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Élisabeth Borne : doit-on l’appeler « Premier » ou « Première » ministre ?

Publié par Lou Tabarin le 17 Mai 2022 à 10:53
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Le verdit est tombé : Élisabeth Borne a officiellement été nommée à Matignon. Peu habitués à avoir une femme à ce poste si important, on se demande tous s’il faut dire « Premier » ou « Première ministre » .  Qu’en pensent les linguistes ?

Elisabeth Borne

Élisabeth Borne a fait son choix

Alors que Jean Castex va retourner dans ses Pyrénées natales, Élisabeth Borne fait ses premiers pas à Matignon. Trente ans après Édith Cresson, nommée Première ministre en 1991 par François Mitterrand, elle devient la seconde femme à exercer cette fonction.

Si sa prédécesseur préférait l’appellation Premier ministre, qu’elle jugeait « seul à même de marquer, à ses yeux, le degré d’élévation de cette charge » , Élisabeth Borne n’est pas de cet avis. Pour elle, ce sera Première ministre. Emmanuel Macron a d’ailleurs utilisé cette appellation pour officialiser son choix sur son compte Twitter.

 

Ministre est un mot épicène, donc l’adjectif qui le précède peut être féminin ou masculin. L’Académie Française confirme ce fait et estime qu’il est tout à fait correct de dire Première ministre : « au sommet de l’État, et pour ce qui regarde plus particulièrement les charges confiées aux membres du gouvernement, la féminisation s’opère usuellement sans contrainte » .

Interrogée par France Live, la linguiste Julie Neveu se réjouit de ces bizarreries françaises et indique : « Il faut se détendre avec la langue. Dans l’usage de la langue, il n’y a pas de règle absolue. La règle essentielle est de se faire comprendre par la plus grande partie des locuteurs » .

Pour certains, ça ne passe pas

Invité sur RTL le mardi 17 mai, Éric Zemmour a refusé de qualifier Élisabeth Borne de Première ministre car cette tournure lui semble « moche à l’oreille » . Il fait partie des nombreux conservateurs attachés à la règle du masculin qui l’emporte sur le féminin.

Pourtant, la langue évolue et suit les tendances. Peu à peu, on assiste à un phénomène de féminisation des noms de métiers, auquel vient s’ajouter le poste de Première ministre. Pour Julie Neveu, « c’est perturbant parce qu’entre la norme et l’usage, certains ne savent pas très bien où se situer » . Elle ajoute que « d’ici 5 à 10 ans, plus personne n’hésitera à marquer le féminin. ‘La Première ministre’ deviendra l’emploi prépondérant » .