« Il me fera toujours peur » : Muriel Robin règle ses comptes avec Pierre Palmade sur RTL
Ce vendredi 17 avril, au micro de Marc-Olivier Fogiel sur RTL, Muriel Robin a lâché des mots qu’on n’entend pas souvent entre deux artistes qui ont partagé des décennies de complicité. Des mots crus, sans filtre, sur Pierre Palmade. La comédienne n’a rien esquivé. Et ce qu’elle a dit ce matin-là résonne encore.

Un « non » sec qui enterre trente ans d’amitié
Si Muriel Robin était invitée ce matin-là, c’était d’abord pour parler boulot. L’humoriste prépare son grand retour sur scène avec Infiniment Robin, un spectacle prévu au Théâtre Marigny à partir du 6 janvier 2027. Un événement en soi pour celle qui avait traversé des polémiques médiatiques ces dernières années.
Mais Fogiel n’allait pas se contenter de parler programme. Inévitablement, le nom de Pierre Palmade est arrivé dans la conversation. Leur duo a marqué le paysage comique français pendant des années. On les pensait indissociables. Alors, quand le journaliste lui demande si son ancien ami lui manque, Muriel Robin répond d’un mot : « Non ! ».
Pas un « non » hésitant, pas un « non » suivi d’un « mais ». Un « non » tranchant, presque brutal. Quand la question rebondit sur d’éventuels contacts entre eux, même sentence : « Je n’en ai pas. » En deux phrases, Muriel Robin acte une rupture que beaucoup soupçonnaient, mais que personne n’avait entendue formulée aussi clairement.
Ce qui frappe, c’est la vitesse de réponse. Aucune seconde d’hésitation. Comme si la question avait été retournée des centaines de fois dans sa tête et que la réponse était verrouillée depuis longtemps. Mais ce n’était que le début de ses confidences.
« J’aurais peur qu’il me fasse du mal »
La suite de l’entretien a pris une dimension plus intime, plus sombre. Marc-Olivier Fogiel pousse la conversation : est-ce que Muriel Robin imagine revoir un jour Pierre Palmade, récemment sorti de prison ? La réponse tombe, catégorique : « Oui, je pense que ça va être comme ça. »

Autrement dit : non, elle ne le reverra pas. Et pour bien faire comprendre pourquoi, elle ajoute cette phrase qui a immédiatement fait le tour des réseaux : « C’est quelqu’un qui me fera toujours peur. J’aurais peur qu’il me fasse du mal. »
Le mot « peur » revient deux fois dans la même phrase. Ce n’est pas un effet de style. C’est l’expression d’une angoisse profonde, installée, que même le temps n’a pas effacée. Muriel Robin, qui a elle-même traversé des traumatismes personnels lourds, semble avoir identifié chez Palmade quelque chose qui la renvoie à ses propres fragilités.
Ce témoignage est d’autant plus marquant qu’il ne vient pas d’une inconnue. Muriel Robin a côtoyé Pierre Palmade de très près, pendant des années. Elle l’a vu de l’intérieur. Et ce qu’elle décrit, c’est un homme dont la présence même représente un danger émotionnel pour elle.
« Il avait besoin de faire du mal » : les coulisses d’une relation toxique
La comédienne ne s’est pas arrêtée là. Elle est revenue sur la mécanique de leur relation passée, avec une lucidité presque clinique. « J’ai réussi à l’aimer parce qu’il avait besoin de faire du mal, il avait ses démons », confie-t-elle. Une phrase qui dit beaucoup : l’amour qu’elle portait à Palmade était indissociable de la souffrance qu’il générait autour de lui.
Elle décrit un homme « jamais dans son état normal ». Des mots qui font écho à les alertes sur sa santé et ses addictions bien documentées. Pierre Palmade n’a jamais caché ses démons. Mais entendre quelqu’un qui l’a aimé décrire l’effet de ces démons au quotidien, c’est autre chose.
Muriel Robin semble avoir franchi un cap psychologique. Celui où on arrête d’excuser, de justifier, de rationaliser le comportement de l’autre. « Je ne veux plus de ça. Un moment, il faut se protéger », affirme-t-elle. Le mot « protéger » est clé. Il dit que cette relation n’était pas juste compliquée. Elle était, à ses yeux, dangereuse pour son équilibre.
Michèle Laroque avait aussi brisé le silence sur Palmade, mais avec une tonalité différente, plus mélancolique. Robin, elle, est dans la rupture nette. La porte est fermée. Verrouillée. Pas d’ambiguïté.
« J’ai connu Pierre lumineux » : la nostalgie d’un homme qui n’existe plus
Et pourtant, au milieu de cette interview-confession, une fissure apparaît. Muriel Robin n’est pas qu’en colère. Elle est aussi triste. « J’ai déjà connu Pierre lumineux… », glisse-t-elle. Six mots qui pèsent autant que tout le reste.
Parce qu’ils disent que l’homme qu’elle a aimé a existé. Qu’il y a eu un Pierre Palmade drôle, brillant, solaire. Celui qui faisait salle comble, celui qui a écrit des sketches entrés dans la mémoire collective. Ce Pierre-là, Muriel Robin ne l’a pas oublié. Elle sait juste qu’il a disparu.
« Là, c’est très triste, on l’a vu aller dans le mur », conclut-elle. La formule est sobre mais le constat est implacable. Depuis son incarcération jusqu’à sa libération récente, le parcours de Palmade a été une longue descente publique. Les victimes de l’accident portent encore les séquelles. Les anciens proches, eux, portent un autre type de blessure.
Deux retours sur scène, deux trajectoires opposées
L’ironie du calendrier n’échappe à personne. Pendant que Muriel Robin annonce Infiniment Robin au Théâtre Marigny, Pierre Palmade envisage lui aussi un retour sur scène. Deux anciennes moitiés d’un duo légendaire, qui reprendront les planches potentiellement la même année, mais dans des univers désormais étanches.
Robin, elle, semble avoir transformé ses blessures en matière. Son spectacle promet d’être personnel, sans concession. Le titre même — Infiniment Robin — dit quelque chose : elle ne se définit plus par rapport à quelqu’un d’autre. Ni par rapport à Palmade, ni par rapport aux polémiques. Les controverses autour de LOL et son départ fracassant du tournage semblent loin.
Du côté de Pierre Palmade, la perspective d’un retour suscite des réactions contrastées. Mimie Mathy s’est exprimée avec plus d’indulgence, là où d’autres, comme Kelly Vedovelli, ont été beaucoup plus sévères. Le monde du spectacle reste profondément divisé sur la question.
Muriel Robin, elle, a tranché. Et cette interview sur RTL restera probablement comme le point final d’une histoire qui a fasciné le public français pendant trois décennies. Pas un adieu romantique. Pas un règlement de comptes spectaculaire. Juste une femme de 68 ans qui dit, calmement et fermement, qu’elle a peur. Et qu’elle choisit de se protéger. C’est peut-être la chose la plus courageuse qu’elle ait dite publiquement.