À Marseille, les électeurs se mobilisent pour demander au maire sortant de s’allier avec Sébastien Delogu (vidéo)
Le refus de Benoît Payan de faire alliance avec le candidat LFI Sébastien Delogu a donné lieu à des manifestations devant la mairie de Marseille.
Les municipales font rage à Marseille. Il faut dire que la seconde ville de France enregistre des suffrages pour le moins inquiétants pour une partie de la population, qui voit le candidat RN, Franck Allisio, arriver en très bonne place au second tour avec 35,02 % des voix.
Marseille : les municipales prennent une tournure inattendue
S’il se qualifie tout juste avec 11,94 % des suffrages, Sébastien Delogu (LFI) garde espoir. Le soir des résultats, il appelle même le maire sortant, Benoît Payan (36,70 %), à faire alliance avec la France insoumise. Une proposition de trêve et surtout d’union face à une extrême droite en nette progression.
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Seulement, le candidat socialiste de tête ne l’entend pas de cette oreille et dépose sa liste dès le lendemain du premier tour. Un acte qui pousse Sébastien Delogu à se retirer, ce 17 mars, pour laisser la place au maire sortant. Décision qu’il ne prend évidemment pas de gaité de cœur.

D’ailleurs, il assimile le maintien obstiné de son adversaire à un « refus de Benoît Payan de construire un front antifasciste » et à une « faute politique majeure et inédite ». « Ce choix démontre que la lutte contre l’extrême droite a été reléguée derrière des considérations de pouvoir, au mépris des engagements de renouveau démocratique », déplore-t-il.
« Face à l’irresponsabilité d’un homme… »
Et l’élu LFI d’ajouter : « Face à l’irresponsabilité d’un homme, nous serons responsables pour un million. Nous retirons notre liste afin de ne pas cautionner une stratégie qui fait courir un risque grave à notre ville. L’intérêt général doit toujours primer sur les ambitions personnelles. »
Quelques heures avant l’annonce retentissante de Sébastien Delogu, des centaines de Marseillais se rassemblent devant la mairie. Décidés à faire entendre raison à leur maire, ils l’appellent à faire alliance avec un homme qu’il ne porte certes pas dans son cœur, mais qui pourrait l’aider à faire la différence. Une mobilisation applaudie par l’eurodéputée Manon Aubry (LFI).
« Ce qui se passe à Marseille est magnifique. Face à Benoît Payan, irresponsable, qui refuse le front commun pour battre l’extrême droite, les Marseillais manifestent devant l’hôtel de ville. Il a jusqu’à demain 18 h pour refuser la stratégie du pire », écrit-elle sur X.
Si la mairie centrale n’est plus qu’un lointain souvenir, LFI ne renonce pas aux arrondissements pour autant. Ainsi, à travers la voix du désormais ex-candidat, le parti de gauche appelle les électeurs à « soutenir les candidats qui portent un projet de transformation sociale et écologique ». Si deux grosses têtes s’imposent, le second tour se jouera entre trois candidats à Marseille. En effet, la candidate LR Martine Vassal devançait Sébastien Delogu de quelques points avec ses 12,41 % de voix.