Jean Imbert écarté des cuisines du Plaza Athénée mais reste dans le palace : le rôle qu’on lui confie

C’est un tournant majeur pour l’un des chefs les plus médiatiques de France. Le Plaza Athénée, palace mythique de l’avenue Montaigne, a officiellement annoncé le retrait de Jean Imbert de la tête de son restaurant étoilé. Le motif : les accusations de violences conjugales qui visent le cuisinier depuis plusieurs semaines. Mais plutôt qu’un départ pur et simple, la direction a choisi une solution intermédiaire qui ne manque pas de faire réagir.
« On le retire de la tête de gondole »
La formule est signée François Delahaye, directeur général du Plaza Athénée, et elle résume parfaitement la stratégie adoptée par le palace. « Avec ce qu’il s’est passé dans sa vie privée, on le retire de la tête de gondole », a-t-il déclaré mercredi. Jean Imbert ne dirigera plus le restaurant au quotidien. Fini les ordres en cuisine, fini la gestion opérationnelle des brigades.
Concrètement, le chef perd son rôle de patron du restaurant mais conserve un poste de directeur artistique au sein de l’établissement. Dans cette nouvelle fonction, il pourra continuer à proposer des concepts culinaires et imaginer de nouveaux plats. Mais il ne sera, selon la direction, « plus donneur d’ordres ». Une nuance qui a son importance dans un univers où le chef incarne à lui seul l’identité d’un lieu.
C’est Jocelyn Herland, déjà chef exécutif du palace, qui reprend les commandes du restaurant. Un nom moins connu du grand public, mais un professionnel qui connaît les cuisines de l’établissement sur le bout des doigts. La transition s’annonce d’autant plus fluide que le contrat de Jean Imbert devait de toute façon arriver à échéance en juin prochain.
Une fréquentation « un peu affectée »
La direction du Plaza Athénée ne cache pas que l’affaire a eu des répercussions concrètes sur l’activité du restaurant. François Delahaye a reconnu que la fréquentation avait « été un peu affectée » depuis les premières révélations. Dans un établissement où le couvert se négocie à plusieurs centaines d’euros, chaque table vide pèse lourd dans les comptes.
Le restaurant porte actuellement le nom de JiPa, contraction de Jean Imbert et Plaza Athénée. Un baptême qui lie directement l’image du lieu à celle du chef. La direction envisage de le rebaptiser, mais sans précipitation. « Il reste encore du temps pour réfléchir, il n’y a pas urgence », a tempéré le directeur général, visiblement soucieux de ne pas donner l’impression d’une rupture brutale.

Cette prudence s’explique aussi par un équilibre juridique délicat. Le palace marche sur un fil entre la protection de son image et le respect de la présomption d’innocence. Et c’est précisément sur ce terrain que François Delahaye a posé ses mots avec le plus de soin.
Des accusations multiples, une enquête en cours
Jean Imbert est visé par une enquête ouverte par le parquet de Versailles. L’affaire a démarré avec la plainte de son ex-compagne Lila Salet, qui dénonce des faits de violences remontant à la période 2012-2013. Le chef conteste l’ensemble de ces accusations.
Mais le dossier ne s’est pas arrêté là. D’autres témoignages ont émergé dans la presse, dont celui d’Alexandra Rosenfeld, qui a révélé avoir subi des violences de la part du cuisinier. L’ancienne Miss France a livré un récit détaillé qui a considérablement amplifié la médiatisation de l’affaire. Ses confidences glaçantes ont marqué l’opinion publique.
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Au total, plusieurs ex-compagnes ont pris la parole pour décrire un comportement qualifié de jaloux et violent. Des témoignages convergents qui ont mis une pression considérable sur l’entourage professionnel du chef. Le Plaza Athénée n’est pas le seul à devoir se positionner, mais c’est le symbole le plus visible de l’empire culinaire de Jean Imbert.
Présomption d’innocence contre pression médiatique
François Delahaye a choisi une ligne de défense claire : maintenir Jean Imbert dans l’établissement tant que la justice n’a pas tranché. « S’il est avéré coupable, je prendrai les responsabilités qui sont les miennes. Mais pour le moment, il est toujours présumé innocent », a-t-il affirmé.

Cette position rappelle d’autres affaires récentes où des personnalités publiques accusées de violences ont vu leur environnement professionnel réagir de manière plus ou moins rapide. Stéphane Plaza a vu sa carrière télévisuelle stoppée net après des accusations similaires. Laurent Boyer a été jugé pour violences conjugales avec une peine de sursis requise. Patrick Bruel fait lui aussi face à des procédures qui s’accumulent.
Le choix du Plaza Athénée se situe dans un entre-deux calculé. En retirant Jean Imbert de la vitrine tout en le gardant dans les coulisses, le palace tente de limiter les dégâts d’image sans rompre totalement avec un chef qui a contribué à redéfinir l’identité culinaire du lieu. Un pari risqué : si la procédure judiciaire aboutit à une condamnation, la direction devra expliquer pourquoi elle n’est pas allée plus loin dès maintenant.
Ce que ça change pour le restaurant le plus célèbre de l’avenue Montaigne
Au-delà de la personne de Jean Imbert, c’est toute l’identité du restaurant qui est en jeu. Quand un palace associe aussi étroitement son image à un chef – jusqu’à nommer le restaurant d’après ses initiales – le retrait de ce chef ne peut pas être qu’un simple changement de fiche de poste. C’est une refonte de l’ADN du lieu.
Le passage de relais à Jocelyn Herland marque un retour à une forme de discrétion. Moins de storytelling autour d’une personnalité médiatique, plus de focus sur l’assiette et le savoir-faire. Pour certains observateurs de la gastronomie parisienne, c’est peut-être une bonne nouvelle : le Plaza Athénée avait été critiqué pour avoir trop misé sur la notoriété télévisuelle de Jean Imbert au détriment d’une cuisine à la hauteur de ses étoiles.
Reste une question que personne au palace ne veut encore trancher : si le restaurant n’est plus le JiPa, comment s’appellera-t-il ? Et surtout, quelle direction culinaire prendra un établissement qui a changé plusieurs fois de cap ces dernières années, passant d’Alain Ducasse à Jean Imbert avec des philosophies radicalement opposées ?
La réponse viendra probablement après juin, quand le contrat initial sera officiellement arrivé à son terme. D’ici là, la justice aura peut-être avancé. Et le Plaza Athénée devra peut-être, cette fois, trancher pour de bon.
- 16/04/2026 à 18:52il serait bon avant de publier un article de se renseigner avant de le faire en effet jean imbert n'a jamais touché une casserole dans les cuisines du Plazza et pourquoi l'aurait il fait puisque il y avait en place dans cette cuisine Jocelyn Herland un des chefs les plus étoilés de France.
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