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Michael Jackson : sa « seconde famille » l’a défendu pendant 25 ans — quatre d’entre eux l’accusent désormais d’abus sexuels

Publié par Cassandre le 30 Avr 2026 à 13:06
Michael Jackson : sa « seconde famille » l'a défendu pendant 25 ans — quatre d'entre eux l'accusent désormais d'abus sexuels

Pendant plus de 25 ans, ils ont été son bouclier. Sur les plateaux télé, face aux caméras, devant Oprah Winfrey elle-même, les Cascio ont juré que Michael Jackson n’avait « jamais » eu de comportement déplacé. Aujourd’hui, quatre des cinq enfants de cette famille brisent le silence. Et ce qu’ils décrivent dans leur plainte est glaçant de précision.

Une famille dans l’ombre du Roi de la Pop

Les Cascio ne sont pas des inconnus dans l’univers Jackson. Dominic et Connie Cascio, les parents, étaient si proches du chanteur que la famille se présentait comme sa « seconde famille ». Leurs cinq enfants ont grandi dans l’orbite de la star, fréquentant régulièrement le célèbre ranch de Neverland. Une proximité qui, à l’époque, ne semblait poser de questions à personne.

The lawsuit includes claims the siblings spent time at the Neverland estate without their parents (Jason Kirk/Getty Images)

En décembre 2010, soit un an et demi après la mort de Jackson, toute la famille passait sur le plateau de The Oprah Winfrey Show. Message unanime : le chanteur n’avait « jamais » agi de manière inappropriée. Une défense publique, catégorique, qui a contribué à protéger l’image posthume de l’artiste pendant des années. Mais selon la plainte déposée aujourd’hui, cette intervention télévisée faisait partie intégrante du mécanisme de contrôle mis en place par Jackson.

Car les enfants Cascio affirment désormais qu’ils avaient été conditionnés pour devenir les « soldats » du chanteur. Leur mission : le défendre coûte que coûte face aux accusations d’abus sexuels qui le poursuivaient depuis 1993. Et ce rôle, disent-ils, faisait partie d’un système d’emprise bien plus large.

« Disneyland » pour le sexe, « Disney juice » pour le vin

Les documents judiciaires, révélés par une enquête du New York Times, détaillent un vocabulaire codé qu’aurait utilisé le chanteur avec les enfants. Aller à « Disneyland » signifiait avoir des rapports sexuels. Le « Disney juice » désignait du vin. Des termes choisis pour brouiller la perception des victimes, qui pour certaines n’avaient que sept ans.

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Aldo Cascio, aujourd’hui âgé de 35 ans, raconte que les abus auraient commencé alors qu’il n’avait que sept ans. Il décrit dans la plainte des actes de nature sexuelle commis par Jackson dans le lit où ils dormaient ensemble. Quatre des cinq frères et sœurs portent aujourd’hui des accusations similaires. Le cinquième affirme également avoir été victime d’abus, mais ne peut se joindre à la même action en justice pour des raisons légales.

La plainte précise aussi que Jackson et les enfants qu’il accueillait à Neverland étaient « fréquemment sous l’influence de drogues et d’alcool ». Un détail qui alourdit encore le portrait d’un environnement où les frontières entre adulte et enfant étaient systématiquement abolies. Et ce n’est pas la première fois que des témoignages de ce type émergent autour du ranch de Neverland.

Le déclic : un documentaire qui a tout fait basculer

Plusieurs des enfants Cascio affirment n’avoir pas compris, pendant des années, que ce qu’ils avaient vécu relevait de l’agression sexuelle. C’est le documentaire Leaving Neverland, diffusé en 2019, qui a provoqué une prise de conscience brutale. Dans ce film, deux hommes — Wade Robson et James Safechuck — décrivaient en détail les abus qu’ils disaient avoir subis de la part de Jackson enfants.

En regardant ces témoignages, certains des Cascio ont reconnu leurs propres expériences. Un schéma de reconnaissance que les spécialistes du traumatisme connaissent bien : les victimes de violences sexuelles sur mineurs mettent souvent des décennies à identifier ce qu’elles ont subi, surtout quand l’agresseur est une figure d’autorité ou d’affection.

D’autres éléments ont aussi refait surface récemment. Un homme au cœur des accusations de 1993 a décrit un détail anatomique sur le corps de Jackson, suggérant qu’il l’avait vu nu — un témoignage corroboré par un policier impliqué dans l’affaire. Chaque nouvelle révélation semble renforcer un faisceau d’indices que les témoignages accumulés rendent de plus en plus difficile à ignorer.

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Du côté des héritiers de Michael Jackson, la réponse est cinglante. Marty Singer, avocat de la succession, qualifie la plainte de « tentative désespérée d’extorsion ». Dans un communiqué, il rappelle que la famille Cascio a « fermement défendu Michael Jackson pendant plus de 25 ans, attestant de son innocence ».

Documents judiciaires posés sur une table de tribunal américain

« Ce nouveau dépôt en justice est une tactique transparente de forum shopping dans leur projet d’obtenir des centaines de millions de dollars de la succession et des entreprises de Michael », a déclaré Singer. Le terme « forum shopping » désigne le fait de choisir stratégiquement une juridiction favorable. Un argument juridique classique, mais qui ne répond pas directement aux accusations détaillées dans la plainte.

Cette défense n’est pas nouvelle. L’estate a systématiquement contesté chaque allégation depuis la mort du chanteur, en s’appuyant sur l’acquittement de Jackson lors de son procès pénal en 2005. Mais le contexte a changé. Les lois sur la prescription ont évolué dans plusieurs États américains, ouvrant la porte à des poursuites qui auraient été impossibles il y a dix ans. Et la succession de Jackson, estimée à plusieurs milliards de dollars, représente un enjeu financier colossal pour toutes les parties.

Un héritage artistique de plus en plus fracturé

Ces nouvelles accusations tombent dans un contexte particulier. Le biopic Michael, consacré au chanteur, engrange actuellement des centaines de millions de dollars au box-office mondial. Un succès commercial massif qui contraste violemment avec la multiplication des plaintes. La propre fille de Jackson a d’ailleurs refusé de cautionner le film, ajoutant une couche de malaise à cette situation paradoxale.

Depuis trente ans, les accusations d’abus sexuels sur mineurs n’ont jamais vraiment quitté l’univers Michael Jackson. Elles ont seulement changé de forme. D’abord des rumeurs, puis un procès pénal, puis un documentaire choc, et maintenant des plaintes civiles de personnes qui furent ses plus ardents défenseurs. Le parcours de la famille Cascio — de bouclier médiatique à plaignants — illustre à lui seul la complexité de l’emprise décrite par les victimes.

Ce renversement fait aussi écho à d’autres affaires récentes dans l’industrie du divertissement. L’affaire P. Diddy, les accusations visant d’autres personnalités du monde du spectacle : un schéma se répète, où la puissance et la célébrité servent de paravent pendant des décennies.

Quant aux photos inédites de Jackson avec les enfants Cascio, publiées dans le cadre de l’enquête journalistique, elles ajoutent une dimension visuelle troublante à des témoignages déjà très détaillés. Des clichés qui montrent une proximité physique que le regard contemporain interprète très différemment de celui des années 1990.

Trente ans après les premières accusations, la question reste la même. Mais ceux qui y répondent ont changé de camp. Et cette fois, ce sont les « soldats » eux-mêmes qui parlent.

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