Biopic Johnny Hallyday : « J’ai mis quelques jours à redescendre », l’acteur césarisé qui remplace Raphaël Quenard se confie
Le biopic consacré à Johnny Hallyday avait déjà fait couler beaucoup d’encre avec le choix de Raphaël Quenard dans le rôle principal. Mais un coup de théâtre a redistribué les cartes en début d’année 2026. Aujourd’hui, c’est un autre visage qui se prépare à enfiler le blouson du rockeur — et il a visiblement décidé d’y laisser sa peau. Littéralement.

Un appel entre Noël et le Nouvel An qui a tout changé
Pour comprendre comment on en est arrivé là, il faut rembobiner un peu. En janvier 2026, Raphaël Quenard annonçait son retrait du projet via sa story Instagram. Le message était sobre mais clair : entre la production de Mystik, qu’il co-réalise, et la promo du Rêve américain, il n’avait tout simplement plus le temps de se consacrer à un rôle aussi exigeant.
L’été précédent, le réalisateur Cédric Jimenez avait pourtant décrit dans Paris Match une préparation quasi monastique. « Il faut qu’il soit Johnny à l’arrivée », avait-il insisté. On parlait de mois d’immersion totale, de vivre et respirer Johnny au quotidien. Un programme que les contraintes de calendrier de Quenard ont rendu impossible.
Le producteur Hugo Sélignac n’a pas paniqué. Il a décroché son téléphone pendant les fêtes de fin d’année, quelque part entre le 24 et le 31 décembre. Au bout du fil : Benjamin Voisin, 27 ans. La réaction de l’acteur ? « Je crois que je n’ai pas tout de suite bien compris ce qu’il me proposait. Il m’a fallu quelques jours pour redescendre. » On le comprend. Mais ce qui s’est passé ensuite montre que la surprise a vite laissé place à une détermination féroce.
Un César du Meilleur espoir et 14 heures de travail par jour

Si le nom de Benjamin Voisin ne vous dit rien, son palmarès devrait vous mettre la puce à l’oreille. En 2022, il décrochait le César du Meilleur espoir masculin pour sa performance dans Illusions perdues, l’adaptation du roman de Balzac signée Xavier Giannoli. Un rôle qui avait déjà montré sa capacité à disparaître dans un personnage d’une autre époque.

Mais incarner Johnny Hallyday, c’est une autre dimension. On ne parle pas seulement de coller à une silhouette ou de reproduire une démarche. Il faut chanter, jouer de la guitare, danser sur scène — et surtout restituer cette énergie brute qui a fait de Johnny une bête de scène pendant plus de cinquante ans. Depuis quatre mois, Voisin s’y consacre sans relâche.
Son quotidien ressemble à celui d’un athlète de haut niveau. Cours de chant le matin, guitare l’après-midi, sessions de danse, et entre tout ça, des heures passées à décortiquer des archives. Films, concerts, interviews — il analyse chaque geste, chaque intonation, chaque regard de l’interprète de Que je t’aime. De 8 heures à 22 heures, chaque jour. Quatorze heures de travail quotidien pour façonner, selon ses propres mots, « sa voix et son corps de rockeur ».
C’est le genre de préparation qui peut transformer un bon acteur en un interprète mémorable. Ou le broyer. Laeticia Hallyday avait évoqué ses attentes pour ce rôle, et la barre est placée très haut. Reste à savoir comment Voisin gère la pression d’un héritage aussi lourd.
« Rien n’aurait pu nous arrêter » : les coulisses d’un projet sous tension
Hugo Sélignac l’a confié à Paris Match le 7 mai 2026 : le départ de Quenard n’a pas entamé la dynamique du projet. « Ça arrive souvent dans les productions qu’un acteur doive renoncer. Mais là, rien n’aurait pu nous arrêter. » Une phrase qui en dit long sur la détermination de l’équipe. Ce biopic n’est pas un film comme les autres.
Il faut dire que le calendrier pèse. Johnny Hallyday est décédé le 5 décembre 2017. En 2027, on commémorera les dix ans de sa disparition. Le film s’inscrit dans cet hommage, et chaque mois de retard compte. Le départ de Raphaël Quenard aurait pu faire dérailler toute la machine. Sélignac a réagi en quelques jours à peine.
Du côté de Quenard, aucune amertume apparente. Son message sur Instagram se terminait par des vœux de réussite à toute l’équipe. Le réalisateur, de son côté, semble avoir tourné la page sans aigreur. Dans ce milieu, les agendas dictent souvent les choix bien plus que les envies. Et pour Quenard, jongler entre un film en tant que co-réalisateur et une préparation de plusieurs mois pour un biopic relevait de l’impossible.
Ce qui frappe, c’est la vitesse à laquelle Benjamin Voisin a plongé dans le rôle. Un appel pendant les fêtes, quelques jours de réflexion, et quatre mois plus tard, il vit déjà au rythme de Johnny. Laura Smet a elle aussi rejoint le casting, ce qui donne au projet une dimension familiale que peu de biopics peuvent revendiquer.
Pourquoi ce biopic cristallise autant d’attentes
Johnny Hallyday, c’est 60 ans de carrière, plus de 110 millions de disques vendus, des milliers de concerts et une place unique dans la culture française. Raconter sa vie en un seul film relève du défi titanesque. Chaque choix de casting est scruté, chaque rumeur décortiquée.
Le projet a d’ailleurs connu plusieurs rebondissements avant même la question du rôle principal. Jalil Lespert avait été impliqué dans les discussions, et Lily-Rose Depp approchée pour incarner Laeticia Hallyday. À chaque nouveau nom, les fans s’enflamment ou s’indignent. Normal : toucher à Johnny, c’est toucher à un monument national.
La famille Hallyday reste impliquée de près. Laeticia Hallyday a clairement affiché ses exigences pour le film, tandis que David Hallyday continue de porter l’héritage musical de son père à travers ses concerts. Les relations familiales, parfois complexes, ajoutent une couche de tension supplémentaire autour du projet.
Pour Benjamin Voisin, l’enjeu est immense. À 27 ans, il a l’âge de Johnny à ses débuts fulgurants sur la scène française. S’il réussit son pari, ce rôle pourrait le propulser au sommet du cinéma français. S’il échoue, la comparaison avec le rockeur sera impitoyable. Dans les deux cas, il aura donné quatre mois de sa vie à raison de quatorze heures par jour. Les passions que suscite encore Johnny, huit ans après sa mort, promettent au film un accueil électrique — dans un sens comme dans l’autre.