Patrick Bruel répond à la plainte pour viol de Flavie Flament : « Je n’ai ni drogué ni agressé »
L’affaire Patrick Bruel vient de franchir un cap. Flavie Flament, ancienne animatrice de TF1, a déposé plainte avec constitution de partie civile pour viol contre le chanteur. Les faits présumés remontent à 1991, quand elle n’avait que 16 ans. Le chanteur, qui bénéficie de la présomption d’innocence, a répondu — et sa version diverge radicalement de celle de l’animatrice.

Flavie Flament sort du silence après des semaines de témoignage anonyme
Pendant plusieurs semaines, Flavie Flament avait témoigné sous le pseudonyme « Eva » dans une vaste enquête publiée par Mediapart. Ce vendredi 15 mai, elle a décidé de révéler son identité et d’engager des poursuites judiciaires directes. Une décision mûrie, selon ses avocates, Maîtres Corinne Herrmann et Sonia Kanoun, qui demandent l’ouverture d’une information judiciaire.
L’animatrice raconte avoir rencontré Patrick Bruel au début des années 1990, en pleine « bruelmania », après avoir été repérée sur M6 par Laurent Boyer. Elle affirme s’être rendue au domicile du chanteur en 1991 avant de subir un black-out après avoir bu un thé. Elle décrit s’être réveillée pendant que l’artiste « reboutonnait son pantalon » sur son lit. Aujourd’hui, elle dit vouloir parler « pour la jeune fille » qu’elle était, mais aussi « pour les autres femmes qui sont sorties du silence ».
Patrick Bruel conteste les faits et évoque une « relation épisodique »
Questionné par Mediapart, le chanteur a livré sa version par l’intermédiaire de ses avocats. Patrick Bruel affirme se souvenir « d’avoir rencontré Flavie Flament dans les années 1990, et d’une relation épisodique ». Il assure être « parfaitement certain de n’avoir ni drogué ni agressé » celle qui était alors adolescente. Une formulation nette, sans ambiguïté.
L’artiste va plus loin. Il évoque des « échanges toujours amicaux depuis » leurs rencontres professionnelles au fil des années. Il affirme même avoir été « invité à plusieurs émissions qu’elle présentait ». Sur ce point, Flavie Flament a immédiatement répliqué dans l’enquête. « À l’époque, je n’avais pas la main, c’était la production qui décidait des invités », a-t-elle précisé. Et d’ajouter : « Le jour où j’ai eu l’autorité sur mes émissions, j’ai toujours refusé de le recevoir. » Un échange tendu jusque dans les détails, où chaque mot compte.

Près de 30 femmes mises en cause : l’affaire Bruel ne fait que commencer
Au-delà du monde du spectacle, cette plainte s’inscrit dans un contexte bien plus large. Mediapart rappelle que près de trente femmes ont désormais mis en cause Patrick Bruel dans différentes enquêtes publiées ces dernières semaines. Plusieurs procédures judiciaires seraient actuellement en cours à Paris, Saint-Malo et Bruxelles.
Avec la constitution de partie civile de Flavie Flament, l’objectif est clair : forcer l’ouverture d’une instruction. Ce mécanisme juridique permet la désignation d’un juge d’instruction, qui dispose de pouvoirs d’enquête bien plus étendus qu’un simple parquet. Le tournant est majeur. D’un côté, un chanteur qui nie tout. De l’autre, une femme qui dit avoir attendu plus de trente ans pour porter sa vérité devant la justice. Les mois qui viennent s’annoncent décisifs.
Une chose est certaine : cette affaire dépasse désormais le cadre d’un témoignage isolé. Trente voix, plusieurs tribunaux, et une justice qui devra trancher. La question n’est plus de savoir si l’affaire Bruel fera du bruit — c’est déjà le cas. Reste à savoir ce que les audiences révéleront. Et vous, pensez-vous que la parole libérée dans les médias suffise, ou faut-il toujours passer par la case judiciaire pour faire bouger les lignes ?