« Nous oublions souvent de muscler certaines zones » : l’exercice de Pilates incontournable selon cette coach
On pense souvent au ventre plat, aux fessiers ou aux bras quand on s’entraîne. Pourtant, un exercice de Pilates remis en avant par la coach Laura Wilson attire l’attention sur une autre zone, plus discrète, mais essentielle pour la posture, l’équilibre et le confort du dos. Derrière ce geste simple, il y a surtout une idée forte : nous sollicitons beaucoup l’avant du corps, et pas assez ses côtés.

Dans beaucoup de routines fitness, les muscles les plus “visibles” prennent toute la place. Les abdominaux de face, les quadriceps ou les fessiers concentrent les efforts, parce qu’ils brûlent vite et donnent une sensation immédiate de travail. Les muscles latéraux, eux, restent souvent en retrait, alors qu’ils participent en permanence à la stabilité du bassin et au maintien du tronc.
Laura Wilson, fondatrice de Natural Pilates, a résumé ce déséquilibre dans un entretien accordé au New York Post. Selon elle, les pratiquants ont tendance à oublier “les muscles situés sur le côté du corps”, car ils sont habitués à sentir l’effort surtout sur l’avant. Cette remarque peut sembler banale, mais elle éclaire un point important : on peut faire du sport régulièrement tout en laissant de côté une partie utile de sa chaîne posturale.

Pourquoi ces muscles latéraux comptent davantage qu’on ne le croit
Quand on parle des côtés du corps, on ne vise pas un seul muscle. Il s’agit d’un ensemble qui comprend notamment le moyen fessier, les abducteurs de hanche, les obliques et plusieurs muscles stabilisateurs du tronc. Leur rôle ne se limite pas à l’esthétique. Ils aident à tenir le bassin droit, à mieux contrôler les mouvements latéraux et à limiter certaines compensations quand on marche, monte des escaliers ou reste longtemps debout.
Le moyen fessier est particulièrement intéressant. La littérature scientifique lui attribue une fonction clé dans la stabilité latérale de la hanche et du bassin. En clair, quand cette zone manque de force ou de contrôle, le corps peut chercher des solutions ailleurs, avec davantage de tensions sur le bas du dos, le genou ou la posture générale.
Du côté de la sangle abdominale, les muscles obliques et les autres muscles profonds du tronc participent eux aussi à la stabilité lombaire. Des travaux publiés dans la littérature biomécanique rappellent que l’activation abdominale contribue à renforcer la stabilité de la colonne, surtout lors des tâches de maintien et de contrôle. Ce n’est donc pas un hasard si tant de méthodes de rééducation ou de renforcement insistent sur la qualité du gainage plutôt que sur la seule intensité.
Le Pilates s’inscrit justement dans cette logique. Plusieurs revues systématiques suggèrent qu’il peut aider certaines personnes souffrant de lombalgies chroniques à réduire la douleur, à améliorer leur fonction et à mieux activer les muscles du tronc, même si les résultats varient selon les profils et les protocoles. Cela ne veut pas dire que chaque mouvement convient à tout le monde, mais cela explique pourquoi des exercices doux et contrôlés sont souvent mieux tolérés que des variations plus agressives.

Ce que Laura Wilson observe dans les séances
L’intérêt du témoignage de Laura Wilson, c’est qu’il rejoint ce que beaucoup de coachs constatent sur le terrain. Les élèves savent souvent quand ils travaillent les abdos “classiques” ou les cuisses de face. En revanche, ils identifient moins bien le travail latéral, car il est plus fin, plus stabilisateur et parfois moins spectaculaire. Cela ne le rend pas moins utile. Au contraire, c’est souvent ce travail discret qui améliore la sensation d’alignement au quotidien.
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La coach insiste aussi sur un point très concret : certains exercices réalisés sur le côté permettent de renforcer le tronc sans provoquer la même gêne lombaire que d’autres mouvements plus exigeants. Le New York Post rapporte qu’elle recommande particulièrement une série latérale avec bande de résistance, justement parce qu’elle sollicite à la fois l’extérieur des cuisses, les abdominaux et les muscles du dos nécessaires à la stabilité du torse.
Cette approche a un autre avantage : elle oblige à ralentir. Or, en Pilates, la lenteur n’est pas un détail. Elle permet de garder le bassin empilé, d’éviter que le dos se cambre et de sentir si le mouvement vient vraiment de la hanche plutôt que d’un balancement du corps. C’est souvent là que l’exercice fait la différence entre simple “geste répété” et véritable renforcement utile.

