Obsèques de Loana : Laurent Ruquier salue Jean-Édouard, seul à avoir dénoncé « l’hypocrisie médiatique »

Quelques heures à peine après les funérailles de Loana à Nice, Laurent Ruquier a pris la parole sur son émission pour pointer du doigt un phénomène qui le révulse : les personnalités du petit écran qui défilent aux obsèques de stars qu’elles connaissaient à peine. Dans sa ligne de mire, non pas un coupable, mais un homme qu’il estime exemplaire — Jean-Édouard, ancien lofteur, qui a choisi de ne pas venir et de l’assumer publiquement. Un « coup de pied dans l’hypocrisie » que l’animateur des Grosses Têtes a tenu à saluer.
Un vendredi de larmes à la cathédrale Sainte-Réparate
Ce vendredi 10 avril 2026, la cathédrale Sainte-Réparate de Nice a accueilli les obsèques de Loana, décédée le 25 mars dernier à l’âge de 48 ans dans des circonstances encore troubles. L’ancienne star de télé-réalité, icône du Loft Story de 2001, avait été retrouvée sans vie dans son appartement niçois. Sa disparition avait provoqué une onde de choc dans le PAF, cinq jours seulement après la mort d’Isabelle Mergault, emportée par un cancer à 67 ans.

Parmi les visages présents à la cérémonie, celui de Steevy Boulay, ami fidèle de Loana depuis leur aventure commune dans le Loft. C’est lui qui avait participé à l’organisation des funérailles. Au sortir de la cathédrale, l’ancien lofteur n’a pas retenu ses larmes : « C’est un moment douloureux, évidemment. J’ai beaucoup de chagrin. J’ai une peine qui est incommensurable. Elle est partie trop vite. » Des mots simples, prononcés avec une émotion brute qui tranchait avec l’ambiance que certains observateurs ont jugée plus ambiguë à l’intérieur de l’édifice.
Steevy Boulay a aussi tenté de résumer en quelques phrases le parcours tumultueux de celle qui fut la première gagnante de la télé-réalité française : « Elle a eu une vie faite de hauts extraordinaires et de bas déchirants. Je crois que c’est comme ça qu’on peut résumer la vie de Loana. Toujours est-il que désormais elle vit dans nos cœurs. » Mais pendant que certains pleuraient sincèrement, d’autres semblaient surtout occupés à se montrer.
Jean-Édouard, le seul à avoir dit non
Laurent Ruquier, lui, ne s’est pas déplacé à Nice. Pas pour les obsèques de Loana, en tout cas — ce n’était pas son cercle. Mais le lendemain, samedi 11 avril, sur le plateau de son émission T18, il a tenu à revenir sur un fait qui l’avait marqué. Non pas la cérémonie elle-même, mais la décision d’un ancien lofteur de ne pas s’y rendre.
Jean-Édouard, figure du premier Loft Story aux côtés de Loana, avait publié une vidéo sur TikTok avant même la cérémonie pour expliquer son absence. Ruquier l’a salué sans détour : « Ce soir nous ne recevrons pas Jean-Édouard du Loft, que j’ai trouvé impeccable dans sa façon d’exprimer pourquoi il n’était pas allé aux obsèques de Loana. » Selon l’animateur, Jean-Édouard aurait pu se contenter d’une excuse banale — « Il aurait pu tout simplement dire, pardon pour la phrase : ‘Je ne pouvais pas, j’ai piscine.’ » — mais il a fait tout le contraire.

