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Disparition de Manon, 31 ans, près de Nantes : une centaine de militaires ont été déployés

Publié par Cassandre le 23 Avr 2026 à 10:19
Disparition de Manon, 31 ans, près de Nantes : son compagnon s'envole vers l'Algérie avec leur bébé

Depuis fin mars 2026, Manon Relandeau, jeune agricultrice installée à Saint-Étienne-de-Montluc, n’a plus donné signe de vie. Sa fille de 15 mois, Inaya, a elle aussi disparu. Et le principal suspect dans cette affaire a pris un vol pour l’Algérie avant même que l’alerte ne soit donnée. Plus d’une centaine de militaires sont aujourd’hui mobilisés pour tenter de retrouver la jeune femme de 31 ans.

Un silence de plusieurs jours avant l’alerte

Gendarmes en recherche dans une zone boisée avec drone

C’est le 27 mars 2026 que Manon Relandeau est vue pour la dernière fois. Agricultrice passionnée, elle vit à Saint-Étienne-de-Montluc, une commune rurale située à une vingtaine de kilomètres de Nantes. Ses proches mettent plusieurs jours avant de réaliser que quelque chose ne va pas. Ce n’est que le 3 avril qu’ils signalent officiellement sa disparition aux autorités.

Vue aérienne de la campagne nantaise près de Saint-Étienne-de-Montluc

Un délai qui interroge, mais qui s’explique en partie par le mode de vie de la jeune femme. Travaillant seule sur son exploitation, Manon pouvait parfois rester quelques jours sans donner de nouvelles. Sauf que cette fois, le silence s’est prolongé bien au-delà de l’habitude. Et un détail crucial a immédiatement fait basculer l’enquête : sa fille de 15 mois, Inaya, avait elle aussi disparu.

Ce double constat — une mère et son bébé introuvables en même temps — a immédiatement alerté les enquêteurs. D’autant qu’un autre élément, bien plus troublant, a rapidement émergé.

Le compagnon quitte la France la veille du signalement

Le 2 avril, soit la veille du signalement de la disparition, le compagnon de Manon Relandeau quitte le territoire français. Âgé de 41 ans, l’homme embarque depuis l’aéroport de Nantes avec la petite Inaya. Sa destination : l’Algérie. Un départ qui, dans le contexte, ressemble à tout sauf à un voyage anodin.

Hall de départ d'un aéroport régional français de nuit

Depuis l’étranger, l’homme aurait donné quelques nouvelles. Mais à aucun moment il n’a fourni d’explication sur l’absence de Manon. Cette attitude a achevé de convaincre les enquêteurs que cette affaire dépassait le cadre d’une simple disparition inquiétante. Comment un père peut-il quitter le pays avec un nourrisson sans que la mère ne soit joignable, sans qu’elle ne réagisse ?

La chronologie parle d’elle-même. Manon disparaît le 27 mars. Son compagnon prend l’avion le 2 avril. La famille donne l’alerte le 3. Chaque jour qui passe sans nouvelles rend le scénario un peu plus sombre.

Une information judiciaire pour « meurtre par conjoint »

Face à la gravité des éléments, le parquet de Nantes a ouvert une information judiciaire. Les faits ont été requalifiés en « meurtre par conjoint » et « enlèvement de mineur ». Deux qualifications pénales extrêmement lourdes, qui traduisent le niveau de suspicion des magistrats.

La qualification de meurtre, alors même qu’aucun corps n’a été retrouvé, est un signal fort. Elle signifie que les enquêteurs disposent d’éléments suffisants pour estimer que Manon Relandeau n’est probablement plus en vie. Des indices matériels, des témoignages ou des éléments numériques ont pu orienter cette décision, même si le parquet reste discret sur le détail des preuves.

L’affaire n’est pas sans rappeler d’autres cas de disparitions où le conjoint est rapidement devenu le principal suspect. Le schéma — disparition inexpliquée, fuite à l’étranger, absence de coopération — est malheureusement un classique dans les dossiers de violences conjugales poussées à l’extrême. Mais la fuite vers l’Algérie complique considérablement la suite.

