« Je ne sais pas s’il va rejouer cette saison » : Ekitike sort en larmes sur civière, la Coupe du monde s’éloigne

C’est l’image qui a glacé Anfield mercredi soir. À la 30e minute du quart de finale retour de Ligue des champions entre Liverpool et le Paris Saint-Germain, Hugo Ekitike s’est effondré seul sur la pelouse, sans contact, avant de quitter le terrain sur civière, le visage en larmes. Son entraîneur Arne Slot n’a pas mâché ses mots après la rencontre — et ce qu’il a dit ne laisse guère de place à l’optimisme.
Une course anodine, puis le drame
La scène s’est produite dans le camp parisien. Ekitike lancé dans une accélération sans rien de spectaculaire, une course de transition comme il y en a des dizaines par match. Puis l’attaquant de 22 ans a perdu l’équilibre, seul, sans qu’aucun adversaire ne soit à proximité. Il s’est immédiatement saisi du tendon de la cheville droite.
Les images diffusées sur les réseaux sociaux montrent le Français au sol, visiblement en détresse, incapable de se relever. Le staff médical de Liverpool a rapidement compris la gravité de la situation. Ekitike est resté allongé de longues minutes avant d’être évacué sur civière, les mains sur le visage, en pleurs. Pour ceux qui se souviennent de la blessure récente de Mbappé, le contexte est différent, mais l’inquiétude tout aussi vive.
Mohamed Salah, troisième meilleur buteur de l’histoire des Reds, est entré à sa place. L’Égyptien avait été une nouvelle fois laissé sur le banc au coup d’envoi par Arne Slot — un choix tactique qui prenait soudain une tout autre dimension.
Les mots très inquiétants de Slot en conférence de presse
Après le match, l’entraîneur néerlandais n’a pas cherché à édulcorer la réalité. « Ekitike s’est fait très mal, c’est une blessure assez grave », a-t-il déclaré face aux journalistes. Puis cette phrase qui résonne comme un aveu d’impuissance : « Je ne sais pas s’il va rejouer cette saison. »

Slot avait déjà donné un premier indice à Amazon Prime avant même la conférence de presse : « Ça ne s’annonce pas très bien. Attendons de voir. À la mi-temps, il est rentré chez lui. Je ne l’ai pas encore vu. » Le fait qu’Ekitike ait quitté le stade dès la pause, sans même attendre la fin de la rencontre, en dit long sur la douleur ressentie.
Le technicien n’a pas précisé la nature exacte de la blessure — rupture du tendon d’Achille, entorse grave, autre lésion —, les examens complémentaires devant livrer leur verdict dans les heures ou les jours à venir. Mais le mot « grave », répété à deux reprises, ne laisse que peu de place au doute. Les milliers de téléspectateurs qui suivaient la rencontre ont compris en direct que la soirée venait de basculer.
Un Mondial 2026 qui s’éloigne à grande vitesse
Hugo Ekitike compte 8 sélections et 2 buts avec l’équipe de France. À moins de deux mois du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, le timing de cette blessure est le pire imaginable. L’ancien joueur du PSG était en train de s’imposer comme une option crédible pour le secteur offensif des Bleus.
Si la fin de saison est effectivement compromise, comme le craint Slot, les délais de récupération rendraient sa participation au Mondial quasi impossible. Une blessure grave au tendon nécessite généralement plusieurs mois de rééducation — bien au-delà du calendrier de la compétition. Pour le staff de l’équipe de France, c’est une tuile supplémentaire dans un secteur offensif déjà fragilisé ces derniers mois.
Son coéquipier à Liverpool et en sélection, Ibrahima Konaté, n’a pas caché son émotion. « Je ne sais pas quoi dire à ce sujet, car avec la Coupe du monde qui approche, c’est très, très difficile pour lui, et je lui adresse mes pensées », a confié le défenseur central. Des mots rares, qui trahissent l’ambiance dans le vestiaire des Reds après le coup de sifflet final.

De Paris à Liverpool : une trajectoire brisée en plein élan
Hugo Ekitike avait quitté le Paris Saint-Germain pour rejoindre Liverpool, un transfert qui avait fait couler beaucoup d’encre. L’attaquant français s’était progressivement imposé dans le onze d’Arne Slot, au point de reléguer Mohamed Salah sur le banc pour ce choc européen face à son ancien club parisien.
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Sa saison à Anfield confirmait une montée en puissance impressionnante. Rapide, technique, capable de jouer dans plusieurs positions offensives, Ekitike incarnait le renouveau générationnel de l’attaque des Reds. Le voir s’effondrer ainsi, sur une action sans aucun contact, ajoute une dimension cruelle à cette blessure.
Les supporters de Liverpool, comme ceux des Bleus, retiennent leur souffle en attendant les résultats des examens médicaux. Car au-delà du Mondial, c’est toute la fin de saison européenne du club qui pourrait être impactée. La confrontation face au PSG restera marquée par cette image : un joueur de 22 ans en larmes, évacué sur civière, rattrapé par la fragilité d’un corps poussé à ses limites.
Un verdict médical attendu avec angoisse
Pour l’heure, ni Liverpool ni la Fédération française de football n’ont communiqué officiellement sur la nature exacte de la lésion. Les examens — IRM et échographies — sont attendus dans les prochaines heures. Selon plusieurs médias anglais, le club craint une atteinte sérieuse au tendon d’Achille, scénario le plus redouté pour un joueur de vitesse.
Si ce diagnostic se confirme, Ekitike pourrait manquer entre six et huit mois de compétition, enterrant définitivement ses espoirs de Mondial et repoussant son retour à la fin de l’année civile au mieux. L’équipe de France perdrait ainsi l’un de ses attaquants les plus en forme du moment.
Une chose est sûre : la blessure d’Ekitike dépasse le cadre d’un simple fait de match. Elle pose la question, une fois de plus, de la surcharge du calendrier footballistique et de l’usure physique des joueurs engagés sur tous les fronts — championnat, coupes nationales, Ligue des champions. À 22 ans, Hugo Ekitike vient de vivre l’un des moments les plus durs de sa jeune carrière. Reste à savoir si la suite lui permettra de revenir à son meilleur niveau, et à quel prix.