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« Trump est une poule mouillée » : le surnom inventé par un journaliste qui rend furieux le président américain

Publié par Elsa Fanjul le 19 Avr 2026 à 14:44
Donald Trump prenant la parole devant un microphone, visage en gros plan

Un simple acronyme de cinq lettres suffit désormais à faire sortir Donald Trump de ses gonds. Inventé par un éditorialiste du prestigieux Financial Times, ce surnom résume à lui seul la stratégie du président américain : menacer, fixer des dates… puis reculer. Et visiblement, le principal intéressé ne supporte pas qu’on le lui rappelle.

Des ultimatums en série, jamais respectés

Droits de douane sur la Chine, guerre en Ukraine, intervention israélienne à Gaza, menaces contre l’Iran… Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump multiplie les annonces fracassantes devant les caméras. À chaque fois, le schéma se répète : le président fixe une échéance précise, la presse relaie, les marchés tremblent.

Puis, quand la date fatidique arrive, le locataire de la Maison-Blanche repousse son propre ultimatum. Une semaine de plus, un mois de plus, parfois sans explication. Ce mode opératoire, répété des dizaines de fois, a fini par attirer l’attention d’un éditorialiste bien connu outre-Atlantique. Et ce dernier a trouvé la formule parfaite pour le résumer.

Un acronyme signé Robert Armstrong

C’est Robert Armstrong, éditorialiste au Financial Times, qui a conceptualisé le surnom. Quatre lettres : TACO. Derrière cet acronyme se cache l’expression «Trump Always Chickens Out», que l’on peut traduire par «Trump se dégonfle toujours» ou, plus crûment, «Trump est une poule mouillée», comme l’a rapporté Le Point le 15 avril dernier.

Le choix du mot «taco» n’est pas anodin. En plus de former un acronyme percutant, il évoque un plat mexicain — un clin d’œil à peine voilé à la relation tumultueuse de Trump avec le Mexique et ses promesses de mur frontalier, elles aussi régulièrement repoussées. L’expression a rapidement été reprise sur les réseaux sociaux américains, devenant virale en quelques jours.

«Un joueur de poker qui passe son temps à bluffer»

Selon Robert Armstrong et de nombreux analystes politiques américains, le président américain ne serait pas le redoutable négociateur qu’il prétend être. D’après une enquête publiée par Marianne, plusieurs observateurs le comparent plutôt à «un joueur de poker qui passerait son temps à bluffer… et à se coucher».

Donald Trump en costume sombre devant un micro, expression sérieuse, Maison Blanche en arrière-plan

Le constat est partagé par des diplomates de plusieurs pays. Derrière les conférences de presse spectaculaires et les messages incendiaires sur Truth Social, les décisions concrètes se font rares. Les partenaires commerciaux des États-Unis l’auraient d’ailleurs bien compris : certains ne prennent même plus la peine de réagir aux menaces, attendant simplement que l’échéance soit repoussée.

Ce décalage entre la communication agressive et l’action réelle pose une question de crédibilité sur la scène internationale. Mais c’est un tout autre aspect du surnom qui semble préoccuper Donald Trump.

Une fureur présidentielle difficile à contenir

D’après les informations de Marianne, le mari de Melania Trump serait particulièrement furieux d’avoir écopé de ce petit nom. Le président, qui cultive soigneusement son image d’homme fort et de deal-maker impitoyable, supporte difficilement qu’on le présente comme quelqu’un qui recule face à l’adversité.

Cette sensibilité au ridicule n’est pas nouvelle. Trump a toujours réagi violemment aux attaques visant son image personnelle, bien plus qu’aux critiques politiques classiques. Le surnom «TACO» touche précisément là où ça fait mal : il remet en question la compétence même sur laquelle il a bâti toute sa carrière politique, celle du négociateur qui ne plie jamais.

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Reste à savoir si cette colère va se traduire par des actes concrets — ou si, fidèle à sa réputation toute neuve, le président va simplement… passer à autre chose. D’autant que les fronts se multiplient pour lui ces dernières semaines.

Un président sous pression de toutes parts

Le surnom «TACO» arrive dans un contexte déjà tendu pour Donald Trump. La tension est notamment montée d’un cran avec le pape Léon XIV. Après un appel du souverain pontife à la paix, mentionnant «les responsabilités impératives qui incombent aux dirigeants des nations», le président a vivement répliqué.

Table de poker avec cartes retournées et jetons éparpillés, illustrant la métaphore du bluff attribuée à Donald Trump

«Je ne suis pas un grand fan du pape Léon. C’est quelqu’un de très progressiste et c’est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité», a-t-il lancé, avant de durcir encore le ton sur Truth Social. Il y a qualifié le pape de «faible face à la criminalité» et de personnalité «catastrophique en matière de politique étrangère».

La réaction internationale ne s’est pas fait attendre. Giorgia Meloni, la présidente du conseil italien, a défendu le souverain pontife dans un communiqué cinglant. «Le pape est le chef de l’Église catholique, et il est juste et normal qu’il invoque la paix et qu’il condamne toute forme de guerre», a rappelé la cheffe du gouvernement italien.

Quand le bluff devient une marque de fabrique

Au-delà de l’anecdote, le surnom «TACO» pose une question politique sérieuse. Si les alliés comme les adversaires des États-Unis finissent par intégrer que les menaces présidentielles sont rarement suivies d’effet, l’arme de la dissuasion diplomatique s’émousse considérablement.

Certains analystes estiment que Trump a déjà perdu une partie de sa crédibilité sur le dossier iranien. Après avoir brandi la menace de frappes à plusieurs reprises sans jamais passer à l’acte, ses ultimatums sont désormais accueillis avec un scepticisme croissant par les chancelleries du monde entier.

Le même schéma se retrouve sur les droits de douane. Annoncés avec fracas, relevés spectaculairement, puis reportés, réduits ou annulés dans la discrétion. Pour les marchés financiers, l’acronyme TACO est presque devenu un indicateur de lecture : quand Trump menace, on attend la marche arrière. Et elle finit presque toujours par arriver.

Ce qui devait être une simple moquerie de chroniqueur pourrait bien se transformer en véritable boulet politique. Car si le bluff fonctionne une fois ou deux, il devient une faiblesse dès qu’il est identifié. Robert Armstrong, depuis sa colonne du Financial Times, a peut-être résumé en quatre lettres ce que des centaines d’éditorialistes tentaient d’expliquer en mille mots. Et pour Donald Trump, soucieux de marquer l’histoire, être associé à un taco plutôt qu’à un deal victorieux a tout de l’affront personnel.

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