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Laurent Boyer condamné pour harcèlement : faux profil, photo intime et dix mois de prison avec sursis

Publié par Cassandre le 12 Mai 2026 à 7:26

L’ex-présentateur star de M6 et voix familière de RTL vient d’être condamné par le tribunal correctionnel de Paris. Dix mois de prison avec sursis — plus que ce que le parquet avait réclamé. Faux profil Facebook, photo d’un tatouage intime diffusée par vengeance, climat de dénigrement permanent… Le jugement dessine le portrait d’une relation d’emprise qui a duré plusieurs années. Voici ce que le tribunal a retenu.

Laurent Boyer

Une peine plus lourde que les réquisitions du parquet

Ce lundi, le tribunal correctionnel de Paris a tranché dans l’affaire qui visait Laurent Boyer, 68 ans. L’ancien animateur de Graines de star et Fréquenstar écope de dix mois d’emprisonnement avec sursis pour le harcèlement de son ex-compagne. Une peine supérieure aux huit mois avec sursis requis par le ministère public.

Le président du tribunal a également prononcé une privation des droits d’éligibilité pendant deux ans et une interdiction formelle de contact avec la victime durant trois ans. Des mesures qui viennent alourdir significativement le verdict par rapport à ce qui était attendu.

Vêtu d’une redingote noire sur chemise blanche, pantalon en cuir et chaussures aux lacets rouges, le prévenu a écouté la décision debout. Diagnostiqué hyperactif, il se balançait nerveusement d’un pied sur l’autre pendant la lecture du jugement. Un contraste saisissant avec l’image du showman souriant que des millions de téléspectateurs ont connu dans les années 1990 et 2000. Mais derrière cette condamnation, c’est tout un système de comportements toxiques que la justice a disséqué.

Un faux profil Facebook créé depuis son propre téléphone

Parmi les faits les plus marquants retenus par le tribunal : l’usurpation d’identité. Laurent Boyer a été reconnu coupable d’avoir créé un faux profil Facebook au nom de son ex-compagne. Le détail accablant ? Il l’a fait depuis son propre téléphone, ce qui a rendu la preuve quasiment imparable. Cette technique de manipulation d’identité numérique est de plus en plus sanctionnée par les tribunaux français.

Smartphone affichant un faux profil Facebook sur un bureau avec des documents judiciaires

Le tribunal a procédé à plusieurs requalifications pénales sur ce dossier. Ce qui était initialement poursuivi sous un chef d’accusation a parfois été requalifié pour correspondre plus précisément aux faits. L’usurpation d’identité en ligne est un délit passible de lourdes sanctions, et le fait qu’un personnage public utilise ce levier contre une ex-compagne n’a pas joué en sa faveur.

Autre fait retenu : par « vengeance » — le mot est celui du tribunal —, l’animateur a diffusé la photo d’un tatouage intime de la plaignante. Un acte que les juges ont requalifié en « transmission de l’image d’une personne présentant un caractère sexuel ». Ce type de diffusion d’images intimes sans consentement est devenu un enjeu majeur dans les affaires de violences conjugales. Mais la question des violences physiques, elle, a connu un tout autre sort.

Relaxé pour les violences physiques, condamné pour l’emprise

Le tribunal a relaxé Laurent Boyer des accusations de violences physiques, faute de preuves matérielles suffisantes. En revanche, les juges ont caractérisé un « climat constant de tensions, de disputes et de propos dénigrants ». C’est ce harcèlement moral, cette emprise quotidienne qui a fondé la condamnation.

Les faits remontent à 2018. Pendant plusieurs années, la relation entre l’animateur et son ex-compagne s’est inscrite dans un schéma que les experts qualifient d’emprise psychologique. L’incapacité totale de travail de la victime a été évaluée à moins de huit jours, mais une expertise psychiatrique a été ordonnée pour mesurer l’ampleur exacte du traumatisme subi. Preuve que les conséquences psychologiques pourraient être bien plus profondes que ce que les premiers éléments laissent apparaître.

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Des affaires similaires impliquant des personnalités publiques ont récemment secoué le monde du spectacle. On pense notamment aux accusations portées par Adriana Karembeu contre son ex-mari, ou encore à l’arrestation d’un réalisateur de télévision dans un contexte tout aussi glaçant. Des dossiers qui rappellent que la notoriété ne protège ni ne condamne — mais que la justice finit par passer.

« La femme de ma mort » : les mots glaçants de Laurent Boyer à l’audience

Lors du procès, Laurent Boyer s’était dit « effondré ». Il avait confessé sa jalousie maladive envers son ex-compagne, qu’il avait qualifiée de « femme de ma mort » — une référence au chanteur Claude Nougaro. Des mots qui, loin de l’excuser, ont sans doute pesé dans la balance. Parler d’obsession devant un tribunal qui juge du harcèlement, c’est offrir aux juges exactement ce qu’ils cherchent : la preuve d’une fixation.

Plateau de télévision vide aux lumières éteintes évoquant une carrière passée

Suspendu d’antenne par RTL en raison de cette affaire, Boyer a vu sa carrière audiovisuelle s’effondrer en parallèle de la procédure judiciaire. L’homme qui présentait Fréquenstar face aux plus grandes vedettes françaises se retrouve aujourd’hui face à un casier judiciaire. Un parcours qui n’est pas sans rappeler d’autres chutes médiatiques, comme celle de personnalités du petit écran rattrapées par des affaires judiciaires retentissantes.

Un appel possible : la défense ne lâche rien

Du côté de la défense, le ton est resté combatif. Son avocate, Me Marie-Alix Canu-Bernard, qui avait plaidé la relaxe totale, a réagi immédiatement : « C’est le malheureux épilogue d’une histoire de couple toxique et unique. Maintenant, nous allons voir si nous faisons appel ou pas de cette décision. »

Le mot « unique » dans la bouche de l’avocate n’est pas anodin. La stratégie de défense a consisté, tout au long du procès, à présenter cette relation comme une histoire de couple destructrice des deux côtés, et non comme un schéma d’emprise unilatéral. Le tribunal n’a visiblement pas suivi ce raisonnement.

Si un appel est interjeté, l’affaire sera rejugée devant la cour d’appel de Paris. La victime, de son côté, devra se soumettre à l’expertise psychiatrique ordonnée par le tribunal. Les conclusions de cette expertise pourraient peser lourd dans la suite de la procédure, notamment sur le volet des dommages et intérêts.

En attendant, Laurent Boyer reste un homme condamné. Dix mois avec sursis, c’est une peine qui ne mène pas en cellule — mais qui laisse une trace indélébile. Dans un paysage audiovisuel où la question des violences faites aux femmes par des figures publiques est de plus en plus scrutée, ce jugement envoie un signal clair : la notoriété n’est plus un bouclier.

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