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Une photo troublante montre un patient suspecté d’être atteint du hantavirus évacué du navire de croisière MV Hondius — alors qu’un ancien passager a été testé positif en Suisse

Publié par Cassandre le 07 Mai 2026 à 9:36
Hantavirus sur le MV Hondius : un passager évacué en combinaison hazmat, un ancien voyageur testé positif en Suisse

Une photo glaçante a émergé mercredi du port de Praia, au Cap-Vert. On y voit un patient allongé sur un brancard, intégralement couvert d’une combinaison de protection, escorté vers un jet médical. Derrière cette image, la crise sanitaire du navire de croisière MV Hondius prend une tournure encore plus inquiétante : un ancien passager vient d’être testé positif à l’hantavirus dans un hôpital de Zurich. Le virus a déjà fait trois morts. Et près de 150 personnes restent bloquées à bord.

Trois évacuations en urgence depuis le Cap-Vert

Mercredi, trois patients suspectés d’être infectés par l’hantavirus ont été évacués du MV Hondius, toujours ancré au large du Cap-Vert. L’Organisation mondiale de la santé a confirmé leur transfert vers les Pays-Bas pour une prise en charge médicale adaptée. Deux d’entre eux sont dans un état grave.

Évacuation d'un patient en combinaison hazmat au port de Praia

Les trois personnes évacuées sont un ressortissant britannique de 56 ans, un Néerlandais de 41 ans et un Allemand de 65 ans. Parmi eux se trouve le médecin de bord du navire, dont l’état était initialement qualifié de « sérieux » par le ministère espagnol de la Santé, mais qui s’est depuis légèrement amélioré. Au port de Praia, la capitale du Cap-Vert, des policiers en combinaisons blanches attendaient sur le quai pendant qu’une petite embarcation rouge faisait la navette entre le navire et la terre ferme.

Ce n’est pas la première évacuation liée à cette épidémie à bord. Un ressortissant britannique avait déjà été transféré plus tôt vers l’Afrique du Sud, où il se trouve actuellement en soins intensifs. Mais cette fois, les images montrent l’ampleur des précautions sanitaires déployées — et elles sont particulièrement frappantes.

Un ancien passager positif à Zurich : la piste d’une contagion hors du navire

Pendant que l’attention se concentrait sur le navire, une autre nouvelle est tombée depuis la Suisse. Un ancien passager du MV Hondius a été testé positif à l’hantavirus à l’hôpital universitaire de Zurich. Cette personne avait déjà quitté le navire avant que la crise ne soit officiellement déclarée.

Hôpital universitaire de Zurich où un passager est positif

C’est un email de l’opérateur du navire, Oceanwide Expeditions, qui l’a alertée. La compagnie a contacté tous les voyageurs récents pour les informer de la propagation du virus et les inciter à consulter en cas de symptômes. Ce passager a donc décidé de se rendre à l’hôpital de sa propre initiative — et le test s’est révélé positif.

Cette découverte relance une question centrale : combien d’anciens passagers, dispersés dans plusieurs pays, pourraient être porteurs du virus sans le savoir ? L’OMS a indiqué que le suivi des personnes ayant déjà débarqué avait été « initié en collaboration avec les opérateurs du navire et les autorités sanitaires nationales ». Mais entre le moment où ces passagers ont quitté le bord et celui où l’alerte a été donnée, plusieurs jours se sont écoulés. C’est précisément ce délai qui préoccupe les épidémiologistes.

Trois morts, une souche qui inquiète l’OMS

Le bilan actuel est lourd pour un navire de croisière de luxe : trois décès confirmés. Un couple néerlandais et un ressortissant allemand ont perdu la vie. L’OMS, qui surveille la situation de près, suspecte une souche particulièrement dangereuse du virus.

L’hantavirus se transmet habituellement par inhalation de particules contaminées par des déjections de rongeurs. L’OMS insiste sur le fait que la transmission entre humains reste « rare ». Mais la souche détectée à bord pourrait avoir un comportement différent, ce qui explique les mesures de confinement exceptionnelles appliquées au navire et à ses occupants.

Le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a pris la parole pour rassurer — tout en confirmant la gravité de la situation : « L’OMS continue de travailler avec les opérateurs du navire pour surveiller étroitement la santé des passagers et de l’équipage, en collaboration avec les pays concernés pour assurer un suivi médical approprié et des évacuations si nécessaire. »

150 personnes toujours coincées à bord

Malgré les évacuations, environ 150 personnes — passagers et membres d’équipage — restent bloquées sur le MV Hondius. Les autorités ont assuré qu’aucune d’entre elles ne présentait de symptômes pour le moment. Mais l’attente à bord d’un navire transformé en zone de quarantaine flottante pèse lourdement sur le moral. Des messages désespérés de passagers ont déjà filtré ces derniers jours.

Le navire MV Hondius ancré au large dans l'Atlantique

Le navire doit maintenant mettre le cap vers Tenerife, dans les îles Canaries. C’est là que les occupants pourront enfin débarquer. La ministre espagnole de la Santé, Monica Garcia, a précisé le protocole : les citoyens non espagnols seront immédiatement rapatriés dans leurs pays respectifs, sans obligation de quarantaine en Espagne. Les 14 Espagnols à bord, eux, seront transférés par avion vers un hôpital de Madrid pour y être placés en quarantaine.

Un traitement à deux vitesses qui s’explique par la logistique plus que par la politique. L’Espagne préfère garder le contrôle sanitaire sur ses propres ressortissants, tandis que les autres pays devront assurer eux-mêmes le suivi de leurs citoyens à leur arrivée.

Un virus encore mal compris, une épidémie sans précédent en mer

Ce qui rend cette crise si déstabilisante, c’est son caractère inédit. Les épidémies sur des navires de croisière ne sont pas rares — le norovirus frappe régulièrement des paquebots. Mais l’hantavirus, lui, n’avait jamais provoqué une telle situation en milieu maritime. Le taux de mortalité de certaines souches peut atteindre 40 %, un chiffre qui met en perspective la gravité de ce qui se joue au large de l’Afrique de l’Ouest.

D’autant que la question de la transmission interhumaine reste un point de friction entre les experts. L’OMS la qualifie de « rare », mais l’apparition de cas multiples dans un espace confiné comme un navire de croisière interroge. Sur un bateau, l’air circule dans des systèmes de ventilation communs, les espaces partagés sont nombreux, et l’isolement strict est difficile à maintenir. Autant de facteurs qui pourraient faciliter une propagation même « théoriquement rare ».

Le cas de Zurich ajoute une dimension supplémentaire. Si des anciens passagers dispersés en Europe sont porteurs, le suivi médical devra être coordonné entre plusieurs systèmes de santé nationaux. Un défi sanitaire international qui rappelle, à une échelle certes plus modeste, les débuts chaotiques d’autres crises épidémiques récentes.

Pour l’heure, les passagers du MV Hondius attendent. Ils attendent d’arriver à Tenerife, de poser le pied sur la terre ferme, de retrouver leurs proches. Certains n’oublieront jamais cette croisière qui devait être le voyage d’une vie — et qui est devenue un cauchemar sanitaire en plein Atlantique.

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1 commentaire

  • H
    Hadrumetum
    07/05/2026 à 18:38
    Pour vivre heureux vivons cachés....

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