Plus de 100 militaires déployés pour retrouver Manon

Sur le terrain, les moyens mobilisés sont considérables. Des battues ont été organisées dans les zones boisées et agricoles autour du domicile de Manon, à Saint-Étienne-de-Montluc. Les gendarmes ratissent chaque parcelle, chaque chemin, chaque recoin de cette campagne nantaise.

Des plongeurs ont également sondé les points d’eau de la région — mares, étangs, cours d’eau. Des drones survolent les environs pour couvrir un périmètre plus large, et un hélicoptère a été déployé en renfort. Au total, plus d’une centaine de militaires participent aux recherches. Un dispositif massif qui témoigne de l’urgence ressentie par les autorités.

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Malgré tout cela, aucune trace de la jeune femme n’a été retrouvée à ce jour. Pas de vêtement, pas de téléphone, pas d’indice matériel permettant de localiser Manon ou de comprendre ce qui lui est arrivé. Le terrain agricole et boisé rend les recherches particulièrement complexes. Chaque jour qui passe réduit les chances de la retrouver vivante.

La fuite en Algérie, un obstacle majeur pour l’enquête

Le principal problème auquel se heurtent les enquêteurs est désormais géopolitique. Le compagnon de Manon se trouve en Algérie, un pays avec lequel la France n’a pas de convention d’extradition automatique. Les relations judiciaires entre les deux pays existent, mais elles sont souvent longues et complexes à activer.

Des démarches judiciaires internationales pourraient être engagées, notamment via Interpol. Mais dans ce type de dossier, le temps joue contre les enquêteurs. Plus le suspect reste à l’étranger, plus il est difficile de le localiser, de l’interroger, et surtout de récupérer la petite Inaya. L’enfant de 15 mois se retrouve au cœur d’un enlèvement parental doublé d’une affaire criminelle.

Cette situation rappelle douloureusement l’affaire Mathis Jouanneau, où un père avait disparu avec son fils avant d’être poursuivi pour meurtre des années plus tard. Les mécanismes sont similaires : un parent qui fuit, une justice qui peine à franchir les frontières, et une famille dans l’attente insoutenable de réponses.

Les féminicides, un fléau qui ne recule pas

Au-delà de l’enquête, cette affaire relance une fois de plus la question du traitement des violences conjugales en France. Chaque année, plus d’une centaine de femmes sont tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Et dans de nombreux cas, des signaux d’alerte existaient avant le passage à l’acte.

On ignore encore si Manon Relandeau avait signalé des violences ou des menaces avant sa disparition. Mais le schéma — une jeune mère qui disparaît tandis que son compagnon fuit le pays — s’inscrit dans une mécanique tragiquement connue. Le double féminicide de l’Aveyron avait déjà illustré comment un homme pouvait organiser sa fuite après un crime conjugal.

À Saint-Étienne-de-Montluc, l’émotion est immense. Les habitants décrivent une jeune femme travailleuse, attachée à ses animaux, à sa terre. Ses proches répètent qu’elle n’aurait « jamais abandonné ses chevaux ». Une phrase simple, mais qui en dit long sur l’incompréhension et l’angoisse qui règnent dans cette petite commune de Loire-Atlantique.

Des appels à témoins pour faire avancer l’enquête

La famille de Manon Relandeau a lancé plusieurs appels à témoins. Toute personne ayant aperçu la jeune femme après le 27 mars, ou ayant des informations sur les déplacements de son compagnon avant son départ pour l’Algérie, est priée de contacter la gendarmerie.

Les enquêteurs s’intéressent particulièrement à la période entre le 27 mars et le 2 avril. Six jours pendant lesquels Manon a disparu sans que personne ne semble s’en apercevoir. Six jours pendant lesquels son compagnon était encore sur le territoire français. Ce qu’il a fait durant cette fenêtre temporelle est au cœur de l’investigation.

L’espoir de retrouver Manon vivante s’amenuise avec le temps, mais les autorités restent pleinement mobilisées. L’affaire est suivie de près par le parquet de Nantes, et les moyens déployés montrent que personne n’a l’intention de lâcher. Pour les proches de cette jeune agricultrice de 31 ans, chaque heure d’attente est un calvaire. Mais tant que les recherches se poursuivent, l’espoir — même fragile — demeure.

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