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Nikita Bellucci se confie sur le harcèlement qui a failli la détruire : « Mon monde s’écroule

Publié par Elsa Fanjul le 20 Avr 2026 à 18:29
Nikita Bellucci en gros plan devant un microphone, regard intense, lumière rose en arrière-plan

Star du X devenue icône malgré elle, Nikita Bellucci a tenté de quitter l’industrie pornographique en 2016 pour se reconvertir dans le médico-social. Mais quand son passé a refait surface dans son centre de formation, tout a basculé. Sur le plateau de Clique, sur Canal+, elle est revenue sur cette période noire avec une franchise désarmante.

Un nom de scène taillé pour marquer les esprits

Au début des années 2010, une nouvelle venue fait irruption dans le porno français. Nikita Bellucci ne tire pas son pseudonyme de Monica Bellucci, comme beaucoup le croient, mais du film Nikita de Luc Besson, sorti en 1990. Ce polar porté par Anne Parillaud mettait en scène une femme brutale et indépendante. Le ton était donné dès le départ : cette actrice ne ferait rien à moitié.

nikita bellucci booba

Naturelle, légèrement tatouée à l’époque, elle détonne dans le paysage du X français. Son style ? Du hardcore, du gonzo — un genre brut, frontal, sans filet. Prise sous l’aile du réalisateur John B. Root, figure incontournable du milieu, elle grimpe les échelons à une vitesse fulgurante. En quelques mois, la débutante devient l’une des actrices les plus demandées de l’industrie.

Sa notoriété dépasse rapidement les frontières françaises. Nikita Bellucci s’envole pour les États-Unis, où elle tourne notamment pour Kink, studio spécialisé dans le sadomasochisme et considéré comme l’un des plus prestigieux au monde. Mais c’est un tout autre projet qui va propulser son nom bien au-delà du cercle des amateurs de X.

Le clip avec Vald qui a tout changé

En 2015, Nikita Bellucci apparaît dans le clip de Selfie, du rappeur Vald. La vidéo cumule des millions de vues et expose l’actrice à un public bien plus large, bien plus jeune aussi. À ce moment-là, elle est au sommet : respectée dans le X, visible dans la culture rap. Une position que peu d’actrices X atteignent un jour.

Pourtant, cette visibilité est un piège. Car derrière les caméras, la réalité est tout autre. Nikita Bellucci vit alors une relation toxique avec un réalisateur du milieu. Une relation qu’elle décrira plus tard comme abusive, et dont elle ne révélera les détails que des années après. Aujourd’hui, elle regrette d’avoir tourné dans ce clip. À l’époque, personne ne se doute de ce qu’elle traverse en coulisses.

C’est précisément cette période qui va la pousser à prendre une décision radicale : quitter le porno. Mais ce qu’elle imaginait comme une libération va se transformer en un tout autre cauchemar.

Une reconversion sabotée en un mois

« J’ai quitté le milieu de la pornographie en 2016 parce que j’avais vécu une expérience qui n’était pas très cool », confie Nikita Bellucci sur le plateau de Clique en 2024. L’euphémisme est volontaire, presque clinique. Ce qu’elle décrit ensuite l’est beaucoup moins.

Salle de formation vide avec des chaises inoccupées et un tableau blanc, ambiance froide et austère

Elle décide de se reconvertir dans le médico-social. Un virage à 180 degrés, une tentative sincère de repartir à zéro. Mais dès son entrée en centre de formation, les regards pèsent. « Au bout d’un mois, lorsque je suis rentrée dans ce centre de formation, je sentais des regards », raconte-t-elle. Elle finit par révéler elle-même son passé dans « le milieu pour adultes », pensant peut-être désamorcer les non-dits.

Le résultat est immédiat et brutal : « Et là, mon monde s’écroule complètement, l’école veut me virer. » La porte de sortie qu’elle avait entrevue se referme. Cette forme de rejet n’est que le début d’une spirale bien plus sombre.

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Menaces de mort et de viol : le cyberharcèlement au quotidien

Au-delà de l’exclusion professionnelle, Nikita Bellucci fait face à un torrent de haine en ligne. Elle reçoit des menaces de meurtre, des menaces de viol. Des messages d’une violence inouïe, envoyés par des inconnus qui estiment qu’une ancienne actrice X n’a pas le droit de se reconvertir, encore moins dans le secteur social.

Ce type de harcèlement massif n’épargne personne dans l’industrie du divertissement, mais les anciennes actrices pornographiques en sont des cibles privilégiées. Le stigmate est permanent, comme un casier judiciaire officieux que rien n’efface. Nikita Bellucci confie avoir multiplié les rendez-vous chez le psychologue pour tenir le coup.

Plutôt que de se replier, elle choisit une voie inattendue : transformer son expérience en combat. L’ancienne star du X va devenir l’un des visages de la prévention contre le cyberharcèlement en France, avec une cible particulière en tête.

Des lycées au revenge porn : un combat pour les ados

Nikita Bellucci ne se contente pas de dénoncer le harcèlement qu’elle subit. Elle élargit son action aux adolescents, premières victimes du monde numérique. Son combat englobe le revenge porn dans les lycées, ces vidéos intimes diffusées sans consentement qui détruisent des vies d’élèves du jour au lendemain.

Elle met aussi en lumière les ravages de la consommation de pornographie chez les mineurs, un sujet encore largement tabou au milieu des années 2010. Une ancienne actrice X qui alerte sur les dangers du porno chez les jeunes : le paradoxe apparent lui attire autant d’alliés que d’ennemis. Certains saluent son courage, d’autres y voient de l’hypocrisie et redoublent de harcèlement.

Ce positionnement entre deux mondes — celui qu’elle a quitté et celui qui ne veut pas d’elle — fait d’elle une figure singulière. Des personnalités du monde du spectacle ont connu des situations similaires, comme Alice Belaïdi, qui avait dénoncé un acteur avant d’être écartée d’un film. Le schéma est toujours le même : parler coûte cher.

Le retour dans le X, mais à ses conditions

Fin 2019, Nikita Bellucci fait son comeback dans l’industrie pornographique. Pas par défaut, pas par résignation. Elle revient accompagnée de son compagnon Ludo, caméraman de métier, devenu depuis le père de ses enfants. Cette fois, elle contrôle les conditions de tournage.

Son passage sur Clique en 2024 résume bien le personnage : frontale, crue, sans filtre. Elle y parle de son parcours professionnel, de sa vie privée, revient sur l’affaire des viols de Mazan avec l’aplomb qui la caractérise. Et surtout, elle met des mots précis sur ce que vivent les femmes qui tentent de quitter l’industrie du X.

Car le vrai sujet, au-delà du parcours individuel de Nikita Bellucci, c’est celui-ci : dans une société qui consomme massivement de la pornographie, celles qui la produisent restent marquées à vie. Le droit à la reconversion, pour elles, reste largement théorique. L’école qui a voulu la virer ne lui reprochait ni son travail ni ses compétences. Juste ce qu’elle avait fait avant. Et c’est peut-être le plus violent de toute cette histoire.

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