Hantavirus sur le MV Hondius : un Américain rapatrié testé positif
Le cauchemar sanitaire du MV Hondius est loin d’être terminé. Alors que les opérations d’évacuation du navire de croisière touchaient à leur fin aux Canaries ce lundi 12 mai, les autorités américaines ont confirmé qu’un passager rapatrié avait été testé positif à l’hantavirus. Un autre présente des symptômes légers. De ce côté-ci de l’Atlantique, la France surveille de près une vingtaine de cas contacts sur son territoire.
Depuis le début de cette crise, le bilan ne cesse de s’alourdir. Et chaque jour qui passe apporte son lot de mauvaises nouvelles.

Le bilan s’alourdit après les évacuations
C’est le ministère américain de la Santé qui a lâché l’information ce lundi 11 mai. Parmi les passagers américains évacués du MV Hondius via les îles Canaries, l’un d’entre eux a été formellement testé positif à l’hantavirus. Un second présente ce que les autorités qualifient de « légers symptômes ».
Jusqu’alors, l’Organisation mondiale de la santé avait recensé six cas confirmés à bord, dont trois décès. Ce nouveau cas américain porte donc le nombre de personnes infectées à au moins sept. Sans compter les cas suspects encore en cours d’analyse.
Les passagers américains sont actuellement acheminés vers un centre spécialisé à Omaha, dans le Nebraska, au centre des États-Unis. Ce centre, habitué à gérer des pathogènes à haut risque, avait déjà été mobilisé lors de l’épidémie d’Ebola en 2014. Le choix de cette destination en dit long sur le niveau de précaution adopté par Washington.
Mais les Américains ne sont pas les seuls concernés. La France, elle aussi, est en alerte.
Un Français fiévreux dans l’avion du retour

Parmi les cinq Français présents à bord du MV Hondius, l’un d’entre eux a présenté une légère fièvre lors du vol retour vers la France, le dimanche 10 mai. Une information qui a immédiatement déclenché un protocole de surveillance renforcé.
Les cinq ressortissants français avaient été rapatriés par vol sanitaire depuis Tenerife, avec 45 jours d’isolement prévus à leur arrivée. Le fait que des symptômes soient apparus en plein vol soulève des questions sur l’exposition potentielle d’autres passagers de l’avion.
Selon les informations de BFMTV, une vingtaine de personnes ont déjà été identifiées comme cas contacts sur le territoire français. Elles font l’objet d’un suivi médical, même si, à ce stade, aucune d’entre elles n’a développé de symptômes.
Pour comprendre pourquoi cette situation inquiète autant les autorités sanitaires, il faut revenir sur ce qui rend la souche détectée à bord si particulière.
Une souche au taux de mortalité redoutable
Ce n’est pas n’importe quel hantavirus qui circule sur le MV Hondius. L’OMS suspecte qu’il s’agit de la souche Andes, connue pour son taux de mortalité pouvant atteindre 40 %. Trois des six premiers cas confirmés sont décédés — un ratio qui colle malheureusement avec ces chiffres.
Ce qui rend cette souche encore plus préoccupante, c’est sa capacité à se transmettre entre humains. La plupart des hantavirus ne se propagent que via le contact avec des rongeurs ou leurs déjections. La souche Andes, elle, est l’une des rares à permettre une transmission interhumaine, ce qui explique la propagation à bord d’un bateau de croisière.
D’ailleurs, les rongeurs et leurs déjections restent le vecteur initial de contamination. Comment le virus s’est-il retrouvé sur un navire en plein Atlantique ? C’est l’une des questions auxquelles les enquêteurs tentent encore de répondre.
Les Canaries : fin d’escale, pas fin de crise
Les opérations d’évacuation du MV Hondius ont débuté dimanche aux îles Canaries, où le navire avait fait escale d’urgence. Près d’une centaine de passagers et membres d’équipage ont débarqué lors de la première journée. Le reste devait suivre ce lundi 11 mai.

Une fois les évacuations terminées, le bateau doit prendre la direction des Pays-Bas, son port d’attache. On ignore encore si une inspection sanitaire complète sera menée à bord avant tout nouveau voyage, ou si le navire sera mis en quarantaine à son arrivée.
Les témoignages des passagers bloqués à bord ces derniers jours étaient glaçants de détresse. L’un d’entre eux avait lancé un message désespéré qui avait largement circulé sur les réseaux : « On veut juste rentrer chez nous. »
Un passager suspecté d’être infecté avait même été évacué en combinaison Hazmat, une image qui avait fait le tour du monde et rappelé les heures sombres des crises sanitaires récentes.
Et maintenant ? Ce que la France surveille de près
Avec une vingtaine de cas contacts identifiés et un passager symptomatique sur le sol français, les autorités sanitaires sont sur le qui-vive. Le protocole est clair : isolement strict, surveillance des symptômes pendant plusieurs semaines, tests réguliers.
L’hantavirus fait d’ailleurs partie des maladies qui préoccupent les experts pour les années à venir. L’OMS, déjà mobilisée ces derniers mois sur le mpox en Europe, doit désormais gérer un nouveau front.
Le chef de l’OMS s’est d’ailleurs rendu personnellement aux Canaries pour superviser la gestion de crise. Un déplacement inhabituel qui traduit le niveau d’inquiétude au sein de l’organisation.
Ce qui frappe dans cette affaire, c’est la vitesse à laquelle la situation a dégénéré. En quelques jours, on est passé de deux décès suspects sur un bateau de croisière à une crise sanitaire internationale impliquant au moins quatre pays. Les navires de croisière, déjà régulièrement frappés par des épidémies de norovirus, montrent une fois de plus qu’ils peuvent devenir de véritables incubateurs à virus.
La question que tout le monde se pose désormais : y aura-t-il d’autres cas positifs parmi les passagers dispersés à travers l’Europe et les États-Unis ? Les prochains jours seront décisifs.