Nagui “au fond du trou” : la catastrophe financière l’a frappé
Nagui n’a pas toujours été l’un des visages les plus installés de France Télévisions. Au micro de La Bande originale. L’animateur est revenu sur une période où sa carrière s’est enrayée au point de frôler la catastrophe financière.
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Derrière une phrase choc, il décrit surtout un moment de bascule qui l’a obligé à reconstruire, pas à pas.
Nagui, l’envers d’un parcours “évident” à la télévision
Longtemps, le public a surtout vu le Nagui des plateaux bien huilés, des rendez-vous quotidiens et des formats qui durent. Pourtant, l’animateur a rappelé cette semaine qu’une trajectoire médiatique n’est jamais une ligne droite. Même quand on a déjà connu le succès. Sur France Inter, il a mis des mots très clairs sur ce passage à vide : « au fond du trou ». Et surtout « viré de partout ».
Lundi 16 février 2026, La Bande originale recevait Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi, venus défendre le film Le Rêve américain. En rebondissant sur le thème des échecs et des redémarrages. Nagui a raconté une séquence de vie qui l’a marqué, située autour de 2004-2005.
Dans son récit, il ne parle pas seulement d’une émission arrêtée ou d’un contrat qui se termine. Il décrit un cumul de ruptures professionnelles, sur plusieurs chaînes, et une impression de porte qui se ferme partout en même temps. Ce genre de moment, dans les médias, laisse des traces : l’image publique bouge vite, et l’industrie aussi.
“Viré de La Deux, viré de TF1, viré de Canal” : une phrase, un contexte
La formule a frappé parce qu’elle est brute. Nagui explique qu’à cette époque, il sort de plusieurs collaborations interrompues, et qu’il se retrouve à envisager le pire pour sa société. « J’étais en train de faire des réunions avec mon comptable pour déposer le bilan », raconte-t-il, en décrivant des vérifications de comptes et une possible cessation de paiements.
Ce passage est d’autant plus parlant qu’il fait écho à une scène du film présenté ce jour-là. Nagui souligne la ressemblance : des personnes qui “épluchent” les finances et actent qu’il faut peut-être tout arrêter. Derrière le décor radiophonique, on comprend une réalité très concrète : la fragilité économique peut toucher aussi des personnalités connues, surtout quand l’activité dépend de projets successifs.
Les reprises de presse insistent sur cette période située “il y a une vingtaine d’années”, où l’animateur aurait été mis de côté et obligé de repartir de zéro. C’est précisément ce décalage qui surprend : quand un visage devient familier, on oublie facilement qu’il a pu traverser une zone de turbulence.
Quatre ans d’échecs, puis la bascule : deux formats qui changent tout
Le plus intéressant, dans ce témoignage, n’est pas seulement le constat du creux. C’est la façon dont Nagui raconte l’après, avec une idée simple : rien ne se relance en une semaine. Il évoque une période de “4 ans” d’échecs avant que les choses se réalignent, au prix d’une persévérance continue.
À l’antenne, il relie cette sortie de crise à l’obtention et au lancement de formats majeurs. Il cite Tout le monde veut prendre sa place et N’oubliez pas les paroles, deux marques fortes qui vont ensuite l’installer durablement. Cependant, une annonce récente sur l’avenir de son émission phare a ému les téléspectateurs.
Cette séquence rappelle un point souvent invisible pour le public : un animateur est aussi, parfois, un producteur et un entrepreneur. Quand l’antenne se complique, l’impact ne se limite pas à l’ego ou à la notoriété : les équipes, les structures et les finances peuvent suivre la même pente. C’est ce que suggère très clairement son passage sur le dépôt de bilan.
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Un récit qui tombe juste, parce qu’il est précis
Si cette confession circule autant, c’est qu’elle n’est pas vague. Nagui place des dates, cite des chaînes, parle d’une situation administrative et comptable, et relie le tout à une scène très identifiable. Cette précision donne un relief particulier à son témoignage, loin du simple “c’était dur”.
Autre détail qui compte : l’animateur ne se pose pas en victime permanente. Il raconte un moment où il est “en bas”, puis un moment où il se “bat” pour faire exister ses formats. C’est cette dynamique — chute, résistance, relance — qui fait écho à beaucoup de trajectoires, même en dehors de la télévision.
Quand le succès monte à la tête… puis redescend
En parallèle de ce retour sur les années 2000, un autre élément de contexte revient souvent dans les portraits récents : Nagui a déjà expliqué qu’il avait pu prendre “la grosse tête” dans les années 1990. Dans une interview reprise par la presse, il raconte qu’avec la notoriété, il se sentait “indestructible” et profitait de privilèges devenus presque automatiques.
Ce contraste éclaire autrement la “traversée du désert” qu’il décrit aujourd’hui. Quand on a connu l’ascension rapide, la chute — même temporaire — peut être d’autant plus violente. Et, à l’inverse, la reprise peut se faire avec un regard plus lucide sur ce qui est solide… et ce qui ne l’est pas.
Dans ces récits, Mélanie Page apparaît aussi comme un point d’équilibre. Nagui a notamment expliqué qu’il n’était plus “Nagui”, mais “le +1”, une phrase qu’il présente comme “la meilleure leçon de vie”. Derrière l’autodérision, l’idée est simple : retrouver une forme d’humilité.
Une autre façon de regarder la réussite
Le témoignage de Nagui fonctionne aussi parce qu’il renvoie à une question très universelle : qu’est-ce qu’on fait quand on n’est plus “désirable” professionnellement, quand l’industrie vous oublie ? En racontant des réunions de comptable, il ramène le sujet à quelque chose de tangible, loin des paillettes.
Au passage, cette séquence met en lumière une réalité du milieu : la carrière peut se jouer sur des perceptions. Être “installé” un jour ne protège pas du regard changeant des diffuseurs. Ce qui compte, c’est la capacité à rester en mouvement et à tenir le choc quand la machine s’arrête.
Que retenir ?
Nagui ne raconte pas ses galères pour créer un effet de manche. En parlant de renvois successifs, de dépôt de bilan envisagé et de plusieurs années à encaisser avant de rebondir, il rappelle surtout que la télévision n’est pas une promesse de stabilité — même pour ceux qu’on croit “intouchables”. Et si son parcours parle autant aujourd’hui, c’est peut-être parce qu’il dit, sans dramatisation, ce qu’on préfère souvent cacher : la réussite est aussi une affaire de chutes surmontées.
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