Obsèques d’Isabelle Mergault : « Rassure-toi Isabelle, on pleure », les mots déchirants de Laurent Ruquier au Père-Lachaise
C’était un lundi matin, au cimetière du Père-Lachaise à Paris. Laurent Ruquier a pris la parole devant les proches d’Isabelle Mergault, morte le 20 mars à seulement 67 ans. Sa voix a tenu. Ses yeux, moins.
Il était l’un de ses amis les plus fidèles. Celui qui lui avait écrit des rôles sur mesure pour le théâtre. Celui à qui elle envoyait des SMS jusqu’aux derniers jours. Ce 30 mars, c’est lui qui a choisi les mots pour lui dire au revoir.
Un discours qui commence par un sourire… et se termine en larmes

Laurent Ruquier a ouvert son hommage avec une phrase qui ressemble exactement à Isabelle Mergault. Une phrase qu’elle aurait pu écrire elle-même.
« Sourire était le propre de l’homme. Et toi, tout de suite, tu ajouterais : ‘Oui, mais c’est toujours la femme qui nettoie’. » Un éclat de rire dans un cimetière. Exactement ce qu’elle aurait voulu.
Mais Ruquier a tout de suite rappelé que l’humour, pour Isabelle, n’était pas une fuite. C’était une armure. Une façon de traverser ce que la vie lui imposait sans jamais s’effondrer devant les autres.
« Tu as toujours masqué ton courage et ta souffrance par le rire. Oui, le rire. Le rire, définitivement. » Ces mots-là, prononcés à voix haute dans le silence du Père-Lachaise, ont frappé ceux qui la connaissaient vraiment.
Ce qu’elle avait dit aux Grosses Têtes

Laurent Ruquier a alors révélé quelque chose qu’Isabelle Mergault avait dit publiquement, sur le plateau des Grosses Têtes, avec son sens habituel du décalage.
« Je me souviens aussi qu’aux Grosses Têtes, tu avais dit : ‘Je ne veux pas qu’on rigole à mon enterrement. Je veux qu’on pleure’. »
Et Ruquier, la gorge serrée, a répondu directement à son amie disparue : « Rassure-toi Isabelle, on pleure. Et c’est pour cacher nos pleurs qu’on essaie de sourire. »
Cette phrase, simple et déchirante, a circulé immédiatement après la cérémonie. Elle résume à elle seule la relation particulière qu’avaient ces deux-là : une amitié bâtie sur le rire, mais profondément ancrée dans la tendresse.
Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur la maladie secrète qui a emporté Isabelle Mergault, les détails restaient encore peu connus du grand public au moment des obsèques.
« La Une de Match, j’aurais dû partir plus tôt »
Ruquier a ensuite glissé dans son discours une touche d’humour noir, fidèle à l’esprit d’Isabelle. Il a imaginé à voix haute ce qu’elle lui dirait si elle revenait d’entre les morts.
« J’espérais presque que tu apparaisses soudainement pour dire : ‘Arrêtez avec tous ces hommages, on croirait que je suis morte’. »
Et puis il a poursuivi sur un ton qui a provoqué quelques rires douloureux dans l’assistance. « Je t’entends tous les jours me parler depuis vendredi dernier : ‘Tu te rends compte ? La Une de Match, j’aurais dû partir plus tôt’. »
Une allusion à peine voilée à la mort de Loana, survenue presque au même moment. Ruquier a cité sa propre Isabelle imaginaire : « Tu vois qu’elle est gentille, Loana. À trois jours près, je ne faisais pas la Une. »
Cynique ? Non. C’était Isabelle Mergault dans toute sa splendeur. Celle qui transformait la douleur en punchline, sans jamais en minimiser le poids réel.
Les SMS intimes lus à voix haute

