Laura Smet et sa maison héritée de Johnny : « À deux minutes à pied de la mer »
Laura Smet ne s’en cache pas : l’océan est devenu son ancrage. Fille de Johnny Hallyday et de Nathalie Baye, l’actrice de 42 ans mène aujourd’hui une vie bien éloignée des projecteurs parisiens. Dans un entretien accordé à Madame Figaro, elle a ouvert les portes d’un lieu intime, une petite maison nichée entre les pins du Cap Ferret, héritée directement de son père. Un bien modeste par la taille, mais immense par ce qu’il représente. Voici ce que Laura Smet a confié sur ce refuge de bord de mer, ses souvenirs d’enfance avec le Taulier, et la place que l’océan occupe désormais dans sa vie de mère.
Quand Johnny lui a transmis l’amour de la mer
Avant de devenir propriétaire au Cap Ferret, Laura Smet a d’abord découvert le littoral aux côtés de son père. Elle se souvient de ses premières échappées méditerranéennes : « J’ai découvert Saint-Tropez, où il avait une maison, sa passion pour la Méditerranée, les bateaux et… un peu pour la vitesse aussi. » Ces mots dessinent le portrait d’un Johnny intime, loin des scènes et des Harley, un père qui partageait avec sa fille le plaisir simple d’un horizon marin.

Cette transmission ne s’est pas faite à coups de grandes déclarations. C’est un apprentissage sensoriel, presque instinctif, que Laura Smet décrit. L’odeur des pins, le bruit des vagues, la lumière de fin de journée sur la côte : autant de marqueurs qui ont façonné son rapport au monde. David Hallyday lui aussi entretient le souvenir de son père à travers des lieux chargés d’émotion. Mais pour Laura, c’est un endroit bien précis qui concentre tout.
Et cet endroit, elle y a posé ses valises pour de bon il y a des années — bien avant que la question de l’héritage de Johnny ne devienne un feuilleton médiatique.
Un héritage modeste, mais chargé de symboles
Le Cap Ferret, Laura Smet en est tombée amoureuse à l’âge de 13 ans. C’est là, sur cette langue de sable entre le bassin d’Arcachon et l’Atlantique, que Johnny Hallyday possédait une petite maison. Pas une villa ostentatoire, pas un domaine comme celui qui a tant fait parler à Marnes-la-Coquette. Un bien discret, à taille humaine.
« J’ai hérité d’une petite maison à deux minutes à pied de la mer », confie la comédienne avec une simplicité désarmante. Cette phrase en dit plus qu’un long discours sur ce que représente ce lieu : un concentré de mémoire familiale, un morceau de Johnny qui continue de vivre à travers le quotidien de sa fille.

Alors que Laeticia Hallyday cherche une villa à Miami et que Jade s’installe dans un bungalow à Los Angeles, Laura Smet a fait un choix radicalement différent. Son héritage n’est pas immobilier au sens financier du terme. Il est affectif. Et c’est précisément cette dimension qui rend son témoignage si touchant.
La maison du Cap Ferret est devenue son point d’ancrage, l’endroit où elle revient systématiquement quand Paris et le tumulte médiatique deviennent trop pesants. Mais au-delà du refuge, c’est un véritable mode de vie qu’elle y a construit.
« Le contact avec la nature m’est essentiel »
Mariée à Raphaël Lancrey-Javal, mère d’un petit Léo, Laura Smet a organisé sa vie autour de la proximité avec l’océan. Ce n’est pas un caprice de star ni une posture Instagram. C’est un besoin qu’elle décrit en termes presque vitaux : « Le contact avec la nature m’est essentiel. Sans lui, je n’arrive à rien. »
Pour celle qui a traversé des périodes difficiles — l’inquiétude pour la santé de sa mère, le conflit autour de la succession, les années de surexposition médiatique — la mer joue un rôle quasi thérapeutique. « L’eau me nettoie des mauvaises énergies », ajoute-t-elle sans détour.
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On est loin des formules creuses. Laura Smet parle d’une expérience physique, sensorielle, qu’elle a expérimentée jusque dans les moments les plus intimes de sa vie. Elle évoque notamment sa grossesse avec une tendresse particulière : « J’adorais nager enceinte, car je me sentais légère, et mon fils bougeait dans mon ventre, ce qui me rassurait. »
Après le décès de Nathalie Baye, survenu dans des circonstances douloureuses liées à la maladie à corps de Lewy, on imagine que ce refuge a pris une importance encore plus grande. Laura Smet, qui avait mis sa vie entre parenthèses pour accompagner sa mère jusqu’au bout, a sans doute trouvé dans l’Atlantique un espace de reconstruction.
Léo, la mer et la transmission continue
Ce que Laura Smet a reçu de Johnny, elle le transmet aujourd’hui à son fils. La boucle est aussi simple que belle. Sur les plages du Cap Ferret, le petit Léo grandit les pieds dans le sable, exactement comme sa mère découvrait la Méditerranée trois décennies plus tôt.

« Lorsque j’observe mon petit garçon fou de joie dans l’océan, je me dis que c’est une vraie source de bien-être », raconte l’actrice. Derrière cette phrase, il y a l’écho d’un père disparu en décembre 2017 et d’une mère partie elle aussi. Léo ne connaîtra pas Johnny. Mais il grandira dans la maison que le rockeur a laissée, bercé par les mêmes vagues, entouré par les mêmes pins maritimes.
Cameron, le fils aîné de Laura issu d’une relation précédente, a lui aussi grandi dans l’univers de cette famille pas comme les autres. L’hommage discret qu’il a rendu à Johnny montre que la mémoire du Taulier se transmet aussi chez les petits-enfants.
Cette chaîne de transmission, Laura Smet semble la cultiver sans en faire un spectacle. Pas de posts quotidiens, pas de mises en scène. Juste une vie au bord de l’eau, rythmée par les marées du bassin d’Arcachon.
Un engagement discret pour protéger les plages
Au-delà de l’attachement personnel, Laura Smet revendique aussi un geste concret en faveur de l’environnement. « Je fais à mon niveau et je ramasse systématiquement les déchets sur les plages », explique-t-elle. Pas de grande cause affichée, pas de partenariat avec une ONG. Un geste simple, répété, qui traduit un respect profond pour le lieu qui l’a construite.
On pourrait y voir une manière de prolonger l’héritage paternel. Johnny aimait la mer, les bateaux, les horizons ouverts. Sa fille protège à sa façon ce territoire qu’il lui a légué. C’est peut-être la forme d’hommage la plus sincère : non pas une statue ou un concert commémoratif, mais une femme qui ramasse les déchets sur la plage où jouait son père.
Alors que la succession de Nathalie Baye ouvre un nouveau chapitre juridique potentiellement complexe, Laura Smet semble avoir trouvé sa propre définition de l’héritage. Une maison modeste, un océan immense, et la certitude que le bonheur tient parfois à deux minutes de marche.