Nagui, trop bien payé ? Ses producteurs et employeurs mettent un terme au débat
Les animateurs télé méritent-ils de généreux cachets, aussi talentueux soient-ils, surtout s’ils sont à la charge du service public ?
Nagui est-il trop bien payé ? Le député Charles Alloncle (UDR) en est convaincu. C’est d’ailleurs pourquoi il a taclé l’animateur en affirmant qu’il s’agissait de « la personne, sur les dix dernières années en France, qui s’est le plus enrichie sur l’argent public ». Il a également avancé la somme de « centaines de millions d’euros », exigeant que le concerné montre patte blanche en transmettant ses fiches de salaire à la Commission parlementaire sur l’audiovisuel public.
Nagui dans le viseur de la commission sur l’audiovisuel public
Les attaques ne sont pas passées inaperçues, notamment auprès du producteur Stéphane Courbit (fondateur du groupe Banijay), qui s’est présenté ce mercredi 25 février face à la commission. Bien décidé à défendre l’un de ses animateurs stars, l’homme a reconnu le versement de généreux honoraires. Une générosité qu’il justifie par le « talent unique » dont dispose Nagui, qui se démarque de la masse d’animateurs dont « les talents sont assez rares ».
Il prend également l’exemple de Cyril Hanouna qui, comme son confrère, ne se ferait pas de souci en ce qui concerne son avenir télévisuel. « C’est pour ça qu’ils sont si bien payés par rapport aux métiers de 99 % des Français », assène-t-il.
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Pour lui, il n’existe aucune différence entre les footballeurs talentueux et les animateurs de renom : « Ce sont des gens très bien payés parce qu’ils ont un talent assez unique. » S’il reconnaît un salaire plus que confortable, Stéphane Courbit se garde bien de le dévoiler. À la place, il évoque les « clauses d’audiences » qui protègent les chaînes et leur permettent de rompre les contrats si les téléspectateurs ne sont pas au rendez-vous.
« Cela me regarde si je le paie trop ou pas assez »
Également présente à la commission, Alexia Laroche-Joubert, PDG de Banijay France, a coupé court au débat. « C’est nous qui le payons, ce n’est pas le service public. D’une certaine façon, cela me regarde si je le [Nagui] paie trop ou pas assez« , argue-t-elle en réponse aux exigences du député. Et la productrice d’ajouter : « C’est normal qu’il ne transmette pas ses fiches de salaire qui concernent le contrat qu’il a avec nous. »
Une prise de parole qui clôt le débat et met fin aux rumeurs persistantes.
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Sur le même sujet, 20 Minutes rappelle que France Télé constitue 1 % du chiffre d’affaires mondial de Banijay Group et 30 % des revenus en France. « On n’est pas dépendants » du groupe public, appuie François Riahi, directeur général du géant du divertissement.