Ingénieur de la NASA calciné dans sa Tesla : sa mort relance l’enquête sur 11 scientifiques disparus
Il avait 29 ans, travaillait sur des technologies de propulsion nucléaire pour la NASA, et son corps a été si gravement brûlé qu’il a fallu trois jours pour l’identifier. La mort de Joshua LeBlanc, survenue en juillet 2025 à Huntsville en Alabama, refait surface dans un contexte glaçant : onze scientifiques américains liés à des programmes spatiaux ou de défense sont morts ou ont disparu ces dernières années. Des parlementaires exigent désormais des réponses du Pentagone et du FBI.
Un départ inexpliqué en pleine nuit
Le 22 juillet 2025, la famille de Joshua LeBlanc signale sa disparition à 4h32 du matin. L’ingénieur, spécialisé en technologies aérospatiales au sein de la NASA depuis octobre 2019, a quitté son domicile sans prévenir personne. Détail troublant : son téléphone et son portefeuille sont restés dans son appartement. Ses proches affirment qu’un tel comportement ne lui ressemblait absolument pas.

Ce n’est qu’à 14h45 que les autorités retrouvent son véhicule, une Tesla Model 3 de 2021. La voiture a percuté une glissière de sécurité puis plusieurs arbres avant de s’embraser. Le corps de LeBlanc, carbonisé au point d’être méconnaissable, est transféré au département médico-légal de l’Alabama. L’identification prend trois jours entiers.
Grâce au système Sentry Mode de la Tesla — une fonction de surveillance qui enregistre l’activité autour du véhicule — les enquêteurs parviennent à retracer une partie de ses déplacements. Le véhicule est resté stationné près de quatre heures à l’aéroport de Huntsville le matin de sa mort. Personne ne sait pourquoi il s’y trouvait, ni ce qu’il y faisait. Mais ce n’est pas le seul mystère que cette affaire recèle.
Des proches convaincus d’un enlèvement
Dès les premiers jours, la famille de LeBlanc exprime publiquement ses doutes. Ses proches déclarent au site d’information louisianais KLFY qu’ils soupçonnent un enlèvement depuis son domicile. Le téléphone et le portefeuille laissés sur place renforcent cette hypothèse. Un voyage non planifié, aucun message, aucune explication : le scénario ne colle pas avec l’homme qu’ils connaissaient.
Brittany Fox, une amie proche de l’ingénieur, confie au Daily Mail que ni elle ni la famille n’ont été contactées par les autorités depuis l’accident. Aucune enquête officielle ne leur a été communiquée. Le 24 juillet 2025, Fox publie un message sur Facebook : « Nous pensons qu’il a pu être enlevé de son appartement et nous comptons continuer à chercher. Tesla a été contacté à plusieurs reprises pour diffuser les données du Sentry Mode, mais le processus est lent. Cette histoire a trop de zones d’ombre. »

Ses anciens collègues, eux, dressent le portrait d’un homme passionné et généreux. L’un d’eux raconte que LeBlanc lui avait spontanément proposé de le conduire lors d’une conférence hors État, alors qu’ils venaient à peine de se rencontrer. Un ancien colocataire écrit que « sa passion pour l’espace était inspirante » et que « son entrain passait des chansons d’Outkast aux chants de marins ». Derrière ces témoignages chaleureux, une question persiste : pourquoi personne n’enquête officiellement ?
Huntsville, épicentre d’une série noire
La mort de Joshua LeBlanc n’est pas un cas isolé. Huntsville, en Alabama, est un pôle majeur de la recherche aérospatiale américaine — c’est là que se trouve le Marshall Space Flight Center de la NASA. Et c’est dans cette même ville qu’Amy Eskridge, 34 ans, chercheuse travaillant sur des technologies d’antigravité, a été retrouvée morte le 11 juin 2022. Cause officielle : une blessure par balle auto-infligée à la tête. L’affaire d’Amy Eskridge a déjà fait l’objet d’un examen approfondi par la presse, et les zones d’ombre restent nombreuses.
Au Jet Propulsion Laboratory en Californie, deux chercheurs affiliés à la NASA sont également décédés. Michael David Hicks, 59 ans, avait contribué à la mission DART — un projet visant à tester la déviation d’astéroïdes potentiellement dangereux — avant sa mort en 2023. Frank Maiwald, 61 ans, chercheur principal sur des technologies de détection de vie extraterrestre, est mort en 2024. Des projets liés aux missions spatiales les plus sensibles de l’agence.
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La liste ne s’arrête pas aux collaborateurs de la NASA. Et c’est précisément là que l’affaire prend une dimension encore plus inquiétante.
Des morts violentes en série chez les scientifiques américains
En décembre 2025, le physicien Nuno Loureiro, 47 ans, est abattu par balle à son domicile de Brookline, dans la banlieue de Boston. Les autorités identifient le tireur présumé comme Claudio Neves Valente, un ancien camarade de classe portugais. Deux mois plus tard, en février 2026, l’astrophysicien Carl Grillmair, 67 ans, est à son tour tué par balle devant chez lui en Californie, agressé sur son porche vers 6 heures du matin.

Le chercheur pharmaceutique Jason Thomas, qui travaillait sur des traitements anticancéreux pour le laboratoire Novartis, a quant à lui été retrouvé mort dans un lac du Massachusetts le 17 mars 2026. Plusieurs autres disparus ont attiré l’attention en raison de leurs liens avec le général à la retraite William Neil McCasland, ancien responsable du laboratoire de recherche de l’US Air Force. Parmi eux : Steven Garcia, 48 ans, Anthony Chavez, 78 ans, Melissa Casias, 53 ans — tous chercheurs en nucléaire — et Monica Reza, 60 ans, scientifique de la NASA.
Au total, ce sont onze scientifiques liés à des programmes de défense, de recherche nucléaire ou de recherche spatiale qui sont morts ou ont disparu dans des circonstances troubles. Un chiffre qui a fini par alerter le Congrès américain.
Le Congrès exige des comptes
Le 21 avril 2026, des parlementaires américains adressent des courriers officiels au Pentagone, au FBI, à la NASA et au département de l’Énergie. Ils réclament une enquête globale sur ces disparitions et ces décès, invoquant des préoccupations de sécurité nationale. Leur argument : ces scientifiques avaient accès à des projets parmi les plus sensibles du pays, de la propulsion nucléaire spatiale à la détection de vie extraterrestre, en passant par la recherche militaire avancée.
Plusieurs observateurs soulignent que le profil des victimes — chercheurs de haut niveau, souvent spécialisés dans des domaines classifiés — justifie à lui seul un examen approfondi. Les familles, elles, attendent toujours. Dans le cas de Joshua LeBlanc, aucune autorité n’a pris contact avec ses proches depuis près d’un an. Son amie Brittany Fox résume l’exaspération partagée par beaucoup : « Cette histoire a trop de zones d’ombre et tellement de caméras potentielles pour capturer ce qui s’est passé. »
Reste à savoir si l’enquête fédérale réclamée par le Congrès aboutira à des réponses. Pour l’instant, entre les Tesla carbonisées, les balles perdues et les lacs silencieux, les familles de ces onze scientifiques n’ont qu’une certitude : personne ne leur a encore dit la vérité.