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Charge maternelle : Entre tabou et pression sociale, un compte Instagram dénonce les abus

Publié par Constance le 27 Mai 2019 à 18:00
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Après la fête des mères, les mamans restent à l’honneur. Nos mamans, on les aime, on les admire et on les idéalise. Mais que se passe-t-il de l’autre côté de la barrière ? Qu’en pensent ces femmes qui ont choisi (ou non) la maternité ? Le compte Instagram bordel.de.meres donne la parole à toutes celles qui souffrent de la charge maternelle. Avoir des enfants, être une bonne mère, élever sa progéniture seule… Autant de sujets abordés par Fiona Schmidt, la créatrice de ce projet. Son but ? Casser les tabous et dénoncer les abus d’une société qui place la mère avant la femme.

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La charge maternelle, késako ?

La charge maternelle désigne la pression sociale qui pousse les femmes, parfois dès le plus jeune âge, à avoir des enfants. Pour Fiona Schmidt, la charge maternelle, c’est « la somme des pressions et préjugés au sujet de la maternité que toutes les femmes intègrent dès l’enfance et qui présentent la mère épanouie et bienveillante comme la norme, une part intégrante de l’identité féminine, et le seul but qui vaille pour une femme. » Or, toutes les femmes ne désirent pas devenir mère. Comme le dit Fiona : c’est un désir et pas un non-désir. De plus en plus de femmes choisissent de se faire ligaturer les trompes pour ne pas avoir d’enfants mais se heurtent souvent à des murs. Certains gynécologues refusent d’opérer celles qui n’ont pas encore eu d’enfants ou qui sont toujours fertiles. Pourtant la vasectomie (sa version masculine) est entrée dans la norme ces dernières années. Alors pourquoi une telle différence de traitement entre les hommes et les femmes ?

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La maternité, un tabou ?

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Être une femme et ne pas vouloir d’enfants, « c’est un tabou dans le pire des cas, un problème dans le meilleur. » selon Fiona Schmidt. Dans notre société les femmes sont (encore) vues comme de futures mères. Pourtant, des études montrent que 4,3% des Françaises ne désirent pas devenir maman. Les femmes ressentent plus de pression que les hommes car elles sont plus « limitées » par le temps. Une fois la ménopause arrivée, il est trop tard. À partir de 40 ans, la femme ne disposerait plus que de 3% de ses ovules. Tic tac tic tac fait le bruit de l’horloge biologique.

La capacité des femmes à pourvoir « donner la vie » est sacralisée. Alors quand elles annoncent ne pas vouloir d’enfants, elles sont souvent jugées et stigmatisées. À partir de 30 ans, les remarques se font plus franches : « Tu es égoïste » , « Tu le regretteras » , « Tu changeras d’avis » . Devenir parent est un choix très personnel, un choix qui se décide à deux dans la plupart des cas. Et pourtant, la pression repose le plus souvent sur les épaules de celle qui va (potentiellement) porter le bébé. Sur le compte Bordel de mères, on peut notamment retrouver le témoignage d’une adolescente de 16 ans à qui son entourage recommande de ne pas faire d’études trop longues pour avoir des enfants. Ces « conseils » partent souvent d’une bonne intention mais peuvent vexer, voire déclencher un blocage chez certaines femmes.

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De la nécessité d’être une bonne mère

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La pression ne s’arrête pas après l’accouchement, bien au contraire. Il faut être « une bonne maman » . Pourtant la période post-partum peut être compliquée. Entre les réveils nocturnes, la vie à organiser avec un (minuscule) être humain en plus et un rythme à (re)trouver, la sortie de la grossesse se révèle souvent très compliquée. Heureusement, de nombreuses femmes peuvent compter sur leurs compagnons/gnes, même si le congé paternité n’est fixé qu’à 11 jours en France. Vient alors la période de l’éducation où, encore une fois, tout le monde pense avoir son mot à dire. On reproche aux femmes de ne pas allaiter, de reprendre le travail trop tôt ou encore de ne pas être assez « présentes » pour leur bébé. Mais quand elles font l’inverse, les commentaires pleuvent aussi. Aujourd’hui, notamment grâce à l’IVG, on considère qu’avoir un enfant n’est plus une « conséquence » mais un choix. Les mères doivent donc savoir dans quoi elles s’engagent et en assumer les conséquences.

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Des mamans « pas comme les autres »

Sur le compte Bordel de mères, Fiona Schmidt donne aussi la parole aux mamans « pas comme les autres » . Les mères célibataires, lesbiennes, qui ont fait le choix d’une IVG par le passé ou celles qui ont choisi d’adopter s’expriment en toute liberté sur le sujet. Fiona leur donne un espace pour se faire entendre car « il n’y a pas de « bonne » façon d’être parents, pas plus qu’il n’y a de « vraies » familles, de « vrais » parents ou de « vrais » enfants » . On peut par exemple lire le témoignage d’une femme qui a choisi de porter un enfant conçu grâce aux gènes de sa compagne. Une petite fille qui ne lui ressemblera jamais, dont elle n’est pas la mère biologiquement ou légalement parlant. Ce qui ne l’empêche de se sentir profondément maman.

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Bordel de mères, un projet autour de la charge maternelle

Fiona Schmidt a décidé de lancer ce projet car elle même ne veut pas d’enfants. Journaliste, elle a écrit de nombreux papiers sur le féminisme et publiait une newsletter de façon hebdomadaire. Suite à de nombreux témoignages reçus sur les réseaux sociaux, elle s’est penchée sur le sujet de la charge maternelle, qu’elle avait jusqu’alors délaissé. Elle ouvre le compte Bordel de mères pour donner la parole à celles qui vivent mal cette pression et recueille de nombreux témoignages. Si vous voulez partager votre histoire, vous pouvez contacter Fiona via Bordel de mères mais aussi sur son compte personnel. Avec son hashtag #lacheznouslutérus, elle souhaite faire parler de ce sujet pour casser les tabous. « On ne naît pas mère, on le devient » précisent les nombreux témoignages qu’elle recueille.

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