Le moment le plus fort de l’hommage est peut-être venu quand Laurent Ruquier a sorti son téléphone. Il a lu à voix haute des messages qu’Isabelle lui avait envoyés ces derniers temps. Des mots privés, intimes, partagés en public pour une dernière fois.
Parmi eux, une demande très précise, formulée comme si elle organisait elle-même les détails de sa cérémonie : « Si je ne me réveille pas, surtout pas de Juliette Gréco à mon enterrement. »
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Une instruction claire. Un humour de couloir d’hôpital. La marque d’une femme qui refusait de se laisser voler sa propre mort par la solennité.
Pour ceux qui voulaient comprendre les dernières heures d’Isabelle Mergault racontées par Ruquier, ces SMS donnaient une idée de l’état d’esprit de la comédienne jusqu’au bout.
Une amitié de longue date, forgée dans les coulisses du théâtre

Laurent Ruquier et Isabelle Mergault, c’était bien plus qu’une simple complicité télévisée. Il lui avait écrit plusieurs pièces de théâtre au fil des années, construisant avec elle une collaboration créative rare dans le milieu.
Elle lui faisait confiance pour capturer son humour particulier, ce mélange d’autodérision et de férocité douce. Lui savait exactement dans quelle bouche glisser les bons mots pour qu’ils explosent sur scène.
Isabelle Mergault avait également une vie personnelle que peu connaissaient vraiment. Ses deux filles, âgées de 17 et 12 ans, étaient au cœur de ses préoccupations. Et sa fille adoptive Maya, qu’elle avait toujours tenue loin des caméras, représentait une part entière de sa vie intime.
La disparition d’une voix unique du rire français
Isabelle Mergault s’en est allée le 20 mars 2025, à 67 ans. Une génération entière de spectateurs français a grandi avec ses films, ses sketchs, ses apparitions à la télévision.
Elle avait réalisé Je vous trouve très beau, sorti en 2005, qui avait cartonné au box-office français. Elle avait joué, écrit, mis en scène. Elle avait traversé des épreuves que le public ne connaissait pas toujours, et les avait transformées en matière comique.
Sa disparition à 67 ans a provoqué une onde de choc dans le milieu artistique. Les hommages se sont multipliés sur les réseaux sociaux, à la télévision, dans la presse.
Gérard Jugnot, lui aussi très proche, avait partagé publiquement le contenu de son dernier SMS. Des mots qui en disaient long sur l’état d’esprit d’Isabelle dans ses dernières semaines.
« Le rire, définitivement » : ce que ce discours dit de la mort

Il y a quelque chose de particulièrement émouvant dans les obsèques où l’on rit malgré soi. Où les larmes et les sourires se mélangent au point de ne plus savoir lequel sort en premier.
Laurent Ruquier a réussi quelque chose de difficile : rendre hommage à une femme drôle sans trahir sa mémoire par l’excès de gravité. Sans non plus tomber dans le divertissement qui noierait la douleur réelle.
D’autres cérémonies funèbres dans le monde artistique avaient été marquées par des tensions ou des révélations inattendues. On se souvient des révélations aux funérailles de Johnny Hallyday, ou encore des circonstances particulières des obsèques de Daniel Balavoine. Ici, c’était différent. C’était paisible et déchirant à la fois.
Certains pensent peut-être aussi aux funérailles de Michel Blanc, dont un ami avait fait une étrange révélation, ou encore à l’hommage rendu à Michel Blanc par Marilou Berry, qui avait dit que « il aurait détesté » certains aspects de la cérémonie. Des paroles qui ressemblent un peu, finalement, à l’humeur d’Isabelle Mergault elle-même.
Un au revoir qui lui ressemblait
Au Père-Lachaise, ce lundi 30 mars, les proches d’Isabelle Mergault ont pleuré. Mais ils ont aussi souri. Parce qu’elle leur avait appris à faire les deux en même temps.
Laurent Ruquier l’a dit mieux que personne : elle masquait sa souffrance par le rire. Et eux, ce matin-là, ils masquaient leurs pleurs par le sourire. Une dernière pirouette qu’elle aurait approuvée.
Elle avait tout prévu, ou presque. Pas de Juliette Gréco. Des larmes. Et des gens qui l’aimaient réunis dans un endroit magnifique de Paris pour lui dire, à leur façon, qu’elle leur manquait déjà.
Reste la question de l’avenir pour ceux qu’elle laisse derrière elle. Ses filles, notamment. Ce que son meilleur ami a dit sur leur avenir a apporté quelques réponses à ceux qui s’inquiétaient pour elles.