sol reste à confirmer région par région.

Si l’épisode se matérialise, il faudra surtout garder un œil sur la qualité de l’air plutôt que sur la couleur du ciel. Le sable du Sahara impressionne, mais ce sont les particules mesurées qui dictent les recommandations, notamment pour les plus fragiles.

La suite après cette publicité

Retrouvez plus d’article sur le même thème ici.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *