Jeffrey Epstein : Jack Lang dans la tourmente, les révélations de l’enquête du Monde
Sous le feu des projecteurs depuis qu’il a été mentionné à 673 reprises dans les « Epstein files », Jack Lang plaide sa cause.
Jack Lang appelé à la démission
L’affaire Epstein n’en finit plus de faire parler. Pour cause, elle révèle au grand public l’existence d’un important trafic sexuel impliquant des mineurs et des jeunes ainsi que des personnalités du monde entier. Véritable bombe, elle met l’accent sur les vices des hautes sphères et les liens existants entre des figures politiques et culturelles que l’on ne soupçonne pas.
Si des noms sont martelés depuis le dévoilement de l’affaire, de nouveaux sont cités dans les trois millions de documents récemment dévoilés par le ministère de la Justice américain. Parmi eux, celui de Jack Lang, ancien ministre de la Culture et actuel président de l’Institut du monde arabe (IMA).
Aussitôt pointé du doigt, l’octogénaire soumet sa démission au travers d’une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. « Un conseil d’administration sera convoqué sous sept jours pour désigner un président ou une présidente par intérim », indique celui qui a pris acte de la demande. Jack Lang a été convoqué au Quai d’Orsay dans la foulée sur ordre d’Emmanuel Macron et de Sébastien Lecornu.
« Le climat actuel, mêlant attaques personnelles, soupçons et amalgames, par ailleurs tous infondés, est délétère. Il me révolte et me répugne. Il ne peut que nuire à cette magnifique institution », déplore Jack Lang dans sa lettre. S’il a préféré prendre les devants, c’est parce que les appels à la démission se sont multipliés depuis la révélation de liens existants entre Jack Lang et Jeffrey Epstein. Il faut dire que le Français a été mentionné à 673 reprises dans des échanges avec l’homme d’affaires américain, souligne Le Monde.
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Sa fille Caroline également impliquée ?
S’il ne nie pas l’existence de liens avec le principal mis en cause, il soutient à l’AFP que « les accusations portées à [son] encontre [sont] infondées ». Entre eux il n’était question que de liens financiers et rien d’autre, assure-t-il encore. D’ailleurs, au moment de leur rencontre, il y a « une quinzaine d’années » par le biais de Woody Allen, Jack Lang prétend n’avoir rien su du passé criminel de l’homme d’affaires aujourd’hui décédé.
À y regarder de plus près, Mediapart fait effectivement le lien entre lui et Caroline et Jack Lang. Des révélations tirées des « Epstein files » et qui poussent la fille de l’ancien ministre de la Culture à démissionner de la tête d’un syndicat de producteurs de cinéma.
Parmi ces transactions, l’homme reconnaît avoir sollicité feu monsieur Epstein pour obtenir le versement de 57 897 dollars à une association dans le cadre de la réalisation d’un film. Ils auraient également négocié entre eux la vente du riad à Marrakech avant de poursuivre leur correspondance sur plusieurs années.