Véronique Jannot, maman à 68 ans : cette adoption qui « bouleverse tout »
Elle avait 22 ans quand un cancer lui a volé la possibilité de devenir mère. Quarante-six ans plus tard, Véronique Jannot est maman pour la deuxième fois. L’actrice, devenue mère à 57 ans en adoptant sa fille Migmar, vient d’accueillir un fils prénommé Nyima. Dans un entretien pour Gala publié le 12 mai 2026, elle raconte comment ces deux enfants d’origine tibétaine ont tout changé dans sa vie. Une histoire de résilience, de bouddhisme et d’amour inconditionnel.

Un cancer à 22 ans, une stérilité subie et un chemin vers l’adoption
L’histoire commence par un drame silencieux. Diagnostiquée d’un cancer de l’utérus au début des années 1980, Véronique Jannot a dû affronter une chimiothérapie lourde qui l’a rendue définitivement stérile. À une époque où la maternité semblait être la seule voie « normale », l’ancienne compagne de Laurent Voulzy a appris à construire autrement.
Convertie au bouddhisme, elle fonde l’association Graines d’Avenir pour soutenir les enfants tibétains en exil. C’est lors d’un voyage en Inde qu’elle rencontre Migmar, une adolescente réfugiée. En 2013, à 57 ans, elle l’adopte officiellement. Un tournant radical. « Quand vous héritez d’une adolescente en pleine révolte, ça bouleverse tout », confie-t-elle. La comédienne, qui avait traversé la décennie la plus éprouvante de sa vie bien avant les autres, a trouvé dans cette maternité tardive un second souffle inattendu.
Nyima, le fils adopté en 2025 : « Je l’ai pris sous mon aile »
L’arrivée de Nyima dans la famille Jannot n’est pas un coup de tête. La comédienne de 68 ans l’avait rencontré en même temps que Migmar lors de son séjour en Inde, il y a plus d’une décennie. Quand le jeune homme a rejoint la France en tant que réfugié pour retrouver sa cousine Migmar, Véronique a naturellement ouvert sa porte.
« Je l’ai aidé à trouver un travail et une maison », raconte-t-elle à Gala. Accueilli à Deauville par des proches « comme un membre de la famille », Nyima s’est progressivement intégré. La comédienne décrit deux personnalités bien distinctes : Migmar, profondément ancrée dans la spiritualité bouddhiste, et Nyima, plus occidentalisé tout en restant connecté à ses racines tibétaines.
« C’est génial. C’est de la complicité, de l’accompagnement et de la tendresse échangée », résume celle qui a récemment retrouvé l’amour après des années de solitude choisie. Mais devenir parent si tard implique une lucidité parfois brutale sur le temps qu’il reste.

Mère à 57 puis 68 ans : « On n’a plus peur de grand-chose »
Passé 60 ans, la question du temps prend une dimension particulière quand on élève des enfants. Véronique Jannot ne l’esquive pas. « C’est compliqué d’être parent à 57 ans car vous avez plus de vie derrière que devant », admet-elle sans détour. Migmar a eu « trois vies en une » : née au Tibet, réfugiée en Inde après avoir perdu toute sa famille, puis transplantée dans la culture française.
Cette franchise face à la mortalité, la comédienne la transforme en force. « Quand on a pris ce risque, on n’a plus peur de grand-chose », assure-t-elle. Son parcours — du cancer à la stérilité, du bouddhisme à l’adoption — dessine une maternité qui n’a rien de conventionnel. Pas de grossesse, pas de couches, pas de nuits blanches de nourrisson. Mais une adolescente en colère, puis un jeune homme déraciné, et tout l’amour du monde entre les trois.
Deux adoptions, 46 ans après un diagnostic qui aurait pu tout éteindre. Véronique Jannot prouve qu’on ne devient pas mère à un âge donné, mais au moment où l’on choisit de l’être.
À l’heure où la parentalité tardive divise encore, son histoire pose une question simple : et si le meilleur moment pour fonder une famille, c’était celui où l’on est enfin prêt à tout donner ?