Philippe Lucas sur Laure Manaudou : « C’est le mec qui la ba*se qui a raison » — des propos qui font déjà polémique

Dans un nouvel épisode du Jet de Luxe sur M6+, Philippe Lucas revient sur sa relation professionnelle avec Laure Manaudou. L’ancien entraîneur, fidèle à sa réputation de franc-tireur, lâche des propos d’une crudité rare sur la vie amoureuse de la championne olympique — et sur l’impossibilité pour un coach de rivaliser avec un homme dans la vie d’une athlète. Des déclarations qui risquent de faire beaucoup de bruit.
Un duo légendaire forgé à Melun

Pour comprendre le poids de ces déclarations, il faut remonter au début des années 2000. Philippe Lucas repère Laure Manaudou alors qu’elle n’a qu’environ 13 ans. Il convainc ses parents de la laisser quitter le cocon familial pour s’entraîner avec lui à Melun. À ce moment-là, personne ne mesure ce que ce duo va produire.

Lucas n’est pas un coach ordinaire. Il impose une discipline de fer, des entraînements intensifs et un caractère explosif que la nageuse elle-même a résumé en une formule : « C’était le mec qui te hurle dessus. » Mais hors du bassin, il devenait protecteur, presque paternel. Ce cocktail détonnant a fonctionné de manière spectaculaire.
En 2004, à seulement 17 ans, Laure Manaudou devient championne olympique à Athènes. S’ensuivent des titres européens et mondiaux en cascade. Le binôme Lucas-Manaudou devient l’un des tandems les plus médiatisés du sport français. Mais derrière les médailles, une faille grandissait — et Lucas vient d’en parler avec une franchise qui dépasse tout ce qu’il avait dit jusqu’ici.
« Quand elle a un mec dans la peau, c’est impossible »
Invité par Jordan de Luxe sur M6+, Philippe Lucas, 61 ans, n’a visiblement pas prévu de mettre de gants. L’ancien entraîneur aborde les difficultés qu’il a rencontrées avec sa championne, et ses mots sont d’une brutalité qui tranche même pour quelqu’un habitué à parler sans filtre.
« C’était compliqué avec elle, car quand elle est amoureuse, tu peux faire ce que tu veux, tu n’y arrives pas… Tu peux tout gérer sauf ça, c’est impossible ! » lance-t-il face caméra. Puis il enfonce le clou avec cette phrase qui concentre toute la polémique : « C’est le mec qui la baise qui a raison… L’entraîneur ne fait pas le poids. »

Lucas poursuit en décrivant une athlète entière dans ses sentiments : « Quand elle avait un copain, elle donnait tout, elle est très investie. » Le propos n’est pas anodin. Il revient à dire publiquement que la vie sentimentale de Manaudou dictait ses performances sportives — et que lui, malgré des années de travail acharné, ne pouvait rien y faire. Une lecture qui réduit la sportive à ses relations amoureuses et qui, sans surprise, devrait provoquer des réactions vives.
Car au-delà du vocabulaire cru, c’est le sous-texte qui pose question. Lucas présente la vie intime de son ancienne athlète comme un obstacle à sa carrière, tout en se positionnant comme un coach impuissant face à cette dimension. Un récit où l’athlète multi-titrée devient presque un personnage passif, ballotté entre son entraîneur et ses compagnons. Le rapport complexe entre les deux n’a jamais été un secret, mais ces propos franchissent un nouveau cap.
2007 : la rupture qui a tout changé
Les mots de Lucas sur M6+ prennent tout leur sens quand on les replace dans le contexte de leur séparation professionnelle. En 2007, Laure Manaudou prend une décision qui bouleverse le sport français : elle quitte son entraîneur pour partir s’entraîner en Italie, notamment pour rejoindre le nageur italien Luca Marin, son compagnon de l’époque.
Pour Lucas, ce départ est un choc. La fatigue psychologique de la nageuse, son envie d’indépendance et les désaccords sur les méthodes d’entraînement avaient déjà créé des tensions depuis plusieurs mois. Mais c’est bien le choix de suivre un homme qui cristallise la blessure de l’entraîneur — et qui, visiblement, ne s’est jamais refermée.
Après cette rupture professionnelle, les relations entre les deux ont été gelées pendant longtemps. Lucas a raconté que Laure Manaudou ne lui avait plus adressé la parole pendant un an et demi. Un silence assourdissant après des années de complicité fusionnelle où il était à la fois coach, mentor et figure paternelle.
Ce qui frappe, c’est que près de vingt ans plus tard, Lucas continue de revenir sur cet épisode avec la même amertume à peine voilée. Comme si le départ de Manaudou restait la grande blessure de sa carrière d’entraîneur.
Un Lucas toujours aussi cash sur la natation française
Ces propos sur Manaudou ne sont pas un accident isolé. Philippe Lucas a fait de la provocation verbale une marque de fabrique. Ces derniers mois, il s’est illustré par des sorties remarquées sur Léon Marchand, le nouveau prodige de la natation française, alternant compliments et piques. D’autres anciens nageurs ont également pris la parole sur le champion, mais rarement avec le degré de crudité que Lucas affiche.
Le problème, c’est que le registre « parler cash » a ses limites. Quand il s’agit de commenter la technique d’un nageur ou les coulisses de la fédération, le franc-parler fait sourire. Quand il s’agit de décrire la vie intime d’une ancienne athlète en des termes aussi explicites, le curseur se déplace nettement. Laure Manaudou a, depuis, reconstruit sa vie loin des bassins. Elle n’a pour l’instant pas réagi à ces propos.
Quant à Florent Manaudou, le frère de Laure, lui aussi ancien élève de Lucas et régulièrement au cœur de l’actualité sportive, il n’a pas non plus commenté les déclarations de l’entraîneur. La famille Manaudou, habituée aux polémiques médiatiques, semble avoir choisi le silence — pour l’instant.
La question que personne ne pose
Au-delà de la polémique prévisible, ces propos soulèvent une question de fond rarement abordée dans le sport de haut niveau. Peut-on encore, en 2025, expliquer publiquement les choix de carrière d’une athlète par sa vie amoureuse ? Lucas le fait avec une décontraction qui en dit long sur une certaine culture du sport français, où la frontière entre vie privée et performance a longtemps été inexistante.
Laure Manaudou avait 13 ans quand elle a quitté sa famille pour suivre Lucas. Elle en avait 20 quand elle a décidé de reprendre le contrôle de sa vie en partant en Italie. Ce que Lucas décrit comme un échec de coaching, d’autres y verront une émancipation — celle d’une jeune femme qui a refusé qu’un seul homme, fût-il le meilleur entraîneur du monde, décide de toute sa trajectoire.
Les propos de Philippe Lucas, diffusés sur M6+, devraient alimenter le débat pendant plusieurs jours. Le genre de sortie que le sport féminin français connaît régulièrement — et qui, à chaque fois, repose la même question : à qui appartient l’histoire d’une championne ?