Un mouvement simple, mais pas si facile à bien faire
Vu de loin, l’exercice peut sembler presque trop facile. On s’allonge, on place une bande, on ouvre la jambe, puis on recommence. Mais ce genre de mouvement perd vite son intérêt si l’on tourne le bassin en arrière, si l’on compense avec le dos ou si l’on cherche l’amplitude maximale au lieu du bon contrôle. Plusieurs démonstrations pédagogiques en ligne sur le clamshell avec bande rappellent d’ailleurs que l’objectif n’est pas d’aller le plus haut possible, mais de garder les hanches stables et la colonne neutre.
C’est ce qui explique son efficacité en apparence surprenante. Le mouvement reste modeste, mais il cible des muscles qui interviennent dans la stabilité plus que dans la démonstration de force. Beaucoup de pratiquants sentent d’ailleurs un travail inhabituel sur le côté de la hanche après quelques répétitions seulement. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est souvent le signe que la zone était peu sollicitée jusque-là.
Intégré régulièrement, ce travail peut compléter des séances plus classiques. Il ne remplace pas toute une routine, ni un suivi médical en cas de douleur persistante. En revanche, il peut enrichir un entraînement trop centré sur l’avant du corps et améliorer la qualité des appuis, de la marche et du maintien général. Les experts de Harvard soulignent d’ailleurs l’importance de varier les sollicitations musculaires avec l’âge.

Comment l’intégrer sans en faire trop
Pour un débutant, quelques minutes suffisent. L’idée n’est pas de transformer cet exercice de Pilates en séance d’épuisement, mais d’en faire un rendez-vous régulier. Deux à trois séries de huit à douze répétitions par côté constituent déjà une base cohérente, à condition de garder une exécution propre et lente. Les sources pédagogiques qui détaillent ce type de mouvement recommandent souvent de commencer sans chercher la difficulté maximale.
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La résistance peut venir d’une mini-bande placée au-dessus des genoux, ce qui correspond à la version la plus fréquente pour le clamshell. Certaines variantes permettent de renforcer les jambes au niveau des chevilles ou avec des poids légers, mais cela doit rester progressif. Le vrai critère, ici, n’est pas la charge. C’est la stabilité. Si le bassin roule en arrière ou si le cou se crispe, il vaut mieux diminuer l’intensité.
Pour les personnes sujettes aux douleurs lombaires, la prudence reste essentielle. Les études sur le Pilates pour le mal de dos montrent un intérêt possible, mais elles ne transforment pas chaque exercice en solution universelle. En cas de douleur installée, d’irradiation ou de gêne qui s’aggrave, le bon réflexe reste de demander l’avis d’un professionnel de santé ou d’un kinésithérapeute.

L’exercice conseillé par la coach est le clamshell latéral avec bande
Le mouvement mis en avant par Laura Wilson est en réalité très précis : il s’agit du clamshell latéral, réalisé allongé sur le côté, genoux fléchis, avec une bande de résistance. Le New York Post le présente comme l’un des exercices les plus efficaces de la “side lying series”, tandis que d’autres démonstrations pédagogiques décrivent le même principe : pieds presque collés, bassin stable, ouverture contrôlée du genou supérieur contre la tension de la bande.
Concrètement, on s’allonge sur le côté, la colonne bien neutre, les hanches empilées et les genoux pliés à environ 90 degrés. La bande se place généralement au-dessus des genoux. Ensuite, on ouvre lentement le genou du dessus sans décoller les pieds, puis on referme sans relâcher totalement la tension. C’est discret, mais cela réveille précisément ces zones latérales que beaucoup négligent.
Et c’est sans doute là le vrai intérêt de cet exercice. Il ne promet pas une transformation miracle en une semaine. En revanche, il remet au travail des muscles peu “médiatiques”, mais essentiels au maintien. Pour beaucoup, la surprise n’est donc pas tant le geste lui-même que ce qu’il révèle : oui, quelques centimètres de mouvement bien exécutés peuvent parfois apporter plus à la posture qu’une longue série d’exercices mal ciblés.
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