Elle a perdu son référendum et pourtant Giorgia Meloni refuse de partir : ce qui se passe vraiment en Italie
Un revers que personne n’avait vraiment prévu

Dimanche 22 et lundi 23 mars, les Italiens étaient appelés aux urnes pour se prononcer sur l’une des réformes les plus ambitieuses de Giorgia Meloni.
Le résultat est sans appel : près de 54 % des électeurs ont dit non, contre 46 % pour le oui, selon The Guardian.
« Giorgia Meloni se trouvait face à un défi politique capital. Les Italiens lui ont infligé un revers cuisant », tacle Le Monde.
De quoi parlait vraiment cette réforme ?

Le projet visait à séparer les carrières des juges et des procureurs, deux professions jusqu’ici très liées en Italie.
Il prévoyait aussi de modifier la Constitution et de créer une toute nouvelle « Haute Cour disciplinaire » composée de 15 membres, chargée de superviser les magistrats.
Giorgia Meloni avait fait de ce texte l’un des piliers de son programme depuis son arrivée au pouvoir en 2022, selon L’Express.
La surprise du taux de participation
Beaucoup d’analystes anticipaient une forte abstention, synonyme d’indifférence.
C’est tout le contraire qui s’est produit : le taux de participation a atteint 58,5 %, un niveau record pour ce type de scrutin en Italie.
Plus frappant encore : la génération Z, âgée de 18 à 28 ans, a voté à 67 %, avec 58,5 % en faveur du « non », rapporte le Corriere della Sera.
Les jeunes Italiens ont donc joué un rôle décisif dans ce revers.
Ce qui a vraiment fait pencher la balance

La campagne a été marquée par un ton particulièrement dur, selon le Corriere della Sera, ce qui a mobilisé des électeurs de centre-droit initialement peu engagés.
Le contexte international a également pesé lourd.
Le choix initial de Meloni de s’aligner sur l’administration Trump a été perçu comme un handicap dans un contexte géopolitique tendu, analyse Le Monde.
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À quelques jours du vote, un autre coup dur : des révélations sur les connexions mafieuses du sous-secrétaire d’État à la justice, Andrea Delmastro Delle Vedove, avec la mafia calabraise.
Ces informations ont clairement pesé sur l’image du camp du « oui ».
Un référendum transformé en vote pour ou contre Meloni
« La campagne pour ou contre cette réforme a viré en un référendum pour ou contre Giorgia Meloni », résume le Huffington Post.
« Son statut d’invincibilité s’est brisé dans les urnes », estime L’Express.
Le parallèle avec Matteo Renzi est sur toutes les lèvres : il y a dix ans exactement, ce président du Conseil de centre-gauche avait démissionné après avoir perdu un référendum sur une réforme du Parlement, rappelle Le Figaro.
Pourtant, elle ne démissionne pas

Giorgia Meloni avait prévenu avant le vote : elle ne quitterait pas le gouvernement, quelle que soit l’issue du scrutin.
Elle a tenu parole.
« Les Italiens ont tranché. Et nous respectons cette décision. Mais cela ne change rien à notre engagement de continuer, avec sérieux et détermination », a-t-elle déclaré dans une vidéo publiée sur X après les résultats, citée par RFI.
Une posture ferme, mais fragilisée aux yeux de l’opposition.
L’opposition y voit une occasion historique
La gauche italienne n’a pas tardé à saisir le momentum.
Ces résultats donnent à l’opposition « l’occasion de pousser la dirigeante italienne vers la sortie », selon L’Express.
Le vote « non » constitue un signal fort que les Italiens peuvent, quand ils le veulent, se mobiliser contre une réforme portée par leur cheffe de gouvernement.
2027 : les législatives en ligne de mire

Pour Le Figaro, « le résultat du référendum annonce ce qui pourrait se passer lors des législatives de 2027 ».
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C’est là que Giorgia Meloni « jouera son avenir », selon le Huffington Post.
Pour anticiper ce risque, Meloni chercherait à accélérer une réforme de la loi électorale visant à accorder une prime de majorité importante au parti dépassant 40 % des voix aux législatives.
Un mouvement tactique pour verrouiller son maintien au pouvoir avant même que la campagne ne démarre.
Ce que ce vote dit de l’Italie en 2026
Au-delà de Meloni, ce référendum révèle une Italie plus politiquement engagée que prévu, notamment chez les jeunes.
Il montre aussi que la question de l’indépendance de la justice reste un sujet de société profondément sensible dans le pays.
Enfin, il illustre comment des affaires de corruption périphériques — comme les liens supposés avec la mafia calabraise — peuvent faire basculer un scrutin serré.
La cheffe du gouvernement reste en poste, mais son aura d’invincibilité a pris un coup dont elle mettra du temps à se remettre.
À lire aussi : Emmanuel Macron avait déjà recadré Giorgia Meloni après ses propos sur le décès de Quentin — une tension franco-italienne qui illustre les relations difficiles entre les deux dirigeants.
Sur le plan économique, les négociations de Stellantis avec des géants chinois continuent d’inquiéter en Europe, dans un contexte où l’Italie traverse une période de turbulences politiques et industrielles.
Et si vous suivez la politique italienne de près, rappellez-vous que l’Italie avait récemment fait parler d’elle sur un tout autre sujet : le pays avait décidé de stopper la hausse de l’âge de départ à la retraite.