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Medvedev humilié 6-0, 6-0 à Monte-Carlo : sa raquette n’y a pas survécu

Publié par Elsa Lepic le 09 Avr 2026 à 9:45
Daniil Medvedev fracasse sa raquette sur le court en terre battue de Monte-Carlo lors de sa défaite 6-0 6-0 face à Berrettini
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Un double 6-0 encaissé, une raquette réduite en miettes et un public qui scande des « Olé » : Daniil Medvedev a offert l’une des scènes les plus spectaculaires de ce début de saison sur terre battue. Mercredi, au Masters 1000 de Monte-Carlo, le Russe a complètement craqué face à Matteo Berrettini. Retour sur un naufrage aussi sportif qu’émotionnel.

Un double bagel historique signé Berrettini

Pour son entrée en lice au deuxième tour du tournoi monégasque, Daniil Medvedev n’a tout simplement pas existé. Face à lui, Matteo Berrettini — pourtant 90e joueur mondial — a déroulé un tennis impeccable pour s’imposer 6-0, 6-0. Un score qu’on appelle un « double bagel » dans le jargon, et qui constitue l’humiliation suprême sur un court de tennis professionnel.

Tennis : la célébration déroutante de Daniil Medvedev
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Ce genre de résultat est rarissime à ce niveau de compétition, a fortiori dans un Masters 1000, l’une des catégories les plus prestigieuses du circuit. Medvedev, ancien numéro un mondial et finaliste de plusieurs Grands Chelems, n’a pas remporté un seul jeu de la rencontre. Pour un joueur qui s’apprête à fêter ses 30 ans, la pilule est particulièrement difficile à avaler.

Le moment exact où tout a basculé

Si la première manche s’est déjà avérée catastrophique, c’est au début du deuxième set que la frustration a atteint son point de rupture. Mené 6-0, 1-0, Medvedev se fait breaker à nouveau pour se retrouver à 0-2. L’écart est devenu un gouffre, et le Russe a compris que la soirée ne connaîtrait pas de retournement de situation.

C’est précisément à ce moment-là que la colère a pris le dessus sur la compétition. Le langage corporel du joueur s’est transformé. Épaules tombantes, regard noir, mâchoire crispée : tous les signes d’un athlète en train de perdre pied, et pas seulement au tableau d’affichage.

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Une raquette fracassée sous les « Olé » du public

La séquence restera dans les mémoires. Medvedev a d’abord envoyé sa raquette avec une violence rare sur la bâche verte du court Rainier III. Le bruit sec de l’impact a fait sursauter les premiers rangs. Mais le Russe n’en avait pas terminé.

Raquette de tennis brisée et fracassée sur la terre battue orange d'un court de tennis

Il a récupéré l’objet pour le fracasser à deux reprises contre la terre battue monégasque. Puis il l’a projetée en direction de son banc. Et comme si cela ne suffisait pas, il l’a encore cognée une fois de plus. La raquette, en lambeaux, a fini en charpie — littéralement méconnaissable.

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Le public, d’abord stupéfait, s’est mis à scander des « Olé » à chaque nouveau coup porté à l’outil de travail. Le Russe a finalement ramassé les restes avec un calme étrange, presque clinique, pour les déposer à la poubelle. Le contraste entre la fureur de l’instant et la froideur du geste final rendait la scène encore plus surréaliste. Les amateurs de pétages de plombs sur les courts ont été servis.

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Medvedev et la colère : une histoire qui dure

Ce n’est pas la première fois que le Russe laisse exploser ses nerfs en plein match. Sa carrière est jalonnée d’épisodes de frustration intense, parfois dirigés contre lui-même, parfois contre les arbitres ou le public. En 2019, à l’US Open, il avait retourné le Flushing Meadows contre lui en provoquant les spectateurs avant de finalement s’en servir comme carburant jusqu’en finale.

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Mais cette fois, il n’y avait rien à sauver. Pas de comeback, pas de provocation stratégique, juste l’image d’un champion submergé par l’impuissance. À bientôt 30 ans, ce type de dérapage interroge. La frustration liée aux résultats récents — en dents de scie — semble peser de plus en plus lourd sur ses épaules.

Au-delà du cas Medvedev, la question des émotions dans le tennis professionnel reste un sujet brûlant. Marco Trungelliti, joueur argentin, avait d’ailleurs levé le voile sur les dessous peu reluisants du circuit, rappelant que la pression qui pèse sur les joueurs dépasse largement ce que le public imagine.

Berrettini, le bourreau discret

Pendant que Medvedev se décomposait, Matteo Berrettini réalisait le match parfait. L’Italien, autrefois 6e mondial, traverse depuis deux ans un parcours compliqué, plombé par les blessures. Redescendu au 90e rang ATP, il semble retrouver ses sensations sur la terre battue, sa surface de prédilection.

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Infliger un double 6-0 à un joueur du calibre de Medvedev, c’est le genre de performance qui peut relancer une saison entière. Berrettini a frappé fort, long et précis pendant toute la rencontre, ne laissant aucune ouverture à son adversaire. Le contraste entre sa sérénité et la détresse de Medvedev résumait à lui seul l’écart de dynamique entre les deux hommes ce jour-là.

Monte-Carlo, théâtre habituel de scènes mémorables

Le Masters 1000 de Monte-Carlo, installé sur les hauteurs de Roquebrune-Cap-Martin avec vue plongeante sur la Méditerranée, est l’un des tournois les plus prestigieux du calendrier terre battue. Son cadre idyllique ne protège pas des drames sportifs : chaque année, le court Rainier III est le théâtre de retournements de situation, de performances héroïques et, parfois, de craquages monumentaux.

Le tennis, sport individuel par excellence, expose les joueurs comme aucune autre discipline. Pas de coéquipier pour absorber le choc, pas de vestiaire où se cacher. Quand ça tourne mal, c’est devant des milliers de spectateurs et des millions de téléspectateurs. Cette pression a déjà causé des scènes houleuses dans d’autres compétitions, rappelant que l’émotion reste l’ingrédient le plus imprévisible du sport de haut niveau.

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Ce que ce match dit de la suite pour Medvedev

La terre battue n’a jamais été le terrain de chasse favori de Daniil Medvedev. Le Russe excelle sur dur, où sa couverture de terrain et ses frappes à plat font merveille. Sur l’ocre, il perd ses repères, glisse mal et ne parvient pas à dicter les échanges comme il le fait à Melbourne ou New York.

Ce double bagel pose néanmoins des questions plus profondes que la simple inadaptation à la surface. La confiance, denrée la plus fragile du sport professionnel, semble s’être fissurée. À l’approche de Roland-Garros, Medvedev va devoir reconstruire — mentalement autant que techniquement.

On parle parfois de controverses dans le monde du tennis, mais ici, pas de polémique : juste un champion face à ses démons, une raquette sacrifiée en offrande, et un public qui n’oubliera pas de sitôt cette soirée sur le Rocher.

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