Une étude révèle un lien inquiétant entre une souche contagieuse d’hantavirus et le sperme, ce qui peut augmenter le risque d’IST

Le hantavirus fait déjà trembler le monde après l’épidémie mortelle à bord du navire MV Hondius. Trois passagers sont décédés de la souche Andes, et la peur d’une nouvelle crise sanitaire grandit. Mais une découverte récente change complètement la donne : des chercheurs suisses ont trouvé ce virus là où personne ne l’attendait. Et ce qu’ils révèlent sur sa durée de survie pourrait bouleverser les recommandations sanitaires mondiales.
Un patient guéri depuis 6 ans, mais pas son sperme
Tout part du laboratoire de Spiez, en Suisse. Les chercheurs y ont étudié le cas d’un homme de 55 ans infecté par la souche Andes du hantavirus six ans plus tôt. Sur le papier, il était guéri. Pas la moindre trace du virus dans son sang, ses voies respiratoires ou ses urines. Le genre de bilan qui rassure.
Sauf que l’équipe a poussé l’investigation plus loin. Et là, surprise : le virus était toujours présent dans son sperme. Six ans après l’infection. Six ans à vivre normalement, à se croire tiré d’affaire. Cette persistance record soulève une question que personne n’avait posée avec autant d’urgence. Comment un virus respiratoire peut-il squatter aussi longtemps dans l’appareil reproducteur ? La réponse est à la fois fascinante et un brin flippante, et elle concerne bien plus que le hantavirus détecté sur le MV Hondius.
Les testicules, « refuge » biologique pour 27 maladies
L’étude, publiée dans la revue Viruses, livre une explication limpide. Les testicules fonctionnent comme un sanctuaire immunitaire. Le corps a besoin de régénérer en permanence ses spermatozoïdes pour assurer la reproduction. Résultat : le système immunitaire n’attaque pas cette zone. Les virus le savent — enfin, biologiquement parlant — et certains en profitent.
Pas moins de 27 maladies peuvent ainsi se planquer dans ce « refuge », dont Ebola et Zika. Les chercheurs sont formels : « Nos résultats montrent que le virus Andes a le potentiel d’une transmission sexuelle. » Aucun cas de contamination par voie sexuelle n’a encore été documenté pour le hantavirus, nuancent-ils. Mais le précédent d’Ebola en 2021 refroidit. En Guinée, un survivant de l’épidémie de 2014-2016 avait réintroduit le virus dans la population via des rapports non protégés, causant 12 décès. Le parallèle est difficile à ignorer quand on parle de prévention.

71 mois de risque : ce que les experts recommandent dès maintenant
L’inquiétude autour du hantavirus prend une dimension inédite avec ce chiffre : 71 mois. C’est la durée pendant laquelle le virus pourrait rester transmissible via le sperme d’un homme infecté. Près de six ans à adapter son comportement sexuel.
La firme de prévision épidémiologique Airfinity recommande déjà aux survivants de la souche Andes de suivre les mêmes protocoles que pour Ebola. L’OMS, de son côté, préconise aux survivants d’Ebola un test du sperme tous les 3 mois, avec interdiction de rapports non protégés tant que deux résultats négatifs consécutifs ne sont pas obtenus. En attendant : abstinence ou préservatif systématique, et nettoyage rigoureux après tout contact avec du sperme. Des consignes strictes que les autorités sanitaires pourraient bientôt étendre officiellement au hantavirus Andes.
Un virus respiratoire qui se transmet potentiellement par voie sexuelle pendant six ans : voilà le genre de découverte qui redessine les protocoles de santé mondiale. Les symptômes du hantavirus apparaissent entre une et huit semaines après l’infection. Mais la vraie question est peut-être ailleurs : combien d’anciens malades, aujourd’hui considérés comme guéris, ignorent qu’ils portent encore le virus ?