Téléréalité : un candidat tente d’étrangler une participante en plein direct, la sécurité intervient

On a vu beaucoup de choses dans la téléréalité. Des clashs, des larmes, des assiettes qui volent. Mais ce qui s’est passé dans l’émission serbe Elita dépasse tout ce qu’on pouvait imaginer. Un candidat a tenté d’étrangler une autre participante. En direct. Sous les yeux des caméras. Et ce n’est que la partie visible d’une relation que plusieurs médias serbes décrivent comme extrêmement violente.
La scène qui a sidéré les téléspectateurs serbes

Les images, largement relayées sur les réseaux sociaux, sont difficiles à regarder. On y voit un homme se jeter sur une candidate allongée dans un lit. Les deux se battent d’abord sous une couette, puis l’homme s’assoit à califourchon sur elle et passe son bras autour de son cou pour l’étrangler.

L’homme s’appelle Asmin Durdic. La femme, Maja Marinkovic. Les deux sont candidats de l’émission de téléréalité serbe Elita, un programme de convivencia — un format où les participants vivent ensemble 24h/24 sous l’œil des caméras. Comme le rapporte le média serbe Republika, la scène a rapidement dégénéré au point que d’autres candidats et deux agents de sécurité se sont précipités pour séparer les deux protagonistes.
Des situations de violence dans les émissions de téléréalité, on en a déjà documenté. Mais rarement avec ce niveau d’intensité, filmé en continu et sans coupure. La vidéo, postée sur X (ex-Twitter), a accumulé des centaines de milliers de vues en quelques heures. Mais ce que la vidéo ne montre pas, c’est tout ce qui s’est passé avant.
Une dent cassée, de l’alcool et des versions contradictoires
Selon des témoignages rapportés par le média argentin Minuto Uno, la violence n’a pas commencé avec la tentative de strangulation. Plus tôt dans la soirée, Maja Marinkovic aurait frappé Asmin Durdic au visage, lui cassant une dent. C’est du moins ce que plusieurs candidats ont affirmé.

Sauf qu’Asmin Durdic a nié cette version des faits. Le lendemain de l’altercation, il a déclaré qu’il était ivre au moment des événements. Quant à sa dent, il a assuré qu’elle était « en train de se fissurer » depuis une blessure remontant à son enfance. Une explication que Srbija danas, un autre média serbe, a relayée sans masquer son scepticisme.
Côté sanction, la production d’Elita ne semble pas avoir pris de mesure drastique. Asmin Durdic a été placé à l’isolement… pendant une seule nuit. Pas d’exclusion, pas d’intervention de la police annoncée publiquement. Pour un geste qui, hors du cadre d’un plateau télé, relèverait d’une agression physique caractérisée. Et la suite de l’histoire est encore plus troublante.
« Jalousie maladive » : un couple toxique sous les caméras
Car Asmin Durdic et Maja Marinkovic ne sont pas de simples colocataires de téléréalité. D’après Republika, les deux entretiennent une relation sentimentale décrite comme « violente et complexe ». Autrement dit : ce n’est pas un incident isolé, c’est un schéma.
Comme le rapporte le quotidien serbe Blic, Maja Marinkovic a elle-même reconnu sa « jalousie maladive ». Elle n’a toutefois pas accepté les excuses présentées par Asmin Durdic après l’incident. Une posture ferme, en apparence. Sauf que les mêmes sources indiquent que les deux candidats se sont retrouvés peu après dans un « climat apaisé ».
Ce type de dynamique — explosion de violence, excuses, réconciliation, puis nouveau cycle — est exactement ce que les spécialistes des violences conjugales appellent le « cycle de la violence ». Et ici, il se joue sous les yeux de millions de téléspectateurs, sans que la production ne semble intervenir de manière significative. On est loin des témoignages de personnalités qui brisent le silence après coup : ici, tout est filmé, tout est visible, et pourtant rien ne change.
La téléréalité peut-elle encore tout montrer ?
La question mérite d’être posée. En France, les émissions de téléréalité ont déjà été secouées par des scandales liés à des affaires d’agression impliquant des candidats. Mais le cas d’Elita pose un problème différent : la violence ne s’est pas produite hors caméra, en marge du tournage. Elle a eu lieu en direct, pendant que l’émission était diffusée.
Quand une production laisse deux personnes en relation toxique cohabiter 24h/24 sous les caméras, quand la seule sanction pour une tentative d’étranglement est une nuit d’isolement, quand les deux protagonistes se retrouvent comme si de rien n’était le lendemain… la responsabilité ne repose plus uniquement sur les candidats. La question de la protection des participants devient centrale.
En Serbie, les réactions sur les réseaux sociaux oscillent entre indignation et résignation. Beaucoup d’internautes pointent du doigt une production qui, selon eux, tolère voire encourage ce type de débordements parce qu’ils font de l’audience. D’autres estiment que les deux candidats sont adultes et responsables de leurs actes.
Ce qui est certain, c’est que la vidéo a fait le tour du monde. Partagée en Amérique latine, en Europe de l’Ouest, commentée dans des dizaines de langues. Pas parce que les gens trouvent ça divertissant. Mais parce que voir quelqu’un se faire étrangler en direct à la télévision, en 2025, reste profondément choquant. Et que ça interroge sur les limites d’un genre télévisuel qui, depuis plus de vingt ans, repousse sans cesse les frontières de l’acceptable.