Dans sa vidéo, Jean-Édouard avait été d’une franchise rare dans le milieu. Ses mots, cités par Ruquier sur le plateau : « Parce que ce n’est pas ma place. Loana, je l’ai vue trois fois en 25 ans. Donc je ne me sens pas légitime. Je pense qu’elle a suffisamment d’amis qu’on voit sur tous les plateaux télé parler… Tellement d’amis qui sont bienveillants apparemment, que je les laisse y aller à ma place. » Derrière l’ironie, une accusation à peine voilée : certains se servaient de la mort de Loana pour exister médiatiquement.
Le mot que Ruquier n’a pas mâché
Pour Laurent Ruquier, cette prise de parole de Jean-Édouard était bien plus qu’une simple explication d’absence. C’était un acte de courage dans un paysage audiovisuel où la norme, lors du décès d’une personnalité, consiste à s’afficher en première ligne, mouchoir à la main, devant les caméras. L’animateur a qualifié cette démarche de « assez rare » avant de lâcher la formule qui résume tout : « Ça fait du bien de temps en temps d’entendre quelqu’un qui donne un coup de pied dans l’hypocrisie médiatique à laquelle on assiste souvent dans ces cas-là. »
Le mot est posé : hypocrisie. Ruquier ne cite personne en particulier, mais le sous-texte est limpide. Combien de personnalités présentes à la cathédrale Sainte-Réparate avaient réellement été proches de Loana ces dernières années ? Combien l’avaient soutenue pendant ses périodes les plus sombres — les addictions, les hospitalisations, l’isolement ? La question, que Jean-Édouard avait posée de manière détournée, Ruquier la reprenait frontalement sur son plateau. Et cette charge avait d’autant plus de poids que l’animateur venait lui-même de vivre un deuil sincère.
À lire aussi
Le deuil bien réel d’Isabelle Mergault
Car si Laurent Ruquier parle d’hypocrisie avec autant de virulence, c’est aussi parce qu’il sait ce que signifie perdre une véritable amie. La disparition d’Isabelle Mergault, le 20 mars dernier, l’a profondément touché. L’actrice, réalisatrice et ancienne chroniqueuse de son émission était bien plus qu’une collègue pour lui : une amie de trente ans, avec tout ce que cela implique de complicité, de disputes et de retrouvailles.
Sur Instagram, le présentateur des Grosses Têtes avait publié un long texte d’hommage, d’une sincérité désarmante : « Nous avons tellement ri ensemble qu’entre mes pleurs, j’entends encore nos rires, j’entends encore ta voix inimitable. Nous avons tellement partagé de choses ensemble, aussi bien devant les caméras et les micros qu’en dehors, simplement entre amis. » Des mots qui sonnaient juste, précisément parce qu’ils étaient ancrés dans des souvenirs concrets, pas dans un rôle de composition face caméra.
Ruquier avait aussi retracé l’histoire mouvementée de leur relation : « Nous nous sommes aimés, fâchés, re-aimés, re-fâchés et rere-aimés. Nous avions compris l’un et l’autre que ce qui nous reliait allait bien au-delà des rires, du maquillage et des applaudissements. Tu es la femme à la fois la plus drôle et la plus fragile que j’ai jamais rencontrée. » Une amitié vraie, ponctuée de brouilles et de réconciliations, à des années-lumière des amitiés de circonstance qui s’affichent dans les allées des funérailles.
Quand Steevy Boulay encaisse le double choc
Dans cette séquence de deuils rapprochés, Steevy Boulay occupe une place singulière. L’acteur et chroniqueur a perdu en cinq jours deux femmes qui comptaient dans sa vie : Isabelle Mergault, puis Loana. Deux disparitions aux trajectoires diamétralement opposées — l’une emportée par un cancer après une carrière riche, l’autre retrouvée morte à 48 ans dans un appartement de Nice — mais qui l’ont frappé avec la même violence.
C’est lui qui a porté l’organisation des obsèques, lui qui s’est tenu debout devant les caméras pour dire adieu à sa camarade de Loft. Dans le monde des dernières volontés de Loana, Steevy faisait partie du cercle restreint de ceux qui connaissaient vraiment l’ancienne lofteuse. Et c’est peut-être ce contraste entre sa douleur authentique et le défilé de visages plus ou moins opportunistes qui a rendu la sortie de Laurent Ruquier si percutante.
Un PAF en plein examen de conscience
La séquence ouverte par Ruquier et Jean-Édouard dépasse le cas Loana. Elle interroge un rituel bien rodé du paysage audiovisuel français : celui des hommages post-mortem. À chaque disparition d’une personnalité publique, les mêmes mécanismes se mettent en place. Les plateaux télé se remplissent de « proches » et d’« amis de longue date » dont personne n’avait entendu parler du vivant de la personne. Les réseaux sociaux croulent sous les photos d’archives et les « repose en paix » standardisés. La sincérité se noie dans la surenchère émotionnelle.
Jean-Édouard, en refusant de jouer ce jeu, a brisé un tabou. « Je l’ai vue trois fois en 25 ans » : cette phrase résume à elle seule l’absurdité de la situation. On peut avoir partagé une aventure télévisuelle marquante avec quelqu’un sans pour autant être légitime à pleurer devant sa tombe un quart de siècle plus tard. Et le fait que Laurent Ruquier, figure installée du PAF, valide publiquement cette démarche lui donne un écho particulier.
Reste une question en suspens : cette prise de conscience collective durera-t-elle au-delà du prochain décès médiatique ? L’histoire du petit écran français suggère que non. Mais au moins, le temps d’un samedi soir sur T18, quelqu’un a eu le courage de nommer ce que tout le monde voyait sans oser le dire. Et pour Loana, dont les circonstances de la mort restent encore à éclaircir, c’est peut-être le plus bel hommage qu’on pouvait lui rendre : un peu de vérité dans un océan de faux-